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Des travailleuses de la petite enfance remettraient en question leur vocation

Des éducatrices debout dans un terrain de sable à côté d'un module surveillent des enfants.

Les éducatrices en service de garde doivent garder leurs distances, autant avec les enfants qu'avec leurs collègues.

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

L'Association francophone à l’éducation des services à l’enfance de l’Ontario (AFÉSEO) et le Centre d’innovation sociale pour l’enfant et la famille du Collège Boréal s'inquiètent pour le bien-être et la motivation des éducatrices en garderie. Selon eux, l'isolement et la distanciation physique sont incompatibles avec les meilleures pratiques de leur métier.

C’est un secteur où on est toujours en relation avec les enfants et avec les autres membres du personnel , souligne Josée Latulippe, gestionnaire du Centre d’innovation sociale pour l’enfant et la famille.

Et là, tout d’un coup, on ne fait plus de face à face, on est pris chez nous, et ça a créé beaucoup d’anxiété.

Josée Latulippe, gestionnaire du Centre d’innovation sociale pour l’enfant et la famille du Collège Boréal

Martine St-Onge, directrice générale de l’AFÉSEO, renchérit en disant que les mesures de distanciation physique vont en quelque sorte à l’encontre des meilleures pratiques de la pédagogie de la petite enfance, soit d’être près de l’enfant, de pouvoir le réconforter.

La cour d'une garderie.

Le Centre d’innovation sociale pour l’enfant et la famille du Collège Boréal note que plusieurs éducatrices vivent de l'anxiété.

Photo : Radio-Canada / Didier Pilon

Ça crée de réels défis , souligne-t-elle. Si on coupe pendant un ou deux ans la possibilité d’être à proximité physique d’un adulte qui accompagne l’enfant, on s’inquiète pour son développement.

Des éducatrices auraient même remis en question leur vocation, indique Josée Latulippe, car les modes de travail à distance et les adaptations pour la reprise ne correspondent pas à ce qu’elles aiment de leur métier.

La question de l'isolement professionnel et social préoccupe aussi Mme St-Onge.

Pour les francophones, non seulement on est isolés socialement, mais en plus pour certaines [éducatrices], c’est d’être isolé de sa culture et de sa langue.

Martine St-Onge, directrice générale de l’Association francophone à l’éducation des services à l’enfance de l’Ontario

Les formations en ligne, une piste de solution?

On s’est dit "Que peut-on faire pour soutenir, appuyer et accompagner les travailleurs?", raconte Josée Latulippe.

Les deux organismes étudieront à partir de l’automne l’efficacité des communautés d’apprentissage professionnel virtuelles pour réduire l’isolement social des travailleurs du secteur de la petite enfance pendant une crise sanitaire.

Le projet de recherche appliquée d’une durée de 12 mois a comme objectif de mieux soutenir le secteur de la petite enfance pendant la pandémie de COVID-19 et le préparer pour d’autres crises semblables.

Mme St-Onge explique que le projet est né du constat qu’avec tout ce qui se passait avec la COVID-19, il y avait énormément d’inquiétude et de préoccupations, pour ne pas dire de mal-être, par rapport à la pensée de retourner sur le marché du travail en service de garde.

Martine St-Onge est directrice générale de l’Association francophone à l’éducation des services à l’enfance de l’Ontario

Martine St-Onge note que beaucoup de recherches sont faites sur le contenu des formations, mais pas sur la façon de les donner.

Photo : Martine St-Onge

Ce projet vise à évaluer le moyen plutôt que le contenu, précise Martine St-Onge, directrice générale de l’AFÉSEO. Est-ce que les moyens virtuels ont le même impact chez les individus qui suivent la formation?

On fait beaucoup de recherches sur le contenu des formations, mais pas vraiment sur la façon de les donner.

Des résultats qui pourraient s’appliquer à d’autres secteurs

Martine St-Onge souligne que les résultats du projet de recherche pourraient aider d’autres professionnels.

En petite enfance, on parle d’établir des relations sensibles et attentives. Il faut qu’il y ait une relation de confiance entre deux êtres humains pour s’ouvrir et partager nos préoccupations.

Est-ce qu’un contact virtuel permet d’établir une relation de confiance pour contrer le sentiment d’isolement? Ça peut s’appliquer par la suite à n’importe quel domaine qui souhaite offrir un accompagnement quelconque, toujours dans le domaine de l’humain.

Josée Latulippe ajoute que le Collège Boréal veut continuer d’exercer son leadership pour favoriser l’épanouissement des communautés francophones.

L’équipe de recherche est en train de finaliser les modalités du projet de recherche, qui est financé par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.

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