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L'Ontario ouvre la porte à des directeurs de l'éducation sans expérience en enseignement

Une salle de classe avec des élèves

L'Ontario veut changer les qualifications nécessaires pour devenir directeur de l'éducation au sein des conseils scolaires.

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement Ford veut supprimer l’exigence que les directeurs de l’éducation des conseils scolaires aient de l’expérience en enseignement.

Ces modifications se trouvent dans le projet de loi 197, un projet de loi omnibus qui contient une série de mesures pour encadrer la relance économique de la province à la suite de la pandémie de COVID-19.

Une modification est apportée pour supprimer l’exigence voulant que les directeurs de l’éducation soient des agents de supervision qui ont acquis les qualités requises pour ce poste en tant qu’enseignants.

Extrait du volet éducation du Projet de loi 197, Loi de 2020 visant à favoriser la reprise économique face à la COVID-19

Pour Hélène Chayer, qui a elle-même été directrice d’éducation pour le Conseil scolaire catholique du Nouvel-Ontario, c’est un atout que la direction de l’éducation provienne du milieu de l’enseignement.

Elle croit que le changement proposé par le gouvernement s'explique peut-être parce qu'il a des préoccupations que les gens provenant du milieu de l’éducation n’aient pas assez de qualification dans le domaine administratif.

Mais Mme Chayer affirme que pour se rendre au poste de directeur de l’éducation, un enseignant acquerra nécessairement des connaissances en gestion.

La personne qui obtient ce poste-là a quand même eu de l’expérience en administration, que ce soit comme directeur d’école ou comme surintendant, explique-t-elle.

De la flexibilité pour les conseils scolaires

Denis Chartrand, président de l’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario (ACEPO), croit que la nouvelle n’est pas nécessairement une mauvaise chose pour le milieu de l'éducation de l’Ontario.

Il affirme que les conseils scolaires demandent depuis un certain temps une flexibilité dans les embauches des directeurs en éducation et affirme que ceux-ci vont tout de même recruter des candidats qui sont qualifiés pour l’emploi.

Il faut connaître l’enseignement, il faut connaître le milieu de l’éducation, mais est-ce que ça prend un brevet d’enseignement pour être directeur de l’éducation, je ne le sais pas, s'interroge-t-il.

Un homme en complet avec un arrière-plan blanc.

Denis Chartrand, président de l'ACEPO, croit que les changements vont donner plus de flexibilité aux conseils scolaires.

Photo : Courtoisie ACEPO

Le président de l’ACEPO affirme qu’un directeur de l’éducation qui n’est pas enseignant, mais qui connaît bien le milieu de l’éducation pourrait faire un aussi bon travail.

Je ne crois pas que les conseils scolaires vont engager n’importe qui, explique-t-il.

M. Chartrand affirme que les directeurs de l’éducation sont des hauts gestionnaires et que ceux-ci n’ont pas beaucoup d’effet direct sur les classes et sur l’apprentissage des élèves.

Il ajoute que le gouvernement Ford a affirmé que les changements vont permettre de choisir parmi un plus grand nombre et une plus grande diversité de candidats.

Denis Chartrand croit que cette proposition du gouvernement Ford arrive cependant à un bien drôle de moment, puisque les conseils scolaires sont déjà très occupés à préparer une rentrée en toute sécurité.

Comme diriger le Mouvement Desjardins sans connaissances en finances

Hélène Chayer considère comme un non-sens l'embauche d'un candidat sans expérience en éducation pour un tel poste.

Ça serait comme prendre quelqu’un qui veut diriger le Mouvement Desjardins, mais sans avoir de connaissances en finances, croit-elle.

Mme Chayer propose une formation qui pourrait être offerte aux nouveaux gestionnaires pour une meilleure compréhension du milieu de l’éducation.

Même son de cloche du côté de Pierre Riopel, ancien directeur de l’éducation du Conseil scolaire public du Grand Nord de l’Ontario, qui qualifie la décision de regrettable.

M. Riopel affirme que dans un contexte d’éducation obligatoire, le plus haut dirigeant devrait avoir des compétences lui permettant de comprendre et d’apprécier le travail qui est fait dans la salle de classe.

Comme directeur de l’éducation, il dit avoir toujours tenté de garder un contact avec ce qui se fait dans les classes.

Il ajoute que les directeurs de l’éducation ne sont pas toujours si éloignés de la réalité de l’enseignement.

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