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Rentrée scolaire en Ontario : Lecce soumis à un barrage de questions

Le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, en conférence de presse avec le premier ministre à l'Assemblée législative mardi.

Le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, en conférence de presse avec le premier ministre à l'Assemblée législative mardi pour annoncer la réouverture des garderies.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Nicolas Haddad

Le ministre de l’Éducation Stephen Lecce a été mitraillé de questions jeudi sur la rentrée scolaire, mais il a révélé très peu de détails.

Selon le ministre Lecce, les conseils scolaires de l'Ontario doivent être prêts à faire face à trois scénarios, étant donné la variabilité de ce qui peut se produire au cours des prochaines semaines en matière de santé publique.

Une femme portant un masque bleu sur le visage mesure avec un ruban à mesurer la distance entre deux pupitres dans une salle de classe.

Trois scénarios restent à l'étude pour la rentrée d'automne en Ontario.

Photo : Getty Images / izusek

Le ministère de l'Éducation a demandé à tous les conseils scolaires de la province de dresser trois modèles d'enseignement pour la rentrée scolaire, soit un enseignement en classe à temps plein avec nettoyage intensif des écoles, des cours en ligne uniquement, ou une approche hybride combinant ces deux modèles.

C'est une décision qui sera prise par les médecins à la table de commandement, pas par les politiciens.

Stephen Lecce, ministère de l’Éducation de l’Ontario

Le ministre a confirmé que la préférence du gouvernement continue d'être l’éducation traditionnelle au quotidien, ce qui signifie que les élèves seraient en classe cinq jours par semaine avec des protocoles de santé renforcés et qu’une décision serait prise au cours du mois d'août.

Une élève du Séminaire des Pères Maristes à Québec qui écoute son enseignant sur une tablette électronique pendant qu'elle réalise des exercices.

Pour le gouvernement ontarien, l'apprentissage entièrement à distance est le pire scénario envisageable pour la rentrée scolaire de septembre.

Photo : Radio-Canada

Le Globe and Mail a révélé jeudi que le Conseil des directeurs de l'éducation de l’Ontario, un organisme qui regroupe les directeurs de l'éducation des 72 conseils scolaires de la province, aurait demandé aux conseils d’élaborer un plan selon lequel les enfants n'iraient à l’école que 5 jours sur 10 sur une période de deux semaines.

Chaque groupe d’élèves recevrait un enseignement en classe deux jours par semaine, et trois jours la semaine suivante. Les autres jours, l'apprentissage se ferait à la maison, en ligne. Selon le Globe and Mail, le modèle a été décrit dans un courriel adressé aux directeurs de l'éducation, mardi, par Tony Pontes, le directeur général du Conseil ontarien des directions de l'éducation.

Les parents sont à bout de patience

D'après Gémma Leggett, mère de deux enfants en bas âge, la division de la semaine scolaire entre la salle de classe et l’apprentissage à distance aurait des conséquences familiales graves.

Les enfants, ils ont besoin de routine. Si on fait une semaine sur deux, on leur coupe une routine qui est extrêmement importante pour eux, affirme l’agente immobilière. Cette dernière s'inquiète quant à la scolarisation de ces enfants, qu'elle estime prendre de plus en plus de retard.

Gémma Leggett est agente pour Remax Hallmark York Group à Newmarket.

Gémma Leggett se demande si le gouvernement a pris en compte la réalité des familles ontariennes avant de prendre sa décision concernant la rentrée scolaire.

Photo : Avec l'autorisation de Gémma Leggett

Mon fils qui va en première année, s'il n’a pas une routine tous les jours, il y a zéro pour cent de chances qu’il apprenne à lire, estime celle qui dit qu’elle s’est bien rendu compte depuis le mois de mars que ce n’est pas possible pour les parents de remplacer les professeurs.

Gémma Leggett n’est pas la seule à s’inquiéter. Selon la mère de famille torontoise Allison Venditti, la fermeture des écoles — et l'incertitude entourant la rentrée d'automne — est un défi particulier pour bon nombre de femmes.

Une mère fait l'école à la maison à ses enfants.

La scolarisation des enfants à la maison a bouleversé la vie de bien des familles.

Photo : iStock

Tout ce casse-tête scolaire ne touche pas seulement notre santé mentale. Ça affecte notre capacité à nourrir nos enfants, a-t-elle expliqué. Les personnes qui ont été mises à pied ne peuvent pas retourner au travail si les jeunes ne sont à l’école que deux jours par semaine.

La critique en matière d'éducation du NPD, Marit Stiles, a déclaré, jeudi, que la plupart des parents — en particulier les mamans — ne pourront pas retourner travailler sous ce modèle alambiqué. Et ce gouvernement ne peut sérieusement pas s'attendre à ce que les enseignants enseignent en classe en même temps qu'ils essaient d'enseigner la moitié de la classe qui est à la maison.

Du financement pour faciliter la rentrée

Le ministre Lecce a déclaré, jeudi, qu’il y a du financement supplémentaire dans la Subvention pour les besoins des élèves (GSN) pour tous les conseils scolaires et qu’à Toronto seulement, 55 millions de dollars étaient disponibles pour les aider à se préparer aux circonstances en septembre.

Selon le ministre, la Subvention pour les besoins des élèves a augmenté d'environ 730 millions de dollars net, dont 100 millions de dollars sont réservés à l'embauche de 2000 techniciens de surface si les conseils l'exigent.

Daniel Croteau, concierge à l'école l'Envol de Lévis, montre une chaise à la caméra.

Pas moins de 100 millions de dollars du budget de l'éducation en Ontario ont été consacrés à l'embauche de personnel sanitaire.

Photo : Radio-Canada

Il a aussi déclaré, jeudi, que des fonds supplémentaires sont en place pour le nettoyage et la dotation en personnel dans le Fonds de soutien aux élèves, et que le financement par élève a augmenté d'environ 250 $ de plus cette année que l'an dernier.

En juin, le ministère de l'Éducation avait annoncé que le financement par élève serait haussé de 250 $ à l'automne, soit d’environ 2 %. Cet argent devait servir à bonifier les programmes d'éducation de l'enfance en difficulté et, pour les Autochtones, l'enseignement des langues et les services en santé mentale, notamment.

Le ministère de l’Éducation ne confirme rien, pour l’instant

D'après l'attachée de presse du ministre Lecce, Alexandra Adamo, le gouvernement provincial ne serait pas à l’origine du courriel qui a été envoyé mardi par Tony Pontes aux directeurs de l'éducation de la province, selon les informations du Globe and Mail.

Un porte-parole du conseil scolaire de Hamilton-Wentworth a indiqué que son conseil scolaire n'a pas encore reçu d'avis officiel du ministère. Pour sa part, une représentante du Conseil scolaire de la région de Niagara a aussi indiqué que son conseil scolaire n'a pas reçu ce courriel.

Joint pour confirmer si une note de service demandant l’application d’un modèle en classe cinq jours par semaine avait été reçue, le secrétaire du Conseil ontarien des directions de l’éducation de langue française (CODELF), Claude Deschamps, a déclaré par courriel que les conseils scolaires travaillent avec leurs équipes pédagogiques et administratives sur différents scénarios pour la rentrée scolaire.

Avec des informations de Lauren Pelley de CBC et de Michel Bolduc

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