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Les francophones de Toronto veulent être inclus dans les comités de relance de la Ville

Ils réclament aussi la création d'un Bureau francophone à la Ville.

Vue contre-plongée de l'hôtel de ville de Toronto, en Ontario.

Les membres du Comité des affaires francophones de Toronto ont réclamé la création d'un Bureau francophone au sein de la Ville.

Photo : Pixabay / Scott Webb

Durant le premier Comité consultatif francophone de la ville de Toronto depuis le début de l’épidémie de COVID-19, les membres ont manifesté beaucoup d’inquiétude envers les francophones défavorisés, notamment les nouveaux arrivants et les femmes.

Ils souhaitent par ailleurs voir la Municipalité inclure la communauté francophone au sein de ses comités de planification de relance économique.

La rencontre, d’un peu plus de deux heures, s’est tenue en ligne vendredi matin et s’est déroulée en deux temps. La première partie, menée par une présentation de la médecin hygiéniste adjointe, la Dre Vinita Dubey, était consacrée à la gestion de la COVID-19 par la santé publique torontoise.

Pas d’information sur la langue parlée

Plusieurs membres du Comité, comme Carlo Handy Charles, ont regretté qu’aucune des données colligées dans le cadre du traçage des cas de COVID-19 par la santé publique de la ville ne comprennent la langue parlée.

Pourquoi la langue parlée n’est-elle pas considérée?, a demandé le doctorant en sociologie de l’Université McMaster.

La Dre Vinita Dubey répond que lorsque les questionnaires ont été élaborés par les autorités sanitaires, il a fallu restreindre le nombre de questions. Le critère de la langue n’a pas été jugé essentiel à ce moment-là, dit-elle, mais elle indique que Santé publique de Toronto réfléchit à comment collecter prochainement des données supplémentaires, incluant la langue.

Le président de la branche torontoise de l’Association des communautés francophones de l'Ontario (ACFO) et vice-président du Comité, Serge Paul, a insisté sur ce besoin.

Dans notre communauté francophone, on a des gens qui parlent très mal anglais. Je vous conseillerais de prendre en compte les barrières de la langue, car ça peut créer des problèmes au niveau de la communication et des problèmes au niveau de la deuxième vague.

Serge Paul, président, ACFO-Toronto

La seule information disponible concernant la population francophone et la COVID-19 est que les quartiers où le pourcentage de population francophone est le plus élevé ne figurent pas parmi le 15 quartiers les plus touchés par le virus.

Capture d'écran d'une diapositive de présentation de la Santé publique de Toronto.

La présentation de la médecin hygiéniste adjointe, Dre Vinita Dubey, indique que les quartiers où les francophones sont en plus grand nombre ne sont pas partie des quartiers les plus touchés par la COVID-19.

Photo : Ville de Toronto

Travailler avec les groupes communautaires pour comprendre les barrières

Concernant les mesures préventives concernant les populations immigrantes, plus durement touchées par le virus et dont une partie est francophone, la médecin hygiéniste a précisé que la santé publique travaille de près avec les groupes communautaires. La première prévention, c’est le dépistage, soutient-elle.

La seconde, sur laquelle il faut encore travailler, c’est de comprendre quelles sont les barrières et les facteurs de risque pour ces communautés. Est-ce que c’est la forte densité de population? est-ce que c’est l’absence de distanciation physique au travail, est-ce que c’est le transport pour s’y rendre? Nous ne sommes pas sûrs de savoir, explique la Dre Dubey.

Maintenant que le nombre de nouveaux cas quotidiens diminue, c’est le bon moment pour travailler avec les groupes communautaires pour trouver ces réponses, dans l'éventualité d’une seconde vague, a-t-elle ajouté.

Un bureau francophone pour la Ville

La seconde partie de la rencontre portait sur une présentation de la Stratégie de redressement et de reconstruction de Toronto par son responsable, Saäd Rafi.

La membre du Comité et directrice de l’organisme Oasis centre des femmes, Dada Gasirabo, a dénoncé le manque d’information en français à ce propos. Elle a regretté, par exemple, que la communication concernant un programme d’accès abordable à internet n’a été faite qu’en anglais et que les organismes francophones n’aient pas été informés.

Il y a des choses qui nous échappent comme francophones, a-t-elle lancé.

Toronto devrait avoir un bureau francophone pour nous faire savoir ce qu’il se passe, pour pouvoir avoir un lien continu avec la Ville.

Dada Gasirabo, directrice, Oasis centre des femmes

Trois recommandations sont ressorties de ces échanges, a précisé en entrevue Serge Paul.

La première est la mise sur pied d’un Bureau francophone à Toronto, pour qu’on puisse être à bord de toutes les décisions, rapporte le président de l’ACFO-Toronto.

De l’aide au niveau événementiel a également été réclamée, un point abordé par Dominic Mailloux, autre membre du Comité. Les francophones n’ayant pas de quartier particulier à Toronto, mais étant au contraire étalés à travers la ville, les événements communautaires sont une façon de se réunir et de conserver son dynamisme. Avec la crise, l’événementiel a pris un coup, le virtuel ne fait pas tout, a-t-il argumenté.

Marcelle Lean, directrice de CinéFranco et également membre du Comité, a évoqué le cas de son festival de cinéma francophone et réitéré l’importance de l’aide financière de la Ville.

Portrait de Marcelle

Marcelle Lean, directrice artistique et générale du festival Cinefranco

Photo : Marcelle Lean

Nous avons présenté un Programme de redressement des festivals culturels pour assister les organisations qui ont été affectées et nous ferons bientôt une première vague d’annonces à propos de ce financement, a répondu Patrick Tobin, le directeur du Service des arts et de la culture de la Ville.

Enfin, il a également été demandé que les francophones fassent partie des comités de relance, afin que la communauté ne se fasse pas imposer les décisions, mais puisse en être partie prenante.

La présidente du Comité, la conseillère municipale Jennifer McKelvie, a conclu en demandant aux membres du comité de continuer à consulter et à inviter leurs communautés à partager leurs avis concernant le plan de relance. Plus on aura de voix, meilleure sera la stratégie.

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