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Fredericton et les chefs autochtones ne s'entendent pas

Un groupe de représentants des Premières Nations sur le perron d'un édifice. L'un d'entre eux frappe sur un tambour. Un homme leur ouvre la porte.

Des chefs des Premières Nations mi'kmaq et malécites se sont rendus, le 9 juillet 2020 à Fredericton, à une rencontre avec le premier ministre du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Radio-Canada

Les chefs autochtone du Nouveau-Brunswick disent avoir perdu toute confiance envers le premiers ministre Blaine Higgs et son gouvernement provincial.

Une deuxième rencontre de plus de deux heures à Fredericton, jeudi après-midi, n'a pas mené à un engagement de la part de Blaine Higgs pour la mise sur pied d’une commission provinciale d’enquête publique sur le racisme envers les Premières Nations.

Une quinzaine de représentants autochtones malécites et mi'kmaq du Nouveau-Brunswick se sont dits frustrés et la déception se lisait sur leurs visages.

Terry Richardson, chef de la réserve de Pabineau près de Bathurst.

Terry Richardson, chef de la réserve de Pabineau près de Bathurst.

Photo : Radio-Canada

On sait que le gouvernement ne s'assoit pas avant septembre. On va donc devoir attendre une autre couple de mois avant qu’il y ait des changements. Ce n’est pas acceptable. J’ai des membres de ma communauté qui ont des impacts sérieux, regrette Terry Richardson, chef de la réserve de Pabineau non loin de Bathurst.

La dernière rencontre entre le premier ministre et les chefs autochtones remontait à juin. Les chefs avaient manifesté leur déception à la sortie de celle-ci, puisque l'enquête publique réclamée leur avait été refusée.

Après la rencontre de jeudi, Blaine Higgs a déclaré que les préoccupations des chefs autochtones doivent être examinées dans le cadre d'une enquête nationale, et non provinciale.

C'est plus gros que le Nouveau-Brunswick , a affirmé M. Higgs. C'est un problème national. Chaque province a ces problèmes.

Un homme joue du tambour et plusieurs personnes sont debout autour d'une très grande table en rectangle, sous des chandeliers.

Début de la rencontre entre des chefs des Premières Nations et le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, le 9 juillet 2020 à Fredericton.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Puisque la GRC est un corps de police fédéral, le premier ministre croit qu'une perspective nationale est la plus appropriée. Je crois simplement que nous devrons en faire un problème national, plus grand, parce qu'une grande partie est liée au gouvernement fédéral.

Le premier ministre croit que sa proposition d’un groupe de travail qui va examiner ce qui se fait de bien dans certaines communautés autochtones et tenter de l’implanter dans d’autres réserves permettra d’obtenir de meilleurs résultats, plus concrets.

Le chef Ross Perley, de la Première Nation de Tobique, n'est pas satisfait de l'attitude de Blaine Higgs. Son inaction est inacceptable , a-t-il déclaré lors d'un point de presse suivant la rencontre.

Nous avons attendu plus de trois semaines pour cette rencontre et nous n'avons toujours aucun engagement ferme sur une enquête , a dit M. Perley.

Une femme et trois hommes debout devant une table.

De gauche à droite : la ministre de la Justice du Nouveau-Brunswick, Andrea Anderson-Mason ; le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs ; le ministre des Affaires autochtones au Nouveau-Brunswick, Jake Stewart ; et Roger Augustine, chef régional de l'Assemblée des Premières Nations au Nouveau-Brunswick et à l'Île-du-Prince-Édouard, le 9 juillet 2020 à Fredericton.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Du côté de l’opposition, on estime qu’il est important de mettre sur pied une commission indépendante, que c’est la façon de montrer du respect envers les Premières Nations et une volonté que les choses doivent changer.

C’est incroyable. Tous les chefs ont demandé pour une enquête. Et il [Blaine Higgs] a dit non, se désole David Coon, chef du Parti vert.

Des changements sur le plan de la formation des policiers de même qu'une présence autochtone au sein des organismes de surveillance de la police étaient à l'ordre du jour.

Deux Autochtones tués le mois dernier

Cette demande pour une commission d’enquête survient après que deux autochtones Chantel Moore et Rodney Levi, aient été tués lors d’interventions policières dans la province en juin.

S’exprimant au nom des six chefs malécites au Nouveau-Brunswick, le chef Ross Perley de Neqotkuk a affirmé par voie de communiqué que les morts de Chantel Moore et de Rodney Levi le mois dernier avaient ouvert les yeux de certains sur le racisme systémique contre les peuples autochtones et qu’il était temps pour le premier ministre d’agir pour y mettre fin.

Des demandes précises

Les chefs malécites et mi'kmaq se sont préparés à cette seconde rencontre avec le premier ministre. Les chefs ont demandé que l’enquête indépendante :

  • examine la relation entre les peuples autochtones et le système judiciaire du Nouveau-Brunswick et suggère des moyens de l’améliorer;
  • soit menée par les peuples autochtones et que son mandat soit élaboré par les Nations autochtones;
  • examine les recommandations précédentes et fournisse un rapport intérimaire dans les 60 jours précisant quelles recommandations de ces autres rapports peuvent être mises en œuvre immédiatement; et
  • implique la remise d’un rapport final dans un délai de six mois avec des recommandations prêtes à être mises en œuvre.

Les chefs comptent s’adresser aux membres de l'Assemblée législative afin de réitérer leur demande de commission.

Avec les informations de La Presse canadienne, et Sophie Desautels

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