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Attendre d’être vu à l’hôpital dans le stationnement

Le stationnement à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus RHSJ†, à Caraquet.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une femme de Grande-Anse déplore que son mari immunodéprimé ait dû attendre 1 h 30 dans son véhicule dans la chaleur de juillet avant de se faire soigner à l'hôpital à Caraquet.

Denis Landry a combattu un cancer en 2014. Depuis, il n’a qu’un seul rein et a fait deux infections urinaires qui ont demandé une hospitalisation.

Mercredi, il a commencé à faire de la fièvre et avoir des difficultés à uriner.

Sa femme, Chantal Landry, reconnaît les symptômes. Craignant que l’histoire ne se répète une troisième fois, elle lui a conseillé de se rendre à l’hôpital après avoir essayé de le soigner à la maison, en vain.

Une femme en entrevue.

Chantal Landry, de Grande-Anse, n'a pas digéré que son mari ait attendu 1 h 30 dans le stationnement avant de se faire soigner.

Photo : Radio-Canada

Je lui ai dit que je ne pouvais plus le contrôler sur les Tylenols et qu’il fallait absolument qu’il aille à l'hôpital à Caraquet, raconte-t-elle.

Une fois sur place, une surprise l'attend.

La garde-malade lui a dit d’aller dans son truck. Et d’attendre jusqu'à tant qu'on l'appelle, poursuit Chantal Landry.

Il s’avère que la fièvre est un symptôme de la COVID-19. Selon les règles de santé publique, tout patient dont la fièvre dépasse 38 degrés doit être placé en isolement.

Une affiche sur laquelle il est écrit : De la fière dépassant 38 degrés Celsius.

La fièvre est l'un des symptômes les plus courants de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada

Le hic, c’est qu’il n’y a pas de bloc d'isolement disponible à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus RHSJ† de Caraquet.

Denis Landry, qui s’est résigné à attendre dans l’habitacle suffocant de sa camionnette malgré ses 38,9 degrés de fièvre, a téléphoné à son épouse pour lui faire part de la situation.

Inquiète, Chantal a fait plusieurs coups de téléphone. Constatant que son mari était toujours dans son véhicule 1 h 30 plus tard, elle dit s’être sentie obligée de monter le ton.

J'ai dit que s’ils n’allaient pas le chercher pour l'examiner et faire baisser sa fièvre, parce qu’il est vraiment malade et que sa fièvre ne baisse pas, j’allais contacter l'Acadie Nouvelle et Radio-Canada. Cinq minutes après, ils ont été le chercher dans le véhicule, relate-t-elle.

Chantal dit comprendre que l'hôpital peut-être débordé par des urgences, et que la situation n'est pas la faute du personnel soignant.

Mais pour elle, il n'y a pas d'explication qui peut justifier une attente aussi longue dans un stationnement pour un malade.

Je comprends qu’il y a des urgences, mais mon mari aussi, c'est urgent. Surtout un homme qui a eu du cancer, fait-elle valoir.

Je l'adore mon mari. Je l'adore et je ne veux pas le perdre. Je l'ai quasiment perdu une fois, en 2014 , ajoute-t-elle.

Selon le Réseau de santé Vitalité, cette consigne est demandée seulement lorsqu'il est impossible d'assurer autrement le respect des mesures de sécurité dans l'hôpital.

Le porte-parole de Vitalité, Thomas Lizotte, précise d'ailleurs que ce ne sont pas tous les hôpitaux qui peuvent demander d'attendre dans le stationnement, et que ceux qui le font doivent tenir compte de la santé du patient.

Dépendamment du triage que le patient aura reçu, il se peut qu'il soit demandé d'aller attendre dans son véhicule. Le patient doit être sans danger, précise-t-il.

Denis Landry a obtenu son congé de l’hôpital en fin d’après-midi. Comme sa femme le craignait, il est bel et bien atteint d’une infection des reins et de la vessie. Il suit maintenant un traitement d’antibiotiques.

D'après le reportage d'Alix Villeneuve

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