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La ligne d’écoute pour les victimes d’agression sexuelle ne dérougit pas

Une femme dont le visage est caché par ses mains en premier plan, paume droite sur poing gauche.

La ligne d’écoute provinciale pour les victimes d'agression sexuelle reçoit un nombre important d’appels depuis quelques jours.

Photo : iStock

Radio-Canada

La vague de dénonciations d'inconduites sexuelles qui a surgi sur les réseaux sociaux depuis une semaine a suscité un nombre important d’appels sur la ligne d’écoute provinciale pour les victimes d'agression sexuelle, qui procure du soutien et de l’information à celles et ceux qui en ont besoin.

Beaucoup des questions posées étaient en lien direct avec le mouvement. Plusieurs personnes voulaient savoir ce qui leur arriverait si elles décidaient de nommer directement leur agresseur.

Devant ce flot d'appels, le Centre pour les victimes d’agression sexuelle de Montréal, qui gère la ligne d'aide téléphonique, a d’ailleurs publié jeudi, sur son compte Facebook, des lignes directrices pour les personnes qui désirent utiliser le web à des fins de dénonciation.

Le Centre y souligne les points positifs (raconter son histoire, faire un premier pas, s’exprimer dans un espace sécuritaire, entre autres) et les points négatifs d’une dénonciation en ligne (dont les risques d’une mise en demeure). Il suggère également des questions à se poser avant d’aller de l’avant.

Nous, comme organisme, on est là pour donner de l’information. On n’est pas là pour dire aux gens quoi faire, on est là pour écouter les gens, apporter du soutien, les référer vers les bonnes ressources et leur donner l’information la plus juste possible, explique Deborah Trent, la directrice du Centre.

C’est en discutant avec les intervenantes de la ligne d’écoute qui lui parlaient des appels reçus que Deborah Trent dit avoir pris conscience que quelque chose se passait. Pourquoi, tout d’un coup, depuis une semaine et demie, maximum deux semaines, on recevait plein d’appels portant sur les dénonciations?, raconte-t-elle.

Mme Trent s’est d’abord demandé si cela ne suivait pas les dénonciations chez Ubisoft et autres compagnies de jeux vidéos survenues en juin, pour ensuite se rendre compte que c’était une vague portée par le réseau Instagram.

« Reprendre du pouvoir sur leur vie »

Monique Villeneuve, directrice générale du Centre de prévention et d’intervention pour victimes d’agression sexuelle (CPIVAS), à Laval, pense pour sa part que ces soudains témoignages sont une réaction postconfinement.

On a été tellement devant devant nos écrans, nos médias sociaux, c’est comme si on continuait à les utiliser pour partager nos émotions. C’est aussi une manière de dire que le système judiciaire, on n’y croit pas, estime-t-elle.

Ce système parallèle, qui est en train de se créer pour dénoncer les situations d’abus sexuel, reflète simplement, croit-elle, le fait que de nombreuses victimes ne ressentent pas le besoin de demander réparation au système de justice.

Reprendre du pouvoir sur leur vie est déjà un travail extrêmement complexe. Elles n’ont pas nécessairement besoin de ce type de réparation là pour reprendre du pouvoir. Ça va être du travail sur elles, de se sentir moins mal, d’avoir des outils thérapeutiques qui sont plus personnels, explique Mme Villeneuve.

Quand on regarde les victimes au CPIVAS, celles qui vont porter plainte, ce n’est même pas 10 %, c’est à peine 5 %, ajoute-t-elle.

Les témoignages lus sur les réseaux sociaux, bien que de plus en plus nombreux, ne sont cependant que la pointe de l’iceberg. Au CPIVAS, qui a un programme de prévention dans les écoles depuis une quinzaine d’années et qui offre les services de thérapeutes, près de 80 % des demandes d’aide faites à l’organisme concernent des cas d’inceste, un sujet encore parmi les plus tabous.

Il est possible d'accéder à la ligne d’écoute pour les victimes d’agression sexuelle en composant le 1 888 933-9007.

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