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COVID-19 : taux de mortalité record en Floride, en Californie et au Texas

Vêtus de combinaisons sanitaires, deux membres du personnel médical prennent soin d'un patient intubé, qui est allongé sur le ventre.

Le personnel médical s'occupe d'un patient souffrant de la COVID-19 dans l'unité de soins intensifs du Scripps Mercy Hospital à Chula Vista, en Californie.

Photo : Reuters / Lucy Nicholson

Trois des États du sud du pays qui forment le nouvel épicentre de la pandémie ont chacun fait état, jeudi, d'une centaine de décès dus à la COVID-19 en une seule journée, atteignant de nouveaux sommets.

Les autorités de la santé publique du Texas ont ainsi recensé 105 morts, celles de la Floride 120 et celles de la Californie 149. Avec ce nouveau bilan quotidien, le Texas totalise près de 3000 morts, la Floride plus de 4000 et la Californie plus de 6700.

Depuis quelques semaines, ces États, mais aussi l'Arizona, ont vu bondir le nombre de nouveaux cas quotidiens de COVID-19 rapportés.

À l'échelle nationale, les États-Unis ont enregistré quelque 60 000 nouveaux cas jeudi, leur deuxième bilan le plus important après leur sommet avoisinant les 62 000 cas, la veille, selon les données recensées par le site Worldometers.

La hausse du nombre de cas quotidiens se répercute par ailleurs sur les hospitalisations. Selon le COVID Tracking Project de la revue The Atlantic, il y avait jeudi sur le territoire américain près de 44 000 personnes hospitalisées en raison du coronavirus. Un chiffre loin du sommet de quelque 60 000 hospitalisations atteint à la mi-avril, mais en hausse constante depuis environ trois semaines.

Au premier rang des cas recensés, le pays, qui déplore désormais près de 136 000 morts, a franchi le cap des 3 millions de cas recensés plus tôt cette semaine.

En entrevue au site FiveThirtyEight, le directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses, le Dr Anthony Fauci, a convenu que la situation des États-Unis n'était pas enviable.

Quand on se compare à d'autres pays, je ne pense pas qu'on puisse dire que nous nous en sortons merveilleusement bien. Je veux dire, ce n'est tout simplement pas le cas, a-t-il admis.

En début de semaine, la porte-parole de la Maison-Blanche, Kayleigh McEnany, avait pourtant érigé les États-Unis en modèle. Je pense que le monde nous voit comme un leader sur la question de la COVID-19, avait-elle soutenu.

Une ouverture trop rapide

Le Dr Anthony Fauci, qui avait multiplié les mises en garde contre une levée prématurée des restrictions, a par ailleurs affirmé que certains États avaient procédé trop rapidement à la réouverture de l'économie.

Il y a des gouverneurs et des maires qui l'ont fait tout à fait correctement, a soutenu le scientifique. Ils voulaient ouvrir, alors ils ont suivi les recommandations pour l'ouverture de leur État.

Certains États ont toutefois sauté des étapes, a-t-il ajouté, évoquant la Floride.

Une compilation du New York Times indique que la nouvelle flambée épidémique à laquelle assistent les États-Unis est largement attribuable à des États ayant amorcé leur processus de déconfinement les premiers.

Selon le quotidien, la Floride a vu sa moyenne de nouveaux cas quotidiens plus que décupler depuis sa réouverture, début mai. Le nombre de cas en Arizona a augmenté de 858 % depuis le début du déconfinement, alors qu'il a connu une hausse de 680 % au Texas.

L'Arizona, la Floride et le Texas ont d'ailleurs tous fait marche arrière en imposant des restrictions qui avaient été levées.

La Caroline du Sud, qui a pour sa part mis en veilleuse son processus de déconfinement, a vu le nombre moyen de nouveaux cas quotidiens exploser de 999 % depuis la fin avril.

La Californie fait figure d'exception. Malgré la mise en place de restrictions sévères, l'État a connu une hausse de 275 % depuis la fin mai, d'après le New York Times.

Le président entre dans une pièce, tandis que le D Fauci attend avec les mains croisées.

Le président Donald Trump et le Dr Anthony Fauci en conférence de presse

Photo : Reuters / Tom Brenner

Un débat partisan qui nuit

Interrogé sur la partisanerie qui entoure le débat sur la COVID-19, le Dr Fauci a reconnu qu'elle nuit à la gestion de la pandémie.

Il faut avoir les yeux bandés et se couvrir les oreilles pour penser que nous ne vivons pas dans une société très divisée aujourd'hui, d'un point de vue politique, a souligné l'immunologiste en chef de la Maison-Blanche, toujours à FiveThirtyEight.

On sait par expérience historique que lorsque vous n'avez pas l'unanimité dans une approche à un [problème], vous n'êtes pas aussi efficaces dans la façon dont vous le traitez. Je pense donc qu'on peut présumer que s'il n'y avait pas tant de divisions, nous aurions une approche plus coordonnée.

Dr Anthony Fauci

Les gouverneurs qui se sont montrés les plus empressés de rouvrir les commerces sont républicains. Les sondages montrent d'ailleurs un clivage important au sein de l'électorat, les démocrates s'affichant davantage du côté d'une plus grande prudence. Invoquant leurs libertés individuelles, plusieurs électeurs républicains ont pour leur part affiché avec véhémence leur opposition au port du masque et négligé certaines recommandations.

Faisant fi de l'avis des experts gouvernementaux en santé publique, le président Trump a lui-même tenu des rassemblements partisans où le port du masque et la distanciation n'étaient pas requis, par exemple à Tulsa, en Oklahoma, le mois dernier, ou encore lors de son discours au mont Rushmore, la veille de la fête nationale du 4 juillet.

Il a rabroué les experts de son administration à quelques reprises, notamment, en mai dernier, le Dr Fauci, quand celui-ci a mis en garde contre une levée trop rapide des restrictions et une réouverture prématurée des écoles.

Mercredi, il a en outre ouvertement exprimé son désaccord, sur Twitter, quant aux recommandations très strictes et coûteuses des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) à l'endroit des établissements scolaires, les jugeant très peu pratiques.

Avec les informations de New York Times, et CNN

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