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Des conseillers scolaires dénoncent le plan de l'Ontario pour la rentrée

Une salle de classe vide, vue à partir d'un bureau d'élève.

L'Ontario a présenté trois scénarios possibles pour la rentrée, affirmant qu'une décision serait prise en août.

Photo : Getty Images/iStock/DONGSEON KIM

Radio-Canada

Le gouvernement de Doug Ford doit refaire ses devoirs en matière de plan pour la rentrée, selon le plus grand conseil scolaire de l'Ontario, jugeant ce plan intenable pour des milliers de familles.

Les conseillers scolaires du Conseil public anglais de Toronto (TDSB) ont adopté une motion à ce sujet, jeudi.

Ils demandent au ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, de changer son plan, pour le bien des parents et des élèves, qui sont privés de cours en classe depuis la mi-mars à cause de la COVID-19.

Le ministre Lecce a évoqué trois scénarios pour septembre, soit un retour en classe à temps plein, des cours en ligne uniquement ou une approche hybride, selon laquelle les élèves seraient en classe deux ou trois jours par semaine et obtiendraient de l'enseignement en ligne le reste du temps.

Encore jeudi, le ministre Lecce a répété que sa préférence était un retour en classe à temps plein, mais sans exclure le scénario hybride, qui permettrait de diviser les groupes et de faciliter la distanciation physique en classe.

Tout comme de nombreux parents, les conseillers du TDSB affirment toutefois que cette approche serait compliquée, voire intenable, pour bien des familles, notamment au niveau des services de garde.

Le modèle hybride forcerait beaucoup de familles à choisir entre l'éducation de leurs enfants et leur emploi.

Déclaration du Conseil scolaire public anglais de Toronto

Nous voulons nous assurer que tous les élèves puissent retourner en classe en septembre de la manière la plus sécuritaire possible, mais nous devons également reconnaître que si le ministère de l'Éducation ne leur permet pas d'aller à l'école tous les jours, cela placera nombre des familles des 247 000 élèves du TDSB dans une position très difficile - sans parler des familles de milliers de membres du personnel du TDSB, raconte la présidente du Conseil, Robin Pilkey.

Les conseillers scolaires du TDSB demandent aussi au gouvernement d'accorder un financement supplémentaire aux écoles pour l'embauche de personnel supplémentaire, l'achat de matériel informatique, de produits de nettoyage et de masques pour les employés ainsi que de plus de services d'aide psychologique.

Le gouvernement Ford garde le cap

Le ministre Lecce a demandé aux conseils scolaires de se préparer aux trois scénarios possibles pour la rentrée, affirmant qu'une décision serait prise localement au début août sur le modèle retenu, selon l'évolution de la pandémie.

Son attachée de presse, Alexandra Adamo, indique, vendredi matin, que la province maintient le cap, malgré les critiques.

Nous nous préparons à tous les scénarios pour faire en sorte que, quel que soit le défi qui se présente à l'automne, l'Ontario sera prêt à permettre aux élèves de continuer à apprendre. Notre objectif est que les élèves soient de retour en classe quotidiennement, mais il faut que ce soit sécuritaire de le faire.

Alexandra Adamo, attachée du ministre Stephen Lecce

Pour sa part, Charles Pascal, professeur à l'Institut d'études pédagogiques de l'Ontario (OISE) et conseiller en éducation pour l'ancien gouvernement libéral, affirme que les progressistes-conservateurs auraient dû commencer à planifier la rentrée il y a trois mois.

Le gouvernement ne sait pas ce qu'il fait, je pense.

Charles Pascal, professeur en éducation à OISE

Pour lui, le gouvernement doit d'abord procéder à des investissements majeurs dans les services de garde et de santé mentale, s'il opte pour le modèle hybride.

Vu le manque de préparation actuelle, selon lui, il serait plus prudent d'offrir uniquement des cours en ligne à la rentrée, quitte à changer d'approche en janvier, par exemple.

Ce serait fou de renvoyer tous les enfants à l'école cinq jours par semaine [dans l'état actuel des choses], dit-il.

Incertitude pour les familles

Badrieh Kojok, présidente du groupe Parents partenaires en éducation, dit comprendre que le gouvernement veuille faire preuve de flexibilité régionale en mettant de l'avant trois scénarios. Par exemple, pour certaines écoles du Nord de l'Ontario, les écoles pourraient ouvrir à temps plein dès la rentrée en septembre puisque ces régions n'ont eu aucun cas de personne infectée par le virus, dit-elle.

Mme Kojok croit toutefois que le scénario devrait être annoncé le plus tôt possible pour que les familles puissent s'organiser.

Par exemple, dans certaines familles avec des enfants dans l'élémentaire et d'autres dans le secondaire, les parents aimeraient savoir si les enfants seront à la maison les mêmes journées ou s'ils devraient prévoir un système de garde pendant qu'ils travaillent.

Badrieh Kojok, présidente du groupe Parents partenaires en éducation
Badrieh Kojok en entrevue.

La présidente du groupe Parents partenaires en éducation, Badrieh Kojok

Photo : Radio-Canada

Certains experts en santé affirment que le modèle hybride forcerait nombre de familles à avoir recours aux grands-parents ou à une gardienne temporaire ne résidant pas sous le même toit, ce qui pourrait accroître le risque de transmission du coronavirus.

Des psychologues ajoutent que pour le bien-être psychologique des enfants, les élèves devraient retourner en classe à temps plein en septembre.

D'autres spécialistes font valoir que la distanciation physique est essentielle à l'école pour éviter de multiples éclosions et minimiser le risque que les élèves infectent ensuite leurs parents.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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Toronto

Éducation