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Il y a 30 ans, une Métisse de la Saskatchewan marchait en soutien aux Mohawks d’Oka

Cinq femmes marchent le long d'une route.

La leader métisse Maria Campbell a dirigé une marche pacifique en 1990 en soutien aux Mohawks d'Oka.

Photo : Radio-Canada / auteur inconnu

Durant le conflit territorial d'Oka en 1990, une leader métisse de la Saskatchewan organisait une marche symbolique liant Saskatoon à Winnipeg.

Aujourd’hui devenue aînée, Maria Campbell garde des souvenirs vifs du soutien pacifique qu’elle exprimait ainsi aux Mohawks qui s’opposaient à l'agrandissement d’un terrain de golf privé et un projet immobilier sur un territoire au Québec qu’ils revendiquaient depuis plusieurs siècles.

La crise d'Oka a coûté la vie d'un policier de la Sûreté du Québec. Il a fallu 78 jours pour dénouer le conflit avec le renfort des Forces canadiennes.

À travers cette action, Maria Campbell souhaitait attirer l’attention des médias sur les questions autochtones. Elle rêvait aussi d’un meilleur avenir pour les futures générations.

Notre rôle en tant qu'aînées est de soutenir les jeunes et de les protéger. Cette marche était la seule façon de le faire à ce moment-là.

Maria Campbell, aînée métisse de la Saskatchewan

Une dizaine de personnes l’ont rejointe pour marcher plusieurs dizaines de kilomètres chaque jour. L'aînée ne se rappelle pas exactement de la durée du trajet, mais elle se souvient que la plupart des marcheurs ont atteint Winnipeg. Deux se sont même rendus jusqu’au Québec.

En hiver. Une bannière «Savez-vous que ceci est un terrain Mohawk?» suspendue au dessus d'un petit bâtiment devant lequel sont garées deux voitures.

Le conflit d'Oka portait sur la question de la propriété de terres attenantes à un terrain de golf privé.

Photo : Radio-Canada / Ellen Gabriel

Un cheminement qui a laissé des traces

Le soutien que les marcheurs ont reçu pendant leur périple a fortement marqué Maria Campbell. Des dizaines de personnes, parfois des centaines, nous attendaient à notre arrivée, raconte-t-elle.

Mais l'aînée se souvient aussi de mauvaises rencontres, et notamment de jets de bouteilles en direction du groupe.

Trente ans plus tard, Maria Campbell estime que les événements de l’été 1990 ont cependant eu des conséquences positives.

La crise d'Oka a permis un éveil des consciences au Canada et dans le monde entier, notamment sur les questions du racisme et des terres autochtones.

Maria Campbell, aînée métisse de la Saskatchewan

La Saskatchewanaise observe notamment des changements dans le domaine des arts et de la culture traditionnelle, qui ont vu l'émergence d'artistes autochtones. Elle a aussi le sentiment que les Canadiens, d'un bout à l'autre du pays, se montrent plus solidaires.

La mobilisation pour les chefs héréditaires Wet'suwet'en de la Colombie-Britannique, il y a quelques mois, l’illustre bien , selon elle.

Des avancées insuffisantes

En dépit des avancées, la Saskatchewanaise s’interroge sur le processus de réconciliation engagé par les autorités canadiennes. Le but de la réconciliation est de revenir à de bonnes relations, explique-t-elle avant d’ajouter, mais nous n'en avons jamais eu. Comment peut-on parler de réconciliation si nous ne nous sommes jamais bien entendus?

Maria Campbell estime que les discriminations disparaîtraient si les gouvernements fédéral et provinciaux devenaient plus conciliants et entreprenaient des actions concrètes.

L’aînée reste cependant optimiste et remplie d'espoir pour l'avenir. Elle garde aussi une pensée pour les Mohawks d'Oka. Je salue les gens d’Oka, j’ai une profonde admiration et du respect pour eux ! confie-t-elle.

Avec les informations de Romain Chauvet

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