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COVID-19 : une progression inquiétante, mais maîtrisable, selon l'OMS

Le nombre de nouveaux cas a plus que doublé ces six dernières semaines.

Un homme dort près d'échantillons.

Dans une clinique mobile de dépistage de la COVID-19 à Houston, au Texas, un travailleur de la santé prend une pause.

Photo : Reuters / Callaghan O'Hare

Agence France-Presse

Le nombre des cas de COVID-19 a récemment explosé, mais on peut « encore » maîtriser la situation à condition d'intervenir très rapidement sur les foyers de la maladie, a estimé vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Seule une action agressive combinée à une unité nationale et une solidarité mondiale peut renverser la trajectoire, a déclaré à Genève le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Selon ce dernier, il existe de nombreux exemples dans le monde entier qui ont montré que, même si l'épidémie est très intense, elle peut encore être ramenée sous contrôle.

Et ce, a-t-il souligné, bien que les contaminations aient plus que doublé ces six dernières semaines.

Si des cas réapparaissent, il faut agir vite, a insisté Maria Van Kerkhove, une autre responsable de l’OMS. En effet, il faut éviter le confinement de pays entiers, a martelé un de ses collègues, Michael Ryan, qui critique les déconfinements à l'aveuglette sans mesures de surveillance.

La pandémie a fait plus de 562 000 morts parmi les 12,6 millions de cas recensés depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie, à la fin de décembre. Il y a plus de 7,3 millions de personnes présentement infectées.

Les États-Unis, le pays le plus touché avec au moins 136 000 morts et près de 3,3 millions de personnes atteintes, ont encore battu leur record jeudi avec un millier de décès. Le nombre de nouveaux cas monte en flèche depuis la mi-juin. Vendredi, le pays a battu un autre record, cette fois avec plus de 71 000 nouveaux cas recensés dans les dernières 24 heures.

Quand nous nous comparons à d'autres pays, je ne crois pas qu'on puisse dire que nous nous en sortons bien. Ce n'est tout simplement pas le cas, a déclaré à cet égard Anthony Fauci, l'éminent expert en maladies infectieuses du gouvernement américain.

L'immunologue sonne l'alarme depuis des jours face à la hausse du nombre de nouveaux cas dans le sud et dans l'ouest, dénonçant des déconfinements trop hâtifs et l'insouciance des Américains.

Le président Donald Trump, quant à lui, persiste à minimiser la situation : La raison pour laquelle nous avons tant de cas, par rapport à d'autres pays qui ne font pas mieux que nous et de loin, est que nous testons beaucoup plus et mieux, a-t-il tweeté.

Le président debout devant une dizaine de personnes portant des masques.

Le président Donald Trump a visité la Floride le vendredi 10 juillet 2020.

Photo : Reuters / KEVIN LAMARQUE

Or, selon les données officielles, le rythme de progression de la contagion est largement supérieur à celui de l'augmentation du nombre des tests.

Ignorant les avertissements, le président américain s'est rendu vendredi en Floride, l'un des gros foyers actuels de COVID-19, tout en reportant un nouveau rassemblement électoral prévu pour samedi dans le New Hampshire.

Pékin aurait pu stopper l'épidémie, mais ne l'a pas fait, a-t-il de nouveau affirmé.

De nouveaux foyers d'infection

La COVID-19 poursuit également ses ravages en Amérique latine, où elle atteint ses dirigeants : en Bolivie, la présidente Janine Añez, candidate à sa succession en septembre, et, au Venezuela, le président de l'Assemblée nationale constituante et numéro deux du parti présidentiel (PSUV), Diosdado Cabello, ont annoncé jeudi l'avoir contractée, quelques jours après le président brésilien Jair Bolsonaro.

Ce dernier est ouvertement sceptique sur la pandémie. Le Brésil n'en reste pas moins le pays d'Amérique latine le plus touché et le deuxième à l'échelle mondiale, avec au moins 71 000 morts pour plus de 1,8 million de cas. Le nombre de nouveaux cas dépasse régulièrement les 40 000 depuis plusieurs jours.

La capitale de la Colombie, Bogota, va de son côté renforcer le confinement de sa population, et celle du Salvador, San Salvador, est dans une phase critique, selon Médecins sans frontières (MSF), cependant que le Mexique a enregistré jeudi un nouveau record de nouveaux cas quotidiens (+7280).

Si le virus a reflué ailleurs dans le monde, des résurgences ont été enregistrées.

Par conséquent, en Australie, les cinq millions d'habitants de Melbourne ont été replacés en confinement pour six semaines, tout comme la population de l'Ouzbékistan.

Hong Kong a annoncé la fermeture de toutes ses écoles à partir de lundi en raison d'une hausse exponentielle des contaminations, et Israël a dénombré quelque 1500 nouveaux cas en 24 heures.

Selon l'agence russe des statistiques, au moins 7444 personnes sont mortes de la COVID-19 en mai en Russie, soit un chiffre plus de deux fois supérieur à celui fourni jusqu'ici par les autorités.

De nouveaux foyers sont aussi apparus en Europe, le continent le plus endeuillé avec environ 200 000 morts (pour 2,5 millions de cas), où la situation paraît toutefois pour le moment maîtrisée.

Deux hommes portant un masque devant une affiche demandant aux usagers du métro de porter un masque.

Le Royaume-Uni est l'un des pays ayant le plus de cas totaux, mais le nombre de nouveaux cas continue de diminuer.

Photo : Reuters / Toby Melville

L'Italie réfléchit ainsi à prolonger l'état d'urgence, qui doit expirer le 31 juillet, et, à la suite notamment de l'augmentation du nombre de cas dans les pays des Balkans voisins, la Grèce a décidé de renforcer les contrôles à ses frontières terrestres.

En France, où le cap des 30 000 morts a été franchi vendredi, le premier ministre Jean Castex a demandé à tous les acteurs de porter de plus en plus le masque pour nous prémunir au mieux d'une éventuelle deuxième vague.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a quant à lui exhorté vendredi les 27 pays de l'Union européenne à se mobiliser pour un vaste plan de relance de l'économie européenne, plongée dans la récession par la pandémie.

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