•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des centaines de manifestants accusent l’Alberta de vouloir étouffer les manifestations

Des manifestants tiennent des pancartes et des drapeaux devant l'Assemblée législative.

Les manifestants se sont rassemblés en grand nombre à l'appel de plusieurs groupes militant pour diverses causes, incluant les droits des minorités, l'environnement et les droits des animaux.

Photo : Radio-Canada / Mirna Djukic

La Loi sur la défense des infrastructures a reçu la sanction royale il y a trois semaines, mais ses opposants ne se déclarent pas vaincus. Ils se sont rassemblés à Edmonton et à Calgary, samedi, pour dénoncer ce qui constitue, selon eux, une attaque au droit de manifester pacifiquement.

Cette loi vient neutraliser notre droit constitutionnel de manifester contre ces choses que [le gouvernement] fait derrière les portes closes, croit Stephanie Gravel, une des organisatrices de la manifestation et membre du groupe Animal Rebellion.

Ce qu’ils essaient de faire, c’est essentiellement d’étouffer les critiques et l’opposition et ce n’est pas correct. Nous représentons des voix d’Albertains.

Environ 200 personnes se sont jointes à elle devant l'Assemblée législative albertaine pour demander au gouvernement Kenney d’abroger ou de modifier cette loi controversée. D’autres se sont rassemblées devant l’Hôtel de Ville de Calgary.

La Loi sur la défense des infrastructures impose de lourdes sanctions aux manifestants qui perturbent des infrastructures essentielles, telles que les voies ferrées. Les individus qui y contreviennent risquent des amendes allant de 1000 $ à 25 000 $ et six mois de prison. Les corporations, elles, risquent jusqu’à 200 000 $ d’amende.

Marilyn Gaa est une femme âgée coiffée d'un chapeau à fleurs. Elle porte un bandana par-dessus son nez et sa bouche à l'effigie des « mémés déchaînées ».

Marilyn Gaa, membre du groupe militant « les mémés déchaînées », espère que le gouvernement albertain va révoquer la Loi sur la défense des infrastructures.

Photo : CBC / Scott Neufeld

Le vocabulaire est tellement vague que n’importe qui debout sur un coin de rue qui tente d’attirer l’attention sur un enjeu pourrait potentiellement être arrêté et mis à l’amende, s’inquiète Marilyn Gaa, une manifestante.

Si un manifestant est transformé en criminel, on vit dans une dictature, ajoute-t-elle.

Les gens ont le droit de s’assembler pacifiquement, que ce soit à l'Assemblée législative ou dans la rue et on ne peut pas désigner tout comme une infrastructure essentielle pour essayer de limiter cela, croit aussi Kurt Roy.

Le syndicat des employés provinciaux de l’Alberta (AUPE) conteste la constitutionnalité de la loi en cour. Son président, Guy Smith, a été invité à prendre la parole à la manifestation, tout comme le président de la Fédération du travail de l’Alberta, Gil McGowan.

Guy Smith a confiance que les tribunaux déclareront que la loi doit être abrogée, car elle enfreint le droit des citoyens à manifester pacifiquement, mais il s’attend à ce que la cause aille jusqu’en Cour suprême, ce qui pourrait prendre des années.

Je pense que cette loi va être testée dans la rue [bien avant], car nos membres ne vont pas se contenter de regarder nos services publics être démantelés , dit-il.

Une personne tient une grande marionnette de faucheuse, alors qu'une autre tient la faux avec des banderoles qui disent « mort de la démocratie » en anglais. Ils sont devant l'Assemblée législative.

Des manifestants ont apporté une marionnette de faucheuse pour dénoncer la « mort de la démocratie » en Alberta.

Photo : Radio-Canada / Mirna Djukic

Les relations entre le gouvernement et l’AUPE sont mises à mal depuis le premier budget Kenney, qui a imposé une cure minceur dans la fonction publique et des compressions dans plusieurs ministères.

Les négociations collectives, mises sur pause pendant la pandémie, devraient reprendre bientôt, tout comme les manifestations.

C’est là qu’on va voir à quel point [les autorités] sont agressives dans l’application du projet de loi 1 et si elles commencent à arrêter les gens sans mandat, croit le président de l’AUPE.

Le gouvernement dit s'attaquer uniquement aux manifestations illégales

Le gouvernement albertain a déposé le projet de loi 1 en février, après que les manifestations en soutien aux droits territoriaux des Wet’suwet’en aient paralysé le réseau ferroviaire canadien pendant des semaines.

Le premier ministre, Jason Kenney, avait alors dit que le but était de faire de l’Alberta la province avec les peines les plus importantes au Canada contre ces gestes illégaux.

Le projet de loi a été mis sur la glace pendant plusieurs mois en raison de la COVID-19, mais a finalement reçu la sanction royale le 17 juin.

Le gouvernement maintient que cette mesure ne vise que les manifestants qui perturbent des infrastructures essentielles pour la sécurité ou l’économie, ce qui trouble la paix et est donc déjà illégal.

Le texte de la loi interdit aux gens de s’introduire sur ces infrastructures ou sur le terrain où elles se trouvent sans raison légale. Il énumère une série de lieux qui entrent dans cette catégorie, incluant les pipelines, les installations minières, les autoroutes et les chemins de fer.

Il permet cependant aussi au gouvernement de désigner des bâtiments, des structures, des appareils, ou n’importe quelle autre chose comme une infrastructure essentielle ultérieurement.

En réponse aux critiques, l’attaché de presse du ministre de la Justice a déclaré que la loi visait clairement ceux qui bloquent des infrastructures clés comme les voies ferrées, les ponts, les pipelines et les autoroutes .

La semaine dernière, le gouvernement a déposé un autre projet de loi pour rétablir l’équilibre dans les lieux de travail, qui contient également de nouvelles restrictions sur le droit de piquetage.

S’il est adopté, les syndicats ne pourront pas bloquer ou retarder une personne qui souhaite traverser une ligne de piquetage. Ils devront aussi demander la permission au conseil des relations de travail pour piqueter à un lieu secondaire.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Alberta

Mobilisation citoyenne