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Emmaville, un village disparu de la Saskatchewan en raison du chemin de fer

Voici une photo de l'école d'Emmaville, ouverte en 1909 jusqu'en juin 1953. Elle fut ensuite utilisée comme église jusqu'en 1958.

Photo : Photo : John et Alice Peterson

Radio-Canada

Le village d’Emmaville est un autre village canadien-français de la Saskatchewan qui a disparu en raison de l'arrivée du chemin de fer.

Avant l’arrivée des Canadiens français, les Métis fréquentaient la région de Paradise Hill, ou Butte du paradis, depuis longtemps déjà. Ils avaient surnommé l’endroit petite montagne à la biche en raison de la hauteur du terrain.

C'est là que les Métis chassaient l'élan lorsque la viande de bison se faisait plus rare de l'autre côté de la rivière ou simplement lorsqu’ils souhaitaient un changement à leur menu quotidien.

Les familles métisses venaient également dans la région pour ramasser des oignons, cueillir des racines ainsi qu’une grande variété de baies sauvages. La piste d'Onion Lake passait à proximité de la petite montagne à la biche pour rejoindre la piste Carlton, précise l’historien fransaskois Laurier Gareau.

L’arrivée de l’homme blanc

Les premiers colons canadiens-français sont venus s’établir dans la région au début des années 1880. Les frères Béliveau sont arrivés à la Butte du paradis aux alentours de 1885, mais il y a également eu des ranchs établis par Michel Côté, Étienne Roussel et Joe Amirault.

Certains ont attribué aux frères Alphonse et Ernest Béliveau le nom de la Butte du paradis, souligne Laurier Gareau. Selon les histoires, ils étaient si heureux de revoir leurs ranchs à leur retour du Klondike, vers 1903, qu’ils ont proclamé la butte un vrai paradis.

Par la suite, d’autres colons français et canadiens-français sont venus s’établir dans la région, ainsi que des colons russes, allemands et polonais.

L’apparition de plusieurs petites communautés

Aux alentours de 1910, une chicane entre le missionnaire colonisateur Philippe-Antoine Bérubé et un groupe de colons poussent un important contingent à abandonner le curé pour retourner à Prince Albert.

À leur retour, certains décident de fonder les communautés de Henribourg et d’Albertville, au nord de Prince Albert, alors que d’autres sont allés établir les villages d’Arborfield et de Zenon Park, dans le nord-est de la Saskatchewan.

Puis, deux colons décident de prendre des homesteads à la Butte du paradis après une rencontre avec Benjamin Prince, un rancher des Battleford.

Tout cela mène à la création de plusieurs hameaux francophones dans la région, dont Emmaville, Charlotte et Butte Saint-Pierre.

Carte mettant en évidence Emmaville, Lloydminster, Paradise Hill et North Battelford.

Le territoire d'Emmaville, très proche de la frontière entre l'Alberta et la Saskatchewan.

Photo : Capture d'écran

Emmaville a la distinction d’avoir eu le premier bureau de poste de la région en 1902. Le nom du bureau de poste honorait la première maîtresse de poste, Emma Roussel, épouse d’Étienne Roussel, raconte Laurier Gareau.

Lorsque la paroisse Sainte-Marguerite d’Emmaville voit le jour, en 1910, il est possible que le bureau de poste ait déménagé près de l’église.

Le premier curé a été l’abbé Clovis Mollier, un jeune Français nouvellement ordonné prêtre à Prince Albert, précise Laurier Gareau, ajoutant que le jeune curé a raconté ses aventures dans la région d’Emmaville dans deux romans qu’il a publiés une quarantaine d’années plus tard.

Le hameau d’Emmaville prend de l’expansion vers 1915. En plus de l’église et du bureau de poste, il y avait aussi une école et un magasin général.

Le bureau de poste d’Emmaville a fermé ses portes en 1920

Une clôture blanche avec une enseigne indiquant le cimetière d'Emmaville entoure le cimetière situé le long d'un cours d'eau.

Ce n’est qu’en 1980 que le cimetière a été rétabli et qu’un monument avec la première cloche d’église a été construit avec une courte histoire de la paroisse et les noms de toutes les personnes enterrées dans le cimetière.

Photo : Photo: Dean Weckman

Le chemin de fer

Quand le chemin de fer du Canadien National est construit dans la région de la Butte du paradis, on évite le hameau d’Emmaville pour établir un nouveau village à St. Walburg, à quelques kilomètres à l’est du village francophone.

Cette décision cause une dispute entre les paroissiens d’Emmaville. Certains souhaitent que l’église demeure là où elle est, alors que d’autres demandent qu’elle soit transférée à St. Walburg.

Un autre de nos premiers villages francophones qui a disparu à cause du chemin de fer.

Laurier Gareau

En 1922, le curé a choisi de prendre résidence à St. Walburg. Quelques années plus tard, en 1926, le presbytère déménage à St. Walburg et l’église d’Emmaville est vendue. Il ne resterait dans le village francophone que le cimetière qui, abandonné, est retourné à la nature.

Ce n’est qu’en 1980 que le cimetière a été rétabli et qu’un monument avec la première cloche d’église a été construit avec une courte histoire de la paroisse et les noms de toutes les personnes enterrées dans le cimetière, ajoute Laurier Gareau.

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