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Une page sur Instagram pour dénoncer de présumés abus sexuels à Sherbrooke

Un homme pose ses mains sur le clavier d'un ordinateur portable dans l'obscurité.

Une page Instagram a été récemment créée pour dénoncer des présumés abus sexuels à Sherbrooke (archives).

Photo : iStock

Radio-Canada

Alors que de nombreuses dénonciations d’agressions sexuelles foisonnent depuis quelques jours sur les médias sociaux à la grandeur de la province, une page Instagram a été récemment créée pour dénoncer des présumés abus sexuels qui auraient eu lieu à Sherbrooke.

La page a été créée par deux femmes de la région de Sherbrooke. Nous avons été victimes d’agressions sexuelles. Nos agresseurs sont de Sherbrooke. Nous voulons rendre justice à toutes les autres femmes qui ont vécu des agressions et des abus, peut-on lire sur la page en question.

En légende, il est mentionné, en anglais, que la page est un espace sécuritaire pour les survivants de tous types d’abus pour qu’ils puissent partager leurs histoires. On vous croit, peut-on lire dans la légende.

Sur la page, chaque témoignage se présente sous forme de galerie photo, avec le nom du présumé agresseur sur la première photo, puis le témoignage sur celles qui suivent.

Pour des raisons légales, les instigatrices ont finalement décidé de ne plus publier les témoignages avec les noms. Après réflexion nous allons continuer à poster les histoires avec seulement le prénom ou abréviation du nom de l’abuseur, mentionnent-elles dans une publication.

Le SPS réticent aux dénonciations en ligne

De son côté, le Service de police de Sherbrooke (SPS) dit encourager les victimes à dénoncer et à porter plainte contre les agresseurs. Le SPS explique néanmoins avoir une certaine réticence avec cette méthode de dénonciation publique sur les médias sociaux.

Avec cette méthode, il y a des gens qui sont dénoncés sans même avoir fait la preuve de leurs actes. Malheureusement pour nous, dans le cadre d’une poursuite judiciaire, on a des règles de preuves qui sont très sérieuses et très strictes, souligne Samuel Ducharme, porte-parole du SPS.

De plus, selon Samuel Ducharme, lorsque les dénonciations sont faites de façon publique et si on nomme les noms des présumés agresseurs, les présumées victimes peuvent s’exposer à des poursuites judiciaires, notamment pour diffamation et harcèlement.

Ça peut venir mettre beaucoup d’obstacles dans le cadre d’une poursuite criminelle qui serait soit en cours ou à venir.

Samuel Ducharme, porte-parole du SPS

Volume important d'appels au CALACS

Au Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS), Alexandra Pépin, intervenante, avance que depuis lundi, le téléphone ne dérougit pas. L’organisme reçoit beaucoup d’appels de la part de personnes qui veulent notamment faire une dénonciation au poste de police. Tout est arrivé en même temps, explique-t-elle.

Le volume d’appel a augmenté d’environ 70 %, selon Alexandra Pépin.

Pour les femmes qui souhaitent publier leur témoignage sur les médias sociaux, le CALACS dit les informer des deux côtés de la médaille.

On parle du côté positif, du soutien et de l’entraide que ça peut apporter. Mais on parle aussi du négatif, comme les poursuites en diffamation et atteinte à la réputation qui peuvent s’ensuivre, précise-t-elle.

L’organisme évalue par la suite les besoins de la victime. On regarde avec elle et on l’oriente. Mais au bout de la ligne, on va suivre ce que la femme dit parce qu’on prime l’autonomie. On va aller dans son sens, conclut-elle.

Avec les informations de Mélissa Fauteux

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