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Présidentielle en Pologne : le conservateur sortant Duda et son opposant au coude à coude

Le président sortant Andrzej Duda glisse son bulletin de vote dans l’urne à Cracovie.

Le président sortant Andrzej Duda est au coude à coude avec son adversaire, selon des sondages à la sortie des urnes.

Photo : Reuters / AGENCJA GAZETA

Agence France-Presse

Le chef de l'État conservateur populiste polonais Andrzej Duda et le maire libéral pro-européen de Varsovie étaient au coude à coude, dimanche soir, à l'issue du second tour de la présidentielle, selon un sondage à la sortie des urnes.

Soutenu par le parti conservateur et nationaliste Droit et Justice (PiS), le président Andrzej Duda fait face au maire de Varsovie, Rafal Trzaskowski, du principal parti d'opposition centriste Plateforme civique (PO), qui promet notamment de rétablir les liens avec Bruxelles tendus depuis l'arrivée du PiS au pouvoir en 2015.

M. Duda recueillait 50,8 % des voix devant M. Trzaskowski (49,2 %), selon un sondage de l'institut Ipsos, lors d'une élection au taux de participation, très élevé pour la Pologne, de 68,9 %, disputée à couteaux tirés.

Le premier sondage à la sortie des urnes donnait une différence moins importante, 50,4 % et 49,6 % respectivement, entre les deux candidats. Les premiers résultats officiels étaient attendus pour lundi.

Tout peut encore se produire. C'est seulement demain après-midi qu'on saura vraiment qui a gagné : la différence est juste de 0,8 point de pourcentage (dans le premier sondage, ndlr). C'est dans la marge d'erreur, qui est de plus ou moins 2 points de pourcentage, a déclaré à l'AFP Ireneusz Krzeminski, politologue de l'Université de Varsovie.

Pour Stanislaw Mocek, président de l'Université Collegium Civitas à Varsovie, ce sont les votes des Polonais vivant à l'étranger qui peuvent faire la différence. Cela représente quelque 500 000 voix, et plus de 70 % des Polonais votant à l'étranger sont en faveur de Trzaskowski, a déclaré M. Mocek.

Le maire de Varsovie et candidat à la présidence, Rafal Trzaskowski avec son épouse Malgorzata dans un bureau de vote à Rybnik.

Le maire de Varsovie et candidat à la présidence, Rafal Trzaskowski, avec son épouse Malgorzata dans un bureau de vote à Rybnik.

Photo : Reuters / AGENCJA GAZETA

Le vote devait avoir lieu en mai – à l'époque M. Duda était en tête des intentions de vote –, mais il a dû être reporté en raison de la pandémie provoquée par le nouveau coronavirus.

Au premier tour, le 28 juin, M. Duda est arrivé premier avec 43,5 % des voix et M. Trzaskowski deuxième avec 30,4 %.

Mais le soutien à M. Duda a considérablement diminué depuis, y compris en raison des retombées de l'épidémie qui a plongé la Pologne dans sa première récession depuis la chute du régime communiste.

Selon les experts, le résultat dimanche pourrait être si serré que des contestations judiciaires et des protestations risquent de s'ensuivre.

La confrontation de deux visions de la Pologne

L'issue du second tour est décisive pour l'avenir du gouvernement PiS, que ses détracteurs accusent de faire reculer les libertés démocratiques acquises il y a trois décennies à la chute du communisme.

C'est une Pologne divisée en deux qui sort de ces élections, avec un avenir pas très rose, car il sera difficile d'apaiser la situation et de renouer les liens entre les deux camps, a estimé le politologue Kazimierz Kik de l'Université de Kielce, dans le sud de la Pologne.

La Pologne se réveille devant un triste champ de bataille avec les deux camps vaincus, car nul ne peut crier victoire.

Kazimierz Kik, politologue à l'Université de Kielce
Une femme portant un masque de protection dans un bureau de vote pour le second tour des élections présidentielles polonaises.

La population a dû voter avec un couvre-visage, en raison de la pandémie de COVID-19.

Photo : Getty Images / Omar Marques

M. Duda, qui a promis de défendre les aides sociales populaires mises en place par le PiS, a bénéficié du soutien ferme d'agriculteurs, ouvriers, chômeurs et retraités, alors que M. Trzaskowski a tenté de réunir un électorat bien plus disparate.

Le président sortant a fait une campagne polarisante, attaquant notamment les droits des personnes LGBT et rejetant l'idée d'indemnisations pour les biens juifs volés par les nazis et sous le régime communiste.

Ces élections sont une confrontation de deux visions de la Pologne, entre le blanc-et-rouge et l'arc-en-ciel, avait résumé vendredi le ministre de la Justice Zbigniew Ziobro, faisant référence au drapeau national polonais et au symbole utilisé par la communauté LGBT.

M. Trzaskowski, quant à lui, est favorable aux partenariats civils y compris entre personnes du même sexe. Sa décision de signer une déclaration de soutien aux LGBT a incité nombre de régions de l'est rural, zone plus conservatrice du pays, à se proclamer zones libres de LGBT.

Il a également promis de faire marche arrière concernant les réformes controversées du système judiciaire qui valent à la Pologne des critiques de Bruxelles.

À la sortie d'un bureau de vote, Wojciech, un ouvrier du bâtiment de 59 ans, a dit avoir voté Duda en raison de ses liens étroits avec le président américain Donald Trump, ce qui veut dire que nous pouvons compter sur les États-Unis pour nous défendre.

D'autres électeurs ont choisi M. Trzaskowski avec l'espoir d'un retour à de meilleures relations avec l'Union européenne.

C'est important pour nous d'avoir une bonne coopération avec nos partenaires européens, a expliqué la retraitée Danuta Lutecka, espérant aussi qu'un changement de président mènerait vers moins de haine et de divisions entre Polonais.

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