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Ouïgours : échange de sanctions entre Pékin et Washington

Des hommes ouïgours

Des hommes ouïgours quittant une mosquée après la prière à Hotan, dans la région du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine.

Photo : Getty Images / GREG BAKER

Agence France-Presse

Nouvelle escalade Pékin-Washington : la Chine a annoncé vendredi des représailles contre les États-Unis, au lendemain de sanctions américaines contre plusieurs dirigeants chinois accusés de réprimer la minorité musulmane ouïgoure au Xinjiang.

Cette vaste région semi-désertique d'environ 25 millions d'habitants, dans le nord-ouest de la Chine, a longtemps été frappée par des attentats meurtriers attribués à des indépendantistes ou à des islamistes. Elle fait l'objet depuis quelques années d'une très ferme reprise en main.

Qui sont les Ouïgours?

Les Ouïgours constituent près de la moitié de la population du Xinjiang. Très majoritairement musulmans, ils parlent pour la plupart une langue turcique (de la même famille que le turc), mais pas forcément le chinois.

Des experts et des organisations de défense des droits de l'homme accusent Pékin d'avoir fait interner jusqu'à un million de musulmans, principalement d'ethnie ouïgoure, dans des camps de la région au nom de la lutte antiterroriste.

La Chine dément ce chiffre et affirme que ces personnes sont emmenées dans des centres de formation professionnelle, destinés à les aider à trouver un emploi afin de les éloigner de la tentation de l'extrémisme.

Depuis longtemps en première ligne sur le dossier, Washington a infligé, jeudi, des sanctions inédites à l'encontre de plusieurs dirigeants chinois, accusés d'être liés à de graves atteintes aux droits de l'homme au Xinjiang.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères lors d’une conférence de presse

Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères lors d’une conférence de presse

Photo : Getty Images / GREG BAKER

Les visas d'entrée seront désormais refusés à trois responsables et à leurs familles. Selon le secrétaire d'État Mike Pompeo, des mauvais traitements horribles et systématiques visent les Ouïgours et d'autres minorités.

La Chine a décidé de prendre des mesures de réciprocité envers des organisations et individus américains qui se sont mal comportés sur les questions relatives au Xinjiang.

Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères

Cette initiative américaine s'ingère gravement dans les affaires intérieures de la Chine [...] et porte gravement atteinte aux relations sino-américaines, a-t-il souligné lors d'une conférence de presse, sans préciser les noms des individus dans le collimateur de Pékin.

Parmi les personnes visées par les sanctions des États-Unis figure Chen Quanguo, principal responsable du Parti communiste chinois (PCC) au Xinjiang. Il est considéré comme l'architecte de la politique sécuritaire de Pékin dans la région.

Pékin dit lutter contre le terrorisme

La Chine se félicite de l'absence d'attentats depuis l'arrivée de M. Chen et la mise en place d'une surveillance omniprésente : nombreux contrôles d'identité, portiques de sécurité dans les bâtiments publics, caméras de reconnaissance faciale ou encore barrages policiers.

Wang Mingshan, responsable de la sécurité publique du Xinjiang, et Zhu Hailun, ancien responsable du PCC dans la région, sont également visés.

Le département américain au Trésor a lui aussi annoncé en parallèle des sanctions économiques contre un quatrième individu, Huo Liujun, ex-responsable de la sécurité du Xinjiang.

Ces initiatives américaines surviennent sur fond de tensions croissantes entre Pékin et Washington à propos d'une longue série de sujets : guerre commerciale, COVID-19, loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, mer de Chine méridionale, Taïwan...

Les États-Unis avaient déjà annoncé, cette semaine, des restrictions de visas contre des responsables chinois accusés d'entraver l'accès des étrangers dans les régions de peuplement tibétain en Chine. Pékin avait réagi en promettant des sanctions similaires.

Répression

Des camps d’internement où des citoyens ordinaires sont privés de leur liberté et reprogrammés pour éliminer toute trace de leur ethnicité.

Les autorités chinoises surveillent les Ouïgours grâce à des technologies orwelliennes.

Photo : Compte WeChat de l'Administration judiciaire du Xinjiang

Une partie des Ouïgours, principal groupe ethnique du Xinjiang, qui a notamment des frontières communes avec le Pakistan, l'Afghanistan ou la Mongolie, dénoncent la répression de leur religion et de leur mode de vie. Ils seraient même soumis à des stérilisations forcées, selon une récente étude publiée par Adrian Zenz, un chercheur allemand qui a déjà écrit plusieurs rapports sur les politiques chinoises au Xinjiang.

Les douanes américaines ont annoncé, la semaine dernière, avoir intercepté une cargaison de produits à base de cheveux humains, suspectés d'avoir été conditionnés dans des camps de travail de la région.

Les États-Unis ont alors mis en garde les entreprises américaines contre l'importation de biens confectionnés grâce au travail forcé en Chine.

Il est difficile pour les médias étrangers de savoir ce qui se passe réellement au Xinjiang. Les journalistes y sont régulièrement suivis, interpellés ou bloqués par les autorités.

En juillet 2019, la Chine avait déclaré que la plupart des personnes internées dans la région avaient été relâchées. Mais sans fournir de chiffres ni de preuves.

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