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Une personne entend toujours quelques heures avant sa mort

Une main serre une autre main posée sur un lit d'hôpital.

Selon l'autrice de l'étude, il se pourrait que l’ouïe soit le dernier sens à s’éteindre avant le décès.

Photo : iStock

Radio-Canada

Certaines personnes inconscientes peuvent toujours entendre quelques heures avant leur mort, conclut une étude menée par des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique. Ils nuancent toutefois que la capacité d’entendre diffère de la capacité de comprendre.

Hilary Jordan n’a jamais cessé de parler à son mari et l’a toujours tenu au fait des plus récentes nouvelles de la famille. Depuis 1987, l’ancien policier de Victoria était cependant plongé dans le coma à la suite d’un accident de la route. Près de 30 ans plus tard, en avril 2018, Ian Jordan a rendu l’âme.

Juste avant qu’il meure, je lui ai fait savoir que c’était correct s’il partait. Je n’avais jamais dit une chose pareille et peu de temps après il est décédé. Je crois qu’il m’entendait, avoue sa femme.

Une intuition de travailleurs de la santé

Certains travailleurs de la santé pensent que l’ouïe est le dernier sens à s’éteindre avant le décès d’une personne et l’étude tend à confirmer cette hypothèse, explique son autrice principale, la Dre en psychologie Elizabeth Blundon.

La recherche a demandé la participation de huit résidents d’un centre de soins palliatifs. Ils étaient appelés à répéter une tâche auditive alors qu’ils étaient conscients. Par la suite, cinq d’entre eux ont répété cette tâche après être devenus inconscients.

Parallèlement, un groupe de contrôle de 17 jeunes ont aussi participé à l’étude, qui s’est tenue de 2013 à 2017. Ces participants devaient porter un casque muni de 64 électrodes qui mesuraient l’activité cérébrale lorsqu’ils écoutaient une série de tonalités regroupée en cinq fréquences. Chaque fois que la fréquence se modifiait, ils devaient appuyer sur un bouton.

Au centre de soins palliatifs, les patients étaient amenés à compter le nombre de fois où la fréquence changeait. Dans tous les cas, l’activité cérébrale du groupe contrôle et des patients réactifs était très similaire à celle des patients inconscients, indique Elizabeth Blundon.

Entendre n’est pas comprendre

Elle prévient toutefois que la capacité à percevoir des sons ne signifie pas pour autant que la personne inconsciente est apte à comprendre ces sons ni