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Les créanciers du Cirque du Soleil se positionnent pour reprendre l'entreprise

Trois femmes posent en costume noir et blanc.

Le plan de relance du Cirque du Soleil fait l'objet d'un litige.

Photo : afp via getty images / ED JONES

La Presse canadienne

Les créanciers du Cirque du Soleil, qui critiquaient la stratégie de relance devant permettre à l'entreprise de divertissement de retrouver un équilibre, semblent désormais en voie de faire pencher le balancier en leur faveur.

Ce groupe de prêteurs aura l'occasion de continuer à négocier avec les conseillers du Cirque afin de conclure une entente qui serait considérée comme soumission d'amorce en lever de rideau du processus d'enchères visant à déterminer qui sera le nouveau propriétaire de la compagnie.

Si les deux parties trouvent un terrain d'entente, la proposition viendrait écarter la convention d'achat annoncée avec les actionnaires actuels (le fonds texan TPG Capital, la firme chinoise Fosun et la Caisse de dépôt et placement du Québec) le 29 juin lorsque l'entreprise s'est placée à l'abri de ses créanciers.

Nous estimions qu'une entente négociée constituait le scénario optimal pour les deux parties. Les deux parties ont travaillé très fort au cours des derniers jours.

Martin Rosenthal, de la firme Ernst & Young, qui agit comme contrôleur au dossier

L'audience, qui se déroulait devant le juge Louis Gouin, devait en principe donner le coup d'envoi de l'encan, mais elle a plutôt donné une nouvelle tournure à ce dossier largement médiatisé.

Selon ce qui a été présenté, les créanciers, qui détiennent la dette garantie d'environ 1 milliard de dollars américains du Cirque, auront jusqu'à mardi pour finaliser leur proposition avec les conseillers de la société. Cette dernière est privée de revenus depuis la mi-mars en raison de la crise sanitaire qui a entraîné l'annulation de ses 44 spectacles.

Cette proposition devrait recevoir l'aval du tribunal, vendredi prochain, afin de constituer la soumission d'amorce, écartant ainsi la convention d'achat annoncée à la fin juin entre le Cirque et ses actionnaires, qui n'avaient pas offert de commentaires, vendredi, en mi-journée.

Offre bonifiée

Compte tenu des conditions largement supérieures de l'offre [des prêteurs], nous ne voyons pas comment les conseillers [...] peuvent faire autrement que de donner le feu vert afin que l'entente négociée constitue la soumission d'amorce, a expliqué Joe Pasquariello, l'avocat représentant le groupe de créanciers.

Les détails de la proposition des créanciers n'ont pas été dévoilés, mais selon ce qui a déjà été éventé, l'offre maintiendrait le siège social du Cirque à Montréal et ne solliciterait pas un soutien financier de l'État québécois. Les prêteurs ont déjà proposé une conversion de la dette garantie en actions pour mettre la main sur la totalité du Cirque, ce qui aurait écarté les actionnaires actuels.

D'après un document déposé à la fin juin auprès de la Cour supérieure, les créanciers étaient prêts à bonifier leur mise en injectant 375 millions de dollars américains d'argent frais, par rapport à 300 millions de dollars américains initialement.

L'offre des actionnaires du Cirque, qui valorise la compagnie à environ 420 millions de dollars américains, propose l'injection de 300 millions de dollars américains, notamment en s'appuyant sur le prêt de 200 millions de dollars américains offert par Investissement Québec. En échange d'une restructuration de la dette, les créanciers obtiendraient 45 % du Cirque ainsi qu'une dette non garantie de 50 millions de dollars américains, alors que les actionnaires actuels se partageraient les 55 % restants.

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