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Gilles Villeneuve, entre candeur et détermination

Visage souriant de Gilles Villeneuve.

Le pilote Gilles Villeneuve entre dans la légende à la suite de son tragique décès, le 8 mai 1982, sur le circuit de Zolder, en Belgique.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Même s’il n’est jamais devenu champion du monde en raison du tragique accident qui lui a coûté la vie en 1982, le pilote de Formule 1 Gilles Villeneuve est entré dans la légende et dans le cœur des Québécois à tout jamais. À travers de grandes entrevues et portraits tirés de nos archives, découvrez cet amoureux de la vitesse à la personnalité à la fois candide, drôle et déterminée.

De la motoneige à la Formule atlantique

Il y a des moments où c’est très difficile et c’est dans ces moments qu’il ne faut surtout pas lâcher.

Gilles Villeneuve

Gilles Villeneuve est le premier pilote québécois à atteindre la Formule 1.

Né dans une petite ville où la Formule 1 passe inaperçue, Gilles Villeneuve n'a rien pour faire sa place dans le grand cirque de la F1, mis à part son immense talent. Avec un peu de chance et beaucoup de détermination, il gravira les échelons, se fera remarquer et se fera embaucher par la plus prestigieuse des écuries : Ferrari.

Sa conduite spectaculaire, son audace et ses dépassements mémorables feront de lui un des pilotes les plus appréciés de la grande famille de la F1.

Ce portrait diffusé un an après sa mort, simplement intitulé Gilles Villeneuve, retrace sa carrière et ses courses les plus mémorables.

Gilles Villeneuve, 7 juin 1983

Gilles Villeneuve voit le jour à Chambly, le 18 janvier 1950. Sa famille déménage à Berthierville alors qu’il n'a que huit ans.

En plus de leur inculquer le sens de la perfection et du travail bien fait, son père Séville transmet à ses deux fils le goût de la vitesse.

Mon père aimait la vitesse. Il a eu sa bonne part de contraventions. Je lui disais toujours "plus vite, dépasse ce monsieur! "

Gilles Villeneuve

Le pilote se raconte à Jean Pagé à l’émission Hors-jeu en 1978. Une entrevue réalisée peu de temps avant que Gilles Villeneuve ne se joigne à l’équipe de Ferrari.

Le pilote de Berthier se marie à 19 ans avec Joann Barthe, avec qui il a deux enfants, Jacques et Mélanie. Pour faire vivre sa famille, il entreprend des courses de motoneige en 1969, un domaine dans lequel il excelle et cumule les titres.

Gilles Villeneuve se passionne également pour la mécanique. Comme il l’explique à Jean Pagé, il conçoit de A à Z une motoneige modifiée où le pilote est à l’avant et où le moteur est installé à l’arrière du véhicule muni de deux chenilles plus petites que la motoneige traditionnelle.

La motoneige sera pour lui un tremplin vers la course automobile.

En 1974, après des succès en Formule Ford, il signe un contrat pour la Formule atlantique. Il doit trouver 20 000 $ pour commencer la saison. Déterminé, mais fauché, il décide de vendre sa maison mobile pour pouvoir courir.

Sa force de caractère et ses dons innés de pilote ont vite fait de le hisser au sommet de la Formule atlantique, si bien qu’en 1976, il obtient neuf victoires en dix courses.

Lors de cette entrevue avec le journaliste Jean Pagé, il est aussi question de préparation mentale avant la course. Gilles Villeneuve avoue penser continuellement à son parcours. La précision est de mise et les pilotes n’ont pas le droit à l’erreur.

C’est tellement précis, si le point de freinage est de 300 pieds avant la courbe ce n’est pas 298 pieds, c’est 300 pieds.

Gilles Villeneuve

Lors du Grand Prix de Trois-Rivières en 1976, il réussit l’exploit de dominer la course devant des pilotes chevronnés. L’un d’eux, le Britannique James Hunt, le remarquera et le recommandera à son employeur, McLaren.

Le 16 juillet 1977, à Silverstone, au Grand Prix d'Angleterre, Villeneuve dévoile aux yeux du monde son immense talent. Au volant d'une McLaren M23 vieille de un an, il se classe neuvième à l'issue des qualifications, devant le pilote numéro deux de l'écurie, l'Allemand Jochen Mass.

Impressionné par la fougue et le talent du jeune pilote, Enzo Ferrari l’invite à se joindre à son équipe.

Bienvenue chez Ferrari

Dans ce reportage de l’émission Télémag du 25 octobre 1977, le journaliste François Perreault s’entretient avec le pilote qui vient de se joindre à l’écurie Ferrari.

Télémag, 25 octobre 1977

Il commence la saison 1978 avec Carlos Reutemann comme partenaire. Une saison difficile pour le pilote de Berthier.

À la première course de la saison, en Argentine, il obtient une intéressante huitième place, malgré un mauvais choix de pneus. Des accrochages avec Ronnie Peterson, au Brésil, et Clay Regazzoni, à Long Beach, aux États-Unis, alors qu'il mène à la mi-course, le forcent à abandonner. À Monaco, il percute un mur à la suite d'une perte de contrôle due à un bris mécanique.

