•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Imbroglio autour de l'alcool après minuit dans les bars

Des bières et des amuse-gueules sur une table.

Qu'est-ce qui constitue un repas? Cette question pourrait être d'une grande importance pour des propriétaires de bars et de restaurants qui souhaitent continuer à vendre de l'alcool après minuit.

Photo : Getty Images / borabakan

Le nouvel arrêté ministériel venant encadrer la vente d'alcool dans les bars comporte des clauses qui permettraient à certains établissements de continuer de servir des boissons alcoolisées après minuit, si les clients commandent un repas, selon l'Association des restaurateurs du Québec (ARQ).

Le document en question, publié vendredi par le ministère de la Santé et des Services sociaux, et qui entrait en vigueur la journée même, précise qu'un permis de bar ne [peut] être exploité que de huit heures à minuit [...], sauf si le titulaire de ce permis ne vend des boissons alcooliques pour consommation sur place qu'à l'occasion d'un repas.

Cela fait dire à l'ARQ, dans une publication diffusée sur Facebook, qu'un titulaire de permis de bar peut poursuivre la vente de boissons alcooliques pour consommation sur place dans son établissement, ou dans la section où le permis de bar est exploité, après minuit et jusqu'à trois heures, pourvu qu'un repas est servi.

La possibilité de continuer à servir des boissons alcoolisées avec un repas est bien accueillie par les exploitants de restaurants, indique Martin Vézina, responsable des communications et des affaires publiques de l’ARQ.

Les exploitants de bars seront-ils tentés de demander des permis de restaurants pour contourner les nouvelles restrictions? Si M. Vézina ne s’avance pas sur la question, il ne l’exclut pas. Je pense que ça va dans ce sens, dit-il.

Toujours selon l'ARQ, pour les bars avec un permis MAPAQ (ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, NDLR), pour les restaurants avec une section bar avec permis de bar, pour les terrasses exploitées avec un permis de bar, cette nouvelle est majeure : il n'y aura pas d'obligation de ne pas servir d'alcool après minuit et de fermer à 1 h si un repas est commandé.

Ce sera possible de continuer après minuit si le client commande un repas […], mais il faut que ce soit un repas.

Martin Vézina, responsable des communications et des affaires publiques de l’ARQ

Le regroupement des restaurateurs met en effet ses membres en garde à propos de ce que constitue un repas. Selon la définition officielle de la Régie des courses, de l'alcool et des jeux, un repas est « un ensemble d'aliments suffisants pour constituer le repas d'une personne ».

Des ailes de poulet et des frites à partager ne seront certainement pas considérées comme un repas par les corps policiers responsables de l'application de ces nouvelles mesures, précise l'ARQ sur Facebook.

Damien Berger, copropriétaire du pub Saint-Édouard et membre actif de la Nouvelle association des bars du Québec.

Selon Damien Berger, bien des bars fonctionnent déjà comme des restaurants, et ce depuis plusieurs années.

Photo : Radio-Canada

Au lendemain de l’entrée en vigueur de ces nouvelles règles, on reconnaît que le niveau de stress était important pour les exploitants de bars.

En entrevue à RDI, Damien Berger, copropriétaire d'un bar à Montréal et membre de la Nouvelle association des bars du Québec, estime que l’annonce du ministre de la Santé Christian Dubé prête à confusion.On a passé la journée avec les organismes pour savoir qui avait le droit d’ouvrir parce que le terme ''bar'' est très vaste au Québec. La réglementation est très complexe, dit-il.

Premièrement, il fallait savoir qui pouvait continuer à opérer comme il y a deux semaines et qui ne peut plus le faire.

Damien Berger, copropriétaire, pub Saint-Édouard et membre actif, Nouvelle association des bars du Québec

M. Berger rappelle que beaucoup de bars fonctionnent déjà comme des restaurants depuis quelques années.

Mais les propriétaires de bars qui risquent d’en faire les frais, dit-il, sont ceux qui, depuis l'éclatement de la crise, ont dépensé beaucoup d’argent pour se conformer aux recommandations du gouvernement en effectuant des aménagements dans leur établissement, en éliminant entre autres les pistes de danse et en ajoutant des tables.

Beaucoup d’entre eux sont des bars qui n’ont pas vocation à servir des repas et dont l’activité repose essentiellement sur le spectacle.

Il faut trouver un moyen pour les aider, soutient M. Berger.

Éviter une nouvelle flambée des cas de contamination

Les restrictions imposées aux bars – non seulement la fin de la vente d'alcool à minuit, mais aussi la fermeture à 1 h du matin pour les établissements n'offrant pas de repas – visent à éviter que le déconfinement ne se traduise par de nouvelles éclosions importantes de COVID-19 au Québec.

Dans une conférence de presse donnée jeudi en compagnie du directeur national de santé publique du Québec, Horacio Arruda, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a soutenu que les bars « sont des lieux propices à la contagion ».

Une centaine de personnes auraient été infectées par la maladie dans des bars du Québec au cours des derniers jours, selon les données des autorités sanitaires.

Conscient que ces mesures ne font pas l'affaire des propriétaires de bars déjà aux prises avec d'importantes restrictions, M. Dubé a expliqué qu'il s'agissait d'un compromis difficile pour eux, mais somme toute acceptable. L'autre option aurait été de fermer de nouveau les bars de la province, a mentionné le ministre.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique provinciale

Politique