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Une « invasion » de cerfs de Virginie causée par l’industrie pétrolière

Un cerf de Virginie.

Un cerf de Virginie a profité du développement humain pour accroître la superficie de son habitat.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les cerfs de Virginie sont devenus trop nombreux dans l’écosystème de la forêt boréale du nord albertain, notamment en raison de la présence de l’industrie pétrolière. Cette « invasion », comme la qualifie une étude publiée dans la revue Nature, serait néfaste à l’équilibre de l’écosystème dans la région de Fort McMurray.

Il s’agit d’une invasion de cerfs, dit le professeur en écologie sauvage Jason Fisher, de l’Université de Victoria, et auteur de l’étude sur l'influence des changements du paysage et du climat sur les populations de cerfs de Virginie dans les forêts du nord, publiée dans la revue Nature.

Ils sont partout dans le paysage et ils élargissent leur habitat. Comme ils ont des effets négatifs sur l'écosystème, ils pourraient vraiment être considérés comme une espèce envahissante.

Jason Fisher, professeur en écologie sauvage de l’Université de Victoria

À l’aide de 62 caméras, les chercheurs ont pris des photos de l’habitat pendant trois ans et des cerfs de Virginie apparaissaient sur 80 % des quelque 141 000 clichés amassés. Cette forte présence est un fait totalement nouveau, selon Jason Fisher, qui constate que cette augmentation a été particulièrement marquée durant la dernière décennie.

Un cerf de Virginie.

Les populations locales de cerfs ont pu remonter, même après les hivers les plus rudes.

Photo : Jason Fisher

La perte de forêts mature en raison du développement de l’industrie pétrolière et gazière dans la région est le principal moteur de cette augmentation, soutient le chercheur.

Cette modification du paysage leur a donné accès à de nouveaux terrains d'alimentation, ce qui leur a permis de résister à des saisons difficiles, alors qu'ils pourraient normalement mourir de faim, ajoute-t-il.

Ce n'est pas un problème entièrement lié aux changements climatiques, précise-t-il. Tant qu'il y aura une perturbation continue du paysage, les cerfs de Virginie resteront.

Déséquilibre de l’écosystème

N’étant pas originaire de la forêt boréale, la population de cerfs prospère au détriment d’autres espèces, notamment des populations plus à risque, comme le caribou forestier, affirme Jason Fisher.

Les cerfs créent notamment un déséquilibre dans la chaîne alimentaire naturelle de la région en rivalisant avec d'autres animaux pour la nourriture et en attirant plus de prédateurs, tels que les loups.

Loup dans la neige.

Un nombre plus élevé de cerfs de Virginie attire des loups dans la région, ce qui exerce une pression accrue sur les populations fragiles de caribous des bois.

Photo : Jason Fisher

Ils n'ont pas évolué pour se déplacer rapidement sur la neige comme le font les caribous. Ce sont donc des cibles faciles pour les loups. Avec plus de loups dans les environs, les caribous sont plus durement frappés par ce prédateur.

Une présence historiquement liée à celle des humains

Normalement confinés à la côte est, les cerfs de Virginie ont étendu leur territoire à travers le continent, notamment grâce à la déforestation créée par l’agriculture. Dans le nord, ils ont profité des zones de pâturage créées par les lignes sismiques et des bâtiments industriels.

L'augmentation que nous constatons maintenant en Alberta est essentiellement la continuation de ce processus, dit le chercheur. L'Alberta a des cerfs dans le sud depuis que nous avons l'agriculture. Mais le déplacement vers le nord est un phénomène assez récent.

Avec les informations de Wallis Snowdon

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