Tranquillement, les doutes s'installent sur lui, aussi bien au Québec qu'en Italie. La presse italienne ne sera pas tendre à son égard.

Il inscrit ses premiers points aux championnats à Zolder, en Belgique, alors qu'il est le seul à tenir tête à Mario Andretti. Il conclut la course au quatrième rang en dépit d'un tour au ralenti et d'une crevaison.

À partir de ce moment, le vent tourne pour lui. Villeneuve, qui n'a complété que deux des sept premiers Grands Prix, termine neuf des onze dernières courses de la saison.

Il conclut sa saison avec panache grâce à une victoire au Grand Prix du Canada, devant les siens, à Montréal le 8 octobre 1978.

La victoire est bienvenue pour Villeneuve, qui avait connu une saison difficile, avec plusieurs voitures endommagées et des ennuis mécaniques.

Les victoires continueront de s’accumuler en 1979. Cette année-là, le pilote monte sur les podiums des Grands Prix d’Afrique du Sud, de Long Beach et de Watkins.

En 1981, d’autres gains s’ajoutent aux palmarès de Gilles Villeneuve à Monaco et Jarama en Espagne.

Téléjournal, 6 octobre 1978

Au Téléjournal du 6 octobre 1978, Gilles Villeneuve répond aux questions de la journaliste Marie-Hélène Poirier.

Il est question de sa famille, de l’adaptation à la vie européenne, de sa carrière de pilote en F1 et des dangers liés à son métier.

À l'issue de la saison 1977, Gilles Villeneuve et sa famille doivent quitter le village de Berthierville pour s'établir non loin des usines Ferrari.

Villeneuve gagne assez d'argent pour s'acheter une belle villa non loin de Cannes, dans le sud de la France, mais la famille continue de vivre dans un grand motorisé. Gilles Villeneuve amène sa famille partout où il court. Il indique que la nourriture américaine lui manque, que malgré la limite de vitesse de 100 km sur nos autoroutes, il préfère vivre au Québec.

Il raconte les avantages de vivre sur le circuit.

Pour les autres pilotes, c’est différent, ils ont souvent une bonne à la maison qui s’occupe de leurs enfants, pour nous, ce n’est absolument pas concevable

Gilles Villeneuve

Une fin de carrière abrupte

La course du 25 avril 1982 à Imola sera sa dernière.

Toujours le favori de la foule, Gilles s'empare de la première place après l'abandon des deux Renault. Mais son coéquipier, Didier Pironi, ne respecte pas la consigne de laisser le pilote numéro un gagner et vole la victoire. Villeneuve se sent trahi, lui qui a toujours respecté cette tradition au moment où il était le deuxième pilote de la Scuderia.

Ferrari baigne dans une terrible ambiance de malaise. Gilles est en conflit avec des membres de Ferrari et songe à quitter l'équipe. C'est donc avec beaucoup d'amertume et de colère qu'il se présente à Zolder.

À la première journée d'essais, Villeneuve termine cinquième devant Pironi. La deuxième journée d'essais sera fatale.

Téléjournal, 8 mai 1982

Le 8 mai 1982 au Téléjournal, l’animatrice Louise Arcand annonce le décès tragique du pilote québécois.

Un décès qui met un terme abrupt à une brillante carrière couronnée par une solide renommée internationale.

Louise Arcand

Le journaliste Paul-André Comeau relate l’accident dans son reportage de Louvain en Belgique.

Durant la dernière épreuve de classification en prévision du Grand Prix de Belgique à Zolder, la Ferrari de Villeneuve se scinde en deux sur le circuit après un accrochage avec la voiture du coureur Jochen Mass. Le corps du pilote de Berthier est projeté avec une violence inouïe et va choir contre la clôture.

Si l'accident a lieu à 13 h 52, le décès n'est confirmé qu'à 21 h 12. Le dossier médical de l'hôpital de l'Université Saint-Raphaël, à Louvain, démontre que l'impact a été si puissant qu'il a failli le décapiter. Villeneuve a subi plusieurs fractures de vertèbres cervicales, et sa moelle épinière a été sectionnée. C'est sa femme, Joann, qui accepte que les appareils le maintenant artificiellement en vie soient débranchés.

La dépouille de Gilles Villeneuve est rapatriée à Berthierville le lendemain. À cette fin, un Boeing 707 a été dépêché par l'armée canadienne. Le corps de Villeneuve est exposé au centre culturel de Berthierville. Près de 5000 admirateurs viennent lui rendre un dernier hommage.

Les funérailles ont lieu le mercredi 12 mai, à l'église Sainte-Geneviève-de-Berthier. Les obsèques sont dignes de celles d'un chef d'État. Des personnalités, comme le premier ministre Pierre Elliott Trudeau, le cardinal Léger et René Lévesque, sont venues témoigner leur affection.

Gilles Villeneuve était un véritable héros en Italie également. À Maranello, où se trouvent les usines Ferrari, une statue de bronze est érigée en son honneur. La route qui relie Fiorano à Maranello s'appelle aujourd'hui l'avenue Gilles-Villeneuve.

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