•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les jardins communautaires : « C’est nourrissant à tous les plans, pas juste en légumes! »

Un couple de personnes âgées partage du bon temps avec leur petite fille dans un jardin communautaire.

Des études mentionnent que les jardins communautaires pourraient contribuer à réduire le stress et à améliorer l’estime de soi (archives).

Photo : getty images/istockphoto / Halfpoint

Fini l’idée selon laquelle les jardins communautaires servent seulement à meubler le temps des personnes à la retraite. En plus de permettre la culture de légumes et de fruits sains, ils sont aussi des lieux de rassemblement qui favorisent la socialisation, renforcent les relations interculturelles et même, dans certains cas, transforment des vies.

Trois ans après avoir mis sur pied un petit jardin communautaire derrière l’église la Citadelle d’Ottawa, Graciela Arkell, capitaine de l’Armée du Salut située sur le chemin Walkley, dans le sud de la capitale, récolte beaucoup plus que de simples fruits et légumes.

Au fil des différentes cueillettes, elle a remarqué que ses 12 boîtes de jardin ont contribué — comme par magie — à tisser des liens étroits et solides entre les jardiniers.

Des carrés de jardin dans lesquels poussent différents légumes.

Le jardin communautaire situé derrière l'église Citadelle de l'Armée du Salut, sur le chemin Walkey.

Photo : Radio-Canada / Angie Bonenfant

Les jardins communautaires créent un sentiment d’appartenance, remarque-t-elle, les deux pieds solidement plantés dans son coin de paradis. Certains pensent qu’ils sont thérapeutiques. En un sens, je suis d’accord avec ça.

C'est vraiment une belle façon de rassembler la communauté.

Capitaine Graciela Arkell, Citadelle d’Ottawa de l’Armée du Salut

La capitaine admire la façon dont son jardin est devenu un lieu de rassemblement qui favorise le dialogue et le partage entre les participants, quelles que soient leurs origines et leur position sociale.

Nos bénévoles proviennent de tous les milieux, dit-elle. Ce sont des gens de tous les âges, de toutes les races et de toutes les cultures. Certains sont de nouveaux arrivants, d'autres sont des citoyens établis. C'est un beau mélange de bénévoles.

Graciela Arkell se tient debout à côté d'un carré de jardin.

La capitaine Graciela Arkell, de l'Armée du Salut à Ottawa, soutient que les jardins communautaires peuvent transformer des vies.

Photo : Radio-Canada / Angie Bonenfant

Les jardins communautaires, observe Graciela Arkell, améliorent la qualité de vie des utilisateurs en leur procurant des aliments sains, mais également en brisant l’isolement — exacerbé dernièrement par le confinement.

D'une certaine manière, cela change des vies, soutient-elle, profondément convaincue. Spécialement en cette période de l  COVID-19, c’est important que les gens demeurent connectés.

Les modèles :

  1. Le jardin communautaire : Aménagé directement au sol, il est divisé en parcelles individuelles appelées jardinets. Chaque membre est responsable de l'entretien de son jardinet et est le bénéficiaire exclusif de sa récolte;
  2. Le jardin collectif : Aménagé de telle sorte que tous les jardiniers cultivent ensemble un espace commun. L'entretien de la superficie totale est une responsabilité commune et la récolte est partagée entre les membres;
  3. Le jardin en bacs : Aménagé hors sol dans des bacs ou dans de grands pots. Communautaire ou collectif, il vise la culture de fruits, de légumes ou de fleurs comestibles.

Source : Ville de Gatineau

Le jardin communautaire Reboul est situé sur le boulevard Sacré-Coeur, à Gatineau.

Le jardin communautaire Reboul a été créé en 2011 et est géré par des bénévoles.

Photo : Facebook / Jardin communautaire Reboul

Service essentiel

À une dizaine de kilomètres de là, sur la rive québécoise de la rivière des Outaouais, le jardin communautaire Reboul, situé sur le boulevard Sacré-Coeur, dans le Vieux-Hull, fait lui aussi la démonstration des bienfaits de ce type d’activité sur la santé mentale.

On ne se le cachera pas, on ne fait pas pousser que des légumes dans un jardin communautaire. On cultive aussi de la camaraderie.

Aimée Lavoie, coordonnatrice, jardin communautaire Reboul

Quelque 400 jardiniers issus de toutes les classes sociales et de toutes les origines entretiennent une parcelle dans ce jardin. C’est une clientèle fidèle qui revient année après année depuis 2011, date où le jardin Reboul a vu le jour.

Des jeunes récoltent des cerises.

Il règne un bel esprit de camaraderie au jardin communautaire Reboul.

Photo : Facebook / Jardin communautaire Reboul

La coordonnatrice Aimée Lavoie compare son jardin à un grand terrain de jeu communautaire qui libère l’esprit, unit les gens et renforce le lien social.

Nous, on a beaucoup de membres qui sont issus de l’immigration. C’est vraiment très beau de voir comment ça leur fait du bien de venir jardiner et de cultiver des légumes qu’ils cultivaient dans leur terre natale, souligne Mme Lavoie. On a vraiment l’impression qu'ils cultivent leur terre d'accueil.

La richesse d’un jardin communautaire, c’est la richesse des liens que l’on cultive.

Aimée Lavoie, coordonnatrice, jardin communautaire Reboul

Se nourrir, on s’entend que c’est essentiel. C’est pas mal à la base de la pyramide de Maslow, convient Mme Aimée. Mais le jardinage communautaire, ça répond aussi à d’autres besoins dans la pyramide.

La sécurité alimentaire, le besoin d’appartenance, le besoin d’appréciation, du travail accompli et de l’accomplissement de soi... Tout ça, on le vit à l’échelle des petits jardins communautaires, remarque-t-elle.

On récolte bien plus que des fruits et des légumes au jardin communautaire Reboul.

Des participants fiers de leur récolte.

Photo : Facebook / Jardin communautaire Reboul

Des écrits scientifiques, cités par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), abondent dans le même sens. Ces études mentionnent que l’utilisation [des jardins communautaires] pourrait contribuer à réduire le stress et à améliorer l’estime de soi.

Ces données ont alimenté la réflexion des autorités sanitaires lorsque la décision de rouvrir les jardins communautaires a été prise dans la foulée de la COVID-19.

Au jardin communautaire Reboul, où la réouverture a été accueillie avec soulagement, cette décision revêt beaucoup de sens puisque l’on croit que les jardins communautaires s’inscrivent dans une approche systémique.

[Ces jardins], ce sont le continuum de la vie. C’est nourrissant à tous les plans, pas juste en légumes! en conclut Aimée Lavoie.

Pour en savoir plus, suivez les chroniques du reporter météo Alain Jean-Mary (Nouvelle fenêtre) toutes les semaines à l’émission Tout inclus.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Ottawa-Gatineau

Jardinage