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Le PDG des studios canadiens d'Ubisoft démissionne

Yannis Mallat au micro de Catherine Perrin.

Yannis Mallat quitte « immédiatement » la tête des studios canadiens d'Ubisoft.

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Le président des studios canadiens d'Ubisoft, Yannis Mallat, démissionne de son poste. L'annonce survient dans la foulée d'une série de dénonciations, dans l'ensemble de l'entreprise, à propos de comportements sexistes, d'abus de pouvoir et autres gestes déplacés à l'endroit d'employées.

Ce départ entre en vigueur immédiatement, a annoncé samedi soir le géant du jeu vidéo.

Dans un communiqué, Ubisoft précise que les récentes allégations survenues au Canada, contre plusieurs employés, font en sorte qu'il est impossible [que M. Mallat] conserve son poste.

M. Mallat n'est pas le seul à plier bagage : Serge Hascoët, directeur créatif pour l'ensemble de l'entreprise et « numéro deux » dans l'organigramme d'Ubisoft, tout juste sous le président et fondateur Yves Guillemot, quitte lui aussi immédiatement ses fonctions. C'est M. Guillemot qui occupera l'intérim, précise le communiqué.

Pendant cette période, Yves Guillemot supervisera personnellement une refonte de la façon dont les équipes créatives collaborent, indique encore le document.

Le syndicat Solidaires informatique, qui regroupe des travailleurs de ce domaine en France, y compris des employés de chez Ubisoft et Blizzard Entertainment, un autre grand studio de jeux vidéo, appelait depuis un certain temps au départ de M. Hascoët pour mettre fin au climat d'horreur qui règne chez Ubisoft.

Plusieurs témoignages reçus par le syndicat font état de comportements « toxiques », selon un dossier publié vendredi par le quotidien français Libération.

Le communiqué fait aussi état du départ de Cécile Cornet, directrice monde des ressources humaines. Outre un processus de recherche d'un autre candidat qui débute immédiatement, mentionne Ubisoft, l'entreprise va restructurer et renforcer le département des ressources humaines pour l'adapter aux nouveaux défis de l'industrie du jeu vidéo.

La démission de Mme Cornet était également réclamée par Solidaires informatique, dont les membres soutiennent qu'elle était « parfaitement » au courant des gestes posés par M. Hascoët et d'autres responsables.

Nombreuses dénonciations

Cela fait plusieurs semaines qu'Ubisoft et d'autres entreprises de l'industrie du jeu vidéo sont visées par des dénonciations de comportements abusifs, voire de harcèlement ou d'agression, souvent à caractère sexuel.

À la fin juin, Ubisoft annonçait plusieurs enquêtes internes sur les allégations à l'encontre de plusieurs de ses cadres.

Des témoignages anonymes d'employés ou d'ex-employés d'Ubisoft sont apparus sur Twitter, visant des cadres des studios de Toronto et Montréal, mais aussi au Brésil, en Bulgarie et aux États-Unis, et concernant parfois des faits remontant à plusieurs années.

La semaine dernière, Yves Guillemot promettait un « changement structurel » au sein de l'entreprise. Et le lendemain de cette annonce, M. Guillemot avait annoncé une série de départs, notamment celui de Maxime Béland, vice-président éditorial en poste à Toronto, et Tommy François, vice-président éditorial et aux services créatifs basé à Paris.

Nous ne visons pas des ajustements à la marge. Ce que nous voulons mettre en oeuvre est un changement structurel au sein d'Ubisoft, en totale adéquation avec nos valeurs qui ne tolèrent aucun comportement toxique et veillent à ce que chacun se sente en sécurité pour s'exprimer, a insisté le PDG dans son message présenté au début du mois de juillet.

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