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Les écoles ont un rôle à jouer dans la lutte contre le racisme, selon les Calgariens

Des pupitres vides dans une classe.

Des participants aux consultations publiques de Calgary sur le racisme déplore le manque de mention des Canadiens noirs dans les cours d'histoire appropriés.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

Charlotte Dumoulin

Au troisième jour d’audiences publiques à Calgary sur le racisme systémique, un certain nombre de personnes demandent d'allouer les fonds destinés au service de police à d’autres secteurs et de retravailler les programmes scolaires.

Wumni Idowu, une immigrante du Nigéria, montre du doigt des lacunes dans les programmes éducatifs en Alberta.

De l’école primaire à l’école secondaire, on a appris l’histoire constitutionnelle du Canada, mais rien sur l’Afrique, se rappelle-t-elle.

Selon Wumni Idowu, les élèves doivent apprendre l’histoire des Canadiens africains et comprendre quelles ont été leurs contributions au pays. Cette omission me trouble, dit-elle.

Pamela Tzeng, une autre participante aux consultations publiques, aimerait aussi voir un meilleur enseignement dans les écoles, notamment un accent sur le racisme systémique.

Elle pense aussi qu’il faut travailler plus fort pour avoir une meilleure représentativité culturelle chez les enseignants. Il faut aussi créer une formation obligatoire, compréhensive et équitable sur le racisme pour la direction des conseils scolaires et les enseignants, propose-t-elle.

Pamela Tzeng demande aux conseillers municipaux et au maire de faire pression auprès de la province, qui est responsable du dossier de l’éducation.

Mowunmi Dawodu a elle aussi participé à la journée de consultation. D’origine nigériane, cette femme ne se rappelle pas avoir vu ses enseignants réprimander ses camarades de classe lorsqu’ils l'insultaient.

Il n’y avait pas d’éducation autour de la discrimination ou sur l’histoire des noirs du Canada, raconte cette femme née à Calgary.

Elle explique qu’en grandissant, elle a préféré changer son nom pour Mo’mi, pensant que ce serait plus facile d’avoir un emploi. Son geste n’a pas réussi à effacer le racisme autour d’elle, dit-elle, affirmant avoir continué à subir du racisme dans son milieu de travail.

Nous ne resterons plus silencieux. Je veux du changement, clame la participante.

Ç'en est trop. Je suis fatiguée d’être fatiguée. Je suis tannée d’être forte. Je suis une mère. Je veux que mon fils vive quelque chose de différent.

Mowunmi Dawodu, participante aux consultations publiques

Moins d’argent pour la police

La brutalité policière et le racisme systémique sont des problèmes urgents. Le conseil municipal doit prendre des décisions immédiatement pour les combattre, a lancé pendant son témoignage Niki Bains, une avocate de Calgary spécialisée en droit autochtone.

Plus concrètement, cette dernière demande aux élus municipaux de reverser 20 % du budget total du service de police à la communauté.

Elle propose, par exemple, de réinvestir l’argent dans des programmes sociaux pour lutter contre la pauvreté, les problèmes de logement et les dépendances.

Le racisme est une maladie et elle nous a tous contaminés.

Niki Bains, participante aux consultations publiques

Pour des raisons sanitaires à cause de la pandémie de COVID-19, la plupart des participants étaient connectés à la rencontre par téléphone.

Près d’une centaine de personnes ont déjà été entendues. Pour cette troisième journée, le comité sur le racisme avait l’intention d’en entendre 80 autres.

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