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Le lait maternel directement du sein mieux qu'en bouteille pour le microbiote des enfants

Une mère allaite son enfant sur un sofa.

Le développement du microbiote des enfants serait favorisé par l’allaitement au sein, par rapport au lait maternel tiré à la pompe.

Photo : iStock

Une étude suggère que la transmission de certaines bactéries partagées par les mères et leurs enfants serait plus efficace par l’allaitement au sein qu'avec du lait maternel tiré à la pompe. Ce processus contribue à la formation du microbiote des enfants, ce qui les protège de certaines maladies plus tard dans leur vie.

Tirer [le lait] à la pompe était associé à l’épuisement de certaines bactéries dans le lait et semblait réduire la quantité de bactéries partagées entre la mère et l’enfant, peut-on lire dans l’étude, parue vendredi dans Cell Host & Microbe (Nouvelle fenêtre).

Ces travaux sont le résultat d’une collaboration entre des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) et de l’Université du Manitoba.

Notre étude confirme que le lait maternel contribue de façon importante au développement du microbiote intestinal des enfants, affirme le Dr Stuart Turvey, l’un des coauteurs de l’étude. La Dr Turvey enseigne au département de pédiatrie de la faculté de médecine de l’UBC.

L’exclusivité et la durée de l’allaitement étaient fortement associées à la composition globale du microbiote d’un bébé, explique le Dr Turvey.

Des conséquences sur la santé des enfants

Le microbiote est un élément essentiel dans le développement de notre système immunitaire, explique la Dre Hind Sbihi, chercheuse postdoctorale au département de pédiatrie de la faculté de médecine de l’UBC et coauteure de l’étude. Il faut penser au microbiote comme on pense à un chef d’orchestre, c’est lui qui va dire à notre système immunitaire comment réagir.

Selon les auteurs de l’article, le transfert de bactéries pendant l’allaitement pourrait contribuer à certains bénéfices pour la santé des enfants. Dans une cohorte de bambins étudiés, les chercheurs ont observé que ceux ayant reçu du lait tiré à la pompe étaient moins bien protégés contre l’asthme et l’obésité.

Nos résultats actuels suggèrent que ça pourrait être dû à une réduction du partage de bactéries par le lait maternel, écrivent les auteurs.

L’allaitement exclusif, c’est-à-dire un allaitement au sein pendant les six premiers mois de la vie est un facteur protecteur, détaille la Dre Sbihi. Plus on allaite un enfant au sein, plus on lui permet de mieux se protéger par rapport à différentes maladies plus tard dans la vie.

Ne pas faire porter tout le fardeau aux mères

L’allaitement n’était pas le point central de l’étude, qui portait d’abord sur les liens entre la prescription d’antibiotiques et le développement de l’asthme chez les enfants.

On a été capable de démontrer que, pour les touts petits qui ont entre zéro et un an et à qui on a prescrit des antibiotiques, le risque de développer de l'asthme à l’âge de cinq ans est plus que doublé.

Dre Hind Sbihi, chercheuse postdoctorale en pédiatrie, faculté de médecine, UBC

Les chercheurs voulaient cependant contrôler d’autres variables pouvant affecter le microbiote des enfants, dont l’allaitement.

La Dre Sbihi veut cependant être claire. On n’a pas envie de faire peser tout le poids sur les mamans, elles font ce qu’elles peuvent, dit-elle, soulignant qu’elle est elle-même mère.

Elle donne l’exemple de la naissance, qui a également une influence importante sur le microbiote du nouveau-né. Un bébé qui est né par césarienne est plus à risque de développer de l’asthme, mais parfois les mamans n’ont pas le choix, explique-t-elle.

Même chose pour les antibiotiques : ils sont parfois nécessaires et sont à la source de grandes avancées en santé publique. Ils doivent cependant être utilisés prudemment chez les enfants, conclut la Dre Sbihi.

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