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Les Singapouriens votent sous strict contrôle sanitaire

Des gens sont dans un isoloir et votent.

Les 2,65 millions d'électeurs du pays de près de 6 millions d'habitants sont appelés à aller voter en toute sécurité.

Photo : Associated Press

Agence France-Presse

Portant des masques et des gants de protection, les Singapouriens votent, vendredi, pour des élections législatives sous strict contrôle sanitaire dans la cité-État d'Asie du Sud-Est qui espère avoir surmonté l'épidémie de coronavirus.

Le Parti d'action populaire (PAP), au pouvoir depuis l'indépendance, devrait garder la majorité face à une opposition divisée, mais les analystes peinent à prédire si la crise du coronavirus va renforcer ou affaiblir le gouvernement en place.

Les rassemblements ont été interdits pour éviter les risques de nouvelles contaminations, mais la campagne en ligne a été animée avec des événements en direct sur Zoom ou Facebook.

Les Singapouriens doivent voter jusqu'à 20 h, heure locale, dans un créneau horaire strict de deux heures qui leur a été alloué pour respecter la distanciation physique.

Par précaution, les personnes âgées avaient été invitées à voter en premier en matinée. Les résultats sont attendus samedi matin.

Je pense que [les mesures] devraient être suffisantes pour que tout le monde soit en sécurité [...] tout devrait bien se passer,

Terence Ng, un électeur de 22 ans

De longues files d'attente se sont néanmoins formées, le matin, devant certains bureaux en raison des procédures de vérification, et les autorités ont incité les électeurs à vérifier la situation dans leur quartier avant de se déplacer.

Le coronavirus

La riche île d'Asie du Sud-Est a été l'un des premiers pays touchés par l'épidémie de coronavirus du fait de ses liens étroits avec la Chine.

Mais c'est une seconde vague de contamination issue des foyers de travailleurs migrants en avril qui l'a le plus affectée et l'a contrainte à instaurer un confinement jusqu'à la mi-juin.

Singapour a enregistré plus de 45 000 cas de contamination, mais les décès sont restés limités à 26.

Lee Hsien Loong porte un masque et des gants et lève le bras gauche.

Le premier ministre de Singapour Lee Hsien Loong.

Photo : Associated Press

L'opposition a critiqué la convocation d'élections, accusant le PAP d'être irresponsable, mais les autorités ont rétorqué que le pays avait repris le contrôle sur l'épidémie et que les 2,65 millions d'électeurs du pays de près de 6 millions d'habitants pouvaient aller voter en sécurité.

Le premier ministre Lee Hsien Loong, en course pour un dernier mandat, a estimé que la pandémie était la crise d'une génération et a présenté son parti comme un vecteur de stabilité qui devrait permettre à la cité-État de traverser cette épreuve.

Le centre financier et commercial a été durement frappé par la crise économique provoquée par la pandémie et devrait connaître cette année une grave récession. Le gouvernement a injecté près de 100 milliards de dollars singapouriens (72 milliards de dollars) pour soutenir l'économie.

Deux frères se font la lutte

Si l'opposition reste faible, elle apparaît renforcée pour ce scrutin par le soutien du frère du premier ministre, Lee Hsien Yang.

Les deux fils du fondateur de Singapour en tant qu'État indépendant, Lee Kuan Yew, sont en conflit, et le frère du premier ministre a décidé de se présenter contre le parti au pouvoir.

Voter pour l'opposition est le choix le plus sûr pour Singapour, il ne s'agit pas de "renverser la barque", mais de la sauver pour éviter le naufrage.

Lee Hsien Yang

L'inquiétude pour les emplois et la réponse du gouvernement à la pandémie ont été les sujets les plus brûlants de la campagne.

Le parti PAP a présidé à la transformation de Singapour en une société à la pointe de la technologie et l'une des plus riches au monde.

Mais Singapour est aussi critiquée pour son autoritarisme et le parti pouvoir a été accusé d'avoir utilisé une loi controversée sur la désinformation pour brider toute opposition.

Ce scrutin est aussi une étape clé dans un processus de transition du pouvoir minutieusement orchestré, qui devrait voir le premier ministre issu de la famille fondatrice se retirer au profit d'un successeur choisi à l'avance.

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