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Une médecin exige des explications après la mort de son père dans un hôpital de Winnipeg

Jen Gunter souriante debout.

La Dre Jen Gunter est l'auteure du livre à succès ''The Vagina Bible''.

Photo : Radio-Canada / Turgut Yeter/CBC

Radio-Canada

La médecin et écrivaine Jen Gunter dénonce le traitement de son père à l’hôpital général Victoria de Winnipeg et réclame des réponses concernant les circonstances ayant mené à sa mort.

Je ne sais pas ce qui s'est réellement passé, parce que personne ne nous le dit. La frustration est difficile à expliquer, parce que je suis juste dans un vide d'information, affirme la Dre Jen Gunter, obstétricienne et gynécologue originaire de Winnipeg qui habite maintenant à San Francisco.

Son père âgé de 90 ans a été admis à l’Hôpita général Victoria à la fin du mois de décembre pour une pneumonie et une septicémie. La famille a attendu un mois avant d’obtenir une mise à jour d’un médecin sur son état, indique Jen Gunter.

Elle affirme qu’il n’y a presque pas eu de communication de la part de l’hôpital après cette conversation en janvier. La santé de son père s'est détériorée jusqu'à sa mort le 28 mars, indique la médecin.

C’était vraiment une période difficile. Il avait 90 ans et, évidemment, nous nous attendions à ce que quelque chose se produise à un moment donné, mais [toute cette situation] n'a fait qu'empirer les choses, poursuit la Dre Jen Gunter, ardente défenseure de la santé des femmes et critique de certaines tendances de beauté et de santé.

Elle est l'auteure du livre à succès The Vagina Bible.

La médecin a exprimé ses inquiétudes concernant l’hôpital à CBC/Radio-Canada en février. En plus des demandes d’information formulées en personne lors des visites, les membres de la famille ont à maintes reprises appelé l’hôpital, laissé des messages, mais rien ne semblait être pris au sérieux, indique Jen Gunter.

Un panneau qui affiche le centre de soins de santé pour les urgences non dangereuses de l'hôpital Victoria, après la fermeture de la salle d'urgence.

L'entrée de l'Hôpital général Victoria de Winnipeg

Photo : Radio-Canada

Chaque fois qu’un membre de sa famille ou elle-même appelait, dit-elle, on lui répondait que le responsable n’était pas là pour parler.

Jen Gunter ne pouvait pas venir à Winnipeg en raison des restrictions dues à la COVID-19.

Une fois, son père a arrêté de respirer et a dû être réanimé. Il a également développé des escarres, souligne la médecin.

Dénonciation sur Twitter

La médecin a appelé l'Office régional de la santé de Winnipeg et le service d'assistance téléphonique pour les mauvais traitements des aînés de l’Office de protection des personnes recevant des soins de Santé Manitoba.

J'ai appelé trois fois le 28 janvier pour signaler que l'état de santé de mon père se détériorait, que j'étais médecin et que je craignais vraiment qu'il soit maltraité, dit Jen Gunter, ajoutant que personne ne l'a jamais rappelé.

Elle n'a pas réussi à parler aux autorités sanitaires ou au personnel de l'hôpital jusqu'à ce qu'elle commence à publier ses préoccupations sur Twitter le 29 janvier. Jen Gunter est suivie par plus de 300 000 personnes sur le réseau social.

Lorsqu'elle analyse le cas de son père, elle s'inquiète des défis à relever par les proches de patients.

Je suis une médecin formée au Manitoba et je suis assez connue. Si malgré cela je ne parviens pas à obtenir des informations de l’Hôpital Victoria sur la santé de mon père, comment quelqu’un d’autre pourrait-il obtenir des informations, s’interroge-t-elle.

Incident critique

Elle est également fâchée que la demande de son père d’être placé dans un lieu spécialisé en soins palliatifs ait été refusée.

Il ne voulait pas mourir dans un foyer de soins. La seule chose sur laquelle il avait le contrôle, c'était le lieu de sa mort. Ils ont dit qu'il n'était pas assez malade, poursuit Jen Gunter.

Trois ou quatre jours plus tard, on lui a accordé l'aide médicale à mourir. Comment peut-on ne pas être assez malade pour les soins palliatifs, mais assez malade pour l'aide médicale à mourir?, se demande-t-elle.

Jen Gunter a formulé une plainte contre l'Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW), mais n'a pas vu le rapport à ce sujet.

Apparemment, ils ne me l’enverront pas, alors nous ne sommes pas autorisés à [connaître le contenu]. Ce qu'on nous a dit […], c'est qu'il y a eu un incident critique, dit-elle. Incident critique est le terme utilisé par l'ORSW pour des problèmes de santé ou de mauvaises issues de traitements causés par des erreurs médicales ou encore des problèmes comme un manque de communication.

En réponse aux questions de CBC/Radio-Canada, un porte-parole de l’ORSW a indiqué que la région sanitaire avait effectué un examen des soins reçus par M. Gunter à l’hôpital. Les résultats seront partagés avec la famille et feront l’objet de discussions lors d’une prochaine rencontre.

Il a ajouté qu’il ne parlerait pas de l’état de santé d’un patient pour des raisons de confidentialité. L'ORSW a toutefois précisé que la direction de l'hôpital était régulièrement en contact avec la famille de M. Gunter pendant et après l’hospitalisation du patient.

C’est un mensonge. C’est absolument un mensonge, lance Jen Gunter. L’Office régional de la santé de Winnipeg n’a jamais tenté de me joindre. Voilà la vérité.

Avec les informations de Darren Bernhardt, Trevor Dineen, et de Wendy Parker

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