•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La COVID-19 au Manitoba : comment expliquer autant de jours consécutifs sans nouveau cas?

Une professionnelle de la santé effectue un test de dépistage du coronavirus dans une clinique mobile.

Un homme penche la tête en arrière pour un test de dépistage de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le Manitoba se sort relativement bien de la pandémie de COVID-19, enregistrant un onzième jour consécutif sans cas samedi. Le journaliste Samuel Rancourt s’est entretenu avec le Dr Philippe Lagacé-Wiens, microbiologiste médical à l'Hôpital Saint-Boniface de Winnipeg, pour comprendre les raisons derrière cette tendance.

Plusieurs jours sans nouveau cas au Manitoba, qu’est-ce que cela nous indique sur la situation dans la province?

Ça nous indique que les introductions [du coronavirus] qui ont eu lieu la semaine dernière étaient détectées assez rapidement et que n’importe quelle transmission secondaire à partir de ces cas-là a été identifiée et mise en quarantaine de façon efficace. Ça nous dit que le système qui fait [la détection et] le traçage des cas fonctionne très bien.

Le Manitoba a quatre cas actifs. On est loin derrière le Québec, la province la plus touchée par la pandémie, qui en a plus de 25 000. Comment expliquer que le nombre soit si bas au Manitoba?

C’est une combinaison de choses. En premier lieu, le Manitoba n’est pas une région qui attire un énorme nombre de voyageurs comme le Québec et l’Ontario. Alors les introductions [du coronavirus] se sont faites au Manitoba un peu plus tard que dans le reste du pays, ce qui nous a donné la chance de mettre en place des contrôles efficaces pour la réduction de la transmission, pour préparer les citoyens et pour préparer le système de diagnostic. Ça nous a donné un peu plus de temps comparé au Québec.

Au Québec, la relâche du printemps a eu lieu un peu plus tôt qu’ici au Manitoba. Alors il y a eu plusieurs voyageurs qui sont retournés au Québec au début du mois de mars avec la maladie et qui l’ont transmise au sein de la communauté. La transmission communautaire a été reconnue trop tard pour établir les contrôles nécessaires. On a donc vu une explosion de cas au début [de la pandémie], ce qui est vraiment ce qu’on essaie d’éviter.

Au Manitoba, les fermetures ont eu lieu très très vite, aussitôt qu’on a eu des cas. À peu près sept jours après qu’on a eu notre premier cas on a fermé les écoles, fermé les lieux d’emploi, etc. Ça nous a permis de contrôler la situation de façon très efficace.

Le médecin hygiéniste en chef du Manitoba Brent Roussin indiquait en conférence de presse cette semaine que la province examine la possibilité d’assouplir les restrictions concernant les voyageurs de l’est du pays. Quel pourrait être l'effet sur la province?

Il y a toujours le risque de réintroduire la COVID-19 au Manitoba. Ce qu’il faut faire pour contrôler ça, c’est de s’assurer que les gens ne voyagent pas avec des symptômes. Il y a déjà plusieurs contrôles pour ça dans les aéroports, etc, mais il faut vraiment s’assurer aussi que l’on continue à imposer des restrictions pour les régions du pays où il y a quand même une transmission considérable de la COVID-19.

Le Dr Brent Roussin disait aussi que le port du masque pourrait devenir l’une des plus importantes mesures sanitaires dans la province. Quel en est réellement son impact?

C’est difficile à dire. Il y a certaines recherches qui démontrent que le port du masque peut réduire la transmission au sein de la communauté, particulièrement si une portion considérable de la communauté porte le masque. Il faudrait qu’autour de 70 % des gens portent un masque en tout temps en public pour réduire la transmission de façon efficace.

Toutes ces données sont basées sur des modèles qui ne sont pas encore prouvés dans des expériences communautaires. Alors, on ne sait pas si ce serait très efficace au Manitoba où il y a très peu de cas dans la communauté, où il y a moins de risque de transmission à cause de la proximité des gens dans les transports publics, par exemple.

Ce qui fonctionne à Toronto ou à Montréal ne va pas nécessairement fonctionner ici, au Manitoba, parce que c’est une situation entièrement différente.


Samuel Rancourt s'est aussi entretenu avec Mathias Oulé, professeur de microbiologie à l'Université de Saint-Boniface.

COVID-19 : où en sont les recherches pour un vaccin?

Photo : Radio-Canada

L'évolution de la COVID-19 d'heure en heure

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Manitoba

Santé publique