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Rapides Deschênes : des acteurs politiques et économiques vent debout contre l’ultimatum du MTQ

Les rapides Deschênes à Gatineau l'été.

Les rapides Deschênes pourraient être aménagés pour devenir un centre de nautisme de renommée mondiale.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a lancé un ultimatum afin de trouver un acquéreur pour les vestiges des rapides Deschênes, sur la rivière des Outaouais, selon les informations obtenues par Le Droit que Radio-Canada a confirmées. Cet ultimatum a entraîné une levée de boucliers de la classe politique et des gens d'affaires de la région qui veulent faire de cette « icône du patrimoine » un parc d’eaux vives de renommée internationale.

Dans une note envoyée le 12 juin dernier par le directeur régional du MTQ, François Asselin, on peut lire que le ministère souhaite aller de l'avant avec le projet d'enlèvement de l'ensemble des anciens vestiges.

Il reconnaît l'intérêt que peut relever le secteur pour certains groupes et lance un avis d'intérêt afin de transférer les lots sur lesquels se retrouvent les anciens vestiges.

La conseillère municipale du district d’Aylmer, Audrey Bureau estime que le ministère rame à contre-courant. Selon elle, un regroupement d'organismes locaux qui entend transformer les ruines en un centre de nautisme de renommée mondiale travaille d'arrache-pied pour présenter sous peu une étude de faisabilité.

Ça n'a pas de bon sens. L’étude de faisabilité vient juste d'être terminée et vient d’être déposée, s'est-elle agacée, en entrevue à Radio-Canada.

La conseillère municipale du district d’Aylmer, Audrey Bureau en entrevue à Radio-Canada devant les rapides Deschênes à Gatineau.

L'ultimatum du MTQ a suscité l'agacement de la conseillère Bureau.

Photo : Radio-Canada

Elle demande au MTQ de s'asseoir avec les partenaires, de laisser le temps à l’étude de faisabilité, puis d’entreprendre les prochaines étapes en discussion avec tous les partenaires qui sont au dossier. Ce n’est pas nouveau, il les connaît, donc de travailler de concert et de laisser les ultimatums.

Les ruines, c’est une richesse collective pour l’ensemble de la population.

Audrey Bureau, conseillère municipale du district d’Aylmer

La présidente-directrice générale de Tourisme Outaouais, France Bélisle, dont le nom figurait parmi les destinataires de la note du ministère juge cette démarche prématurée considérant le projet porté par divers partenaires et invite le ministère à la suspendre.

Ce projet présente un immense potentiel qui générerait des retombées économiques et contribuerait aussi à renforcer le positionnement de Gatineau en plein air urbain et en tourisme sportif.

France Bélisle, PDG de Tourisme Outaouais

Ardent défenseur du site et président de l’Association des résidents de Deschênes, Howard Powles rappelle que le site abritait des scieries qui ont laissé place à des centrales électriques qui faisaient fonctionner un tramway reliant Aylmer à Ottawa.

C’est une icône du patrimoine de la région, mais c’est surtout important pour l’histoire de Deschênes, estime-t-il.

Un site dangereux

Même s'il n'a pas apprécié de recevoir l'ultimatum du MTQ en pleine pandémie, le conseiller municipal du district de Deschênes, Mike Duggan dit toutefois comprendre les craintes du ministère quant à la dangerosité des rapides.

Et de fait, le site a été le théâtre de plusieurs incidents nautiques. M. Duggan précise aussi que des sections du mur sont tombées pendant les dernières inondations avec la pression de la rivière des Outaouais.

Les courants importants et la présence de ruines sur la rivière des Outaouais rendent les opérations de secours aux rapides Deschênes très périlleuses pour les services d'urgence des villes d'Ottawa et de Gatineau, peut-on lire dans la note ministérielle.

Repousser la date butoir

Le ministre de la région de l'Outaouais, Mathieu Lacombe, affirme pour sa part qu'il est prêt à appuyer le député André Fortin dans sa démarche pour faire repousser la date butoir du 12 août.

Le ministre Mathieu Lacombe lors d'un point de presse.

Le ministre de la région de l'Outaouais, Mathieu Lacombe (archives).

Photo : Radio-Canada

Je sais qu’il s’agit d’un lieu important pour les amateurs de sports en eaux vives de la région, reconnaît le ministre. C’est un dossier que porte notamment le député de Pontiac, André Fortin, avec qui j'ai déjà échangé sur le sujet. [...] Ma porte est toujours ouverte afin de l’accompagner dans ses démarches.

Ce n'est pas la première fois que le ministère des transports envisage de démolir les ruines de l'ancien barrage. En 2017, le ministère avait mis en veilleuse ce projet, face à la grogne de plusieurs élus et citoyens.

Avec les informations de Jérémie Bergeron

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