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Il y a 20 ans disparaissait Louis Quilico, une grande voix de l’opéra canadien

Louis Quilico interprétant le rôle de Rigoletto en 1979.

Le baryton d'origine canadienne Louis Quilico est décédé le 15 juillet 2000.

Photo : Radio-Canada / André Le Coz

Radio-Canada

Le 15 juillet 2000 s’éteignait Louis Quilico à Toronto. Ce baryton a été une des grandes voix de l’opéra canadien au 20e siècle.

Monsieur Rigoletto n’est plus…

C’est un géant de l’opéra qui s’éteint. Une carrière de 45 ans durant laquelle il a incarné plus de 80 rôles majeurs dans des productions prestigieuses.

Claude Frigon, 15 juillet 2000
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Téléjournal, 15 juillet 2000

Le 15 juillet 2000, le journaliste Claude Frigon présente au Téléjournal, animé ce jour-là par Solveig Miller, une courte biographie du ténor Louis Quilico.

Louis Quilico possédait un surnom : Monsieur Rigoletto.

Entre 1962 et 1994, il a en effet joué le bouffon du duc de Mantoue, rôle principal de l’opéra Rigoletto de Giuseppe Verdi, au moins 500 fois sur les plus grandes scènes du monde.

Il a joué pour la dernière fois le rôle de Rigoletto en septembre 1994 à Ottawa.

À son décès, on a dit que c’était Rigoletto lui-même qui mourait.

Louis Quilico commence sa carrière de chanteur d’opéra en 1954 avec l'Opera Guild de Montréal.

Le chanteur deviendra un invité fréquent de certaines émissions de musique classique présentées à Radio-Canada, notamment L’Heure du concert.

Sa voix basse et son timbre onctueux lui ouvrent les portes de la maison d’opéra du Covent Garden de Londres, de l’Opéra de Paris et du Metropolitan Opera de New York, où il demeurera en résidence pendant 25 saisons consécutives.

En 1987, Louis Quilico chante avec son fils Gino dans l’opéra Manon de Jules Massenet.

C’est la première fois de l’histoire du Metropolitan Opera de New York qu’une telle chose se produisait. Louis Quilico en a tiré une très grande fierté.

L’homme qui chantait à l’oreille des vaches

C’est un destin hors du commun et inattendu qu’a connu Louis Quilico.

Son père possédait une boutique de vélos située sur la rue Saint-Denis de Montréal. Malgré ses origines italiennes, il n’était pas très favorable à ce que son fils devienne chanteur d’opéra.

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La bande des six, 16 novembre 1991

L’animatrice de La bande des six Suzanne Lévesque interviewe Louis Quilico le 16 novembre 1991 alors qu’il est de passage à Montréal pour interpréter le rôle de Rigoletto à l’Opéra de Montréal.

Le chanteur parle de ce moment magique partagé avec Gino Quilico sur les planches du théâtre du Metropolitan Opera de New York.

Il confie par ailleurs que c’est son épouse, la pianiste de concert Lina Pizzolongo, qui lui a révélé la valeur de sa voix.

Il dit affectueusement que sa femme, c’était comme son conservatoire. « J’étais trop pauvre pour me payer le conservatoire, alors j’ai marié le conservatoire. »

Suzanne Lévesque fait par ailleurs raconter à Louis Quilico une histoire amusante.

On y apprend que le chant du baryton a un effet apaisant sur les vaches et les bœufs.

Ce don a été particulièrement utile à Louis Quilico quand un capitaine lui a demandé de chanter pour calmer des vaches apeurées qui risquaient de faire échouer son bateau pris dans une tempête.

On peut aussi entendre dans cet extrait quelques mesures de Rigoletto chantées par Louis Quilico.

Rentrer dans la peau d’un personnage

En 1983, Louis Quilico vient dans la métropole du Québec pour y interpréter, à l’Opéra de Montréal, le rôle de Macbeth dans l’œuvre du même nom de Guiseppe Verdi.

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Au jour le jour, 30 mai 1983

Dans une entrevue accordée au journaliste Daniel Pinard et présentée à l’émission Au jour le jour du 30 mai 1983, Louis Quilico explique sa conception de l’interprétation d’un rôle à l’opéra.

Louis Quilico a interprété le personnage de Macbeth au moins une centaine de fois.

Il a déjà joué ce rôle auparavant à Montréal il y a une dizaine d’années dans une production de Radio-Canada.

Mais le Macbeth qu’il proposera aux Montréalais sera un nouveau visage du personnage développé au cours des années.

Pour Louis Quilico, la théâtralité semble avoir plus d’importance dans l’interprétation que le chant même.

L’opéra pour lui, c’est du théâtre chanté.

Dans ce contexte, Louis Quilico accorde beaucoup d’attention à la gestuelle qui a aussi beaucoup d’importance pour le spectateur.

L’extrait d’Au jour le jour nous permet de voir Louis Quilico en répétition.

On observe qu’il met en pratique ce dont il a parlé au journaliste Daniel Pinard et qu’il porte une attention particulière à ses gestes et à l'expression dramatique du personnage.

Louis Quilico a aussi enseigné jusqu'à la fin de sa vie.

Son héritage peut donc s'entendre autant dans les disques qu'il a enregistrés que sur les scènes lyriques un peu partout dans le monde.

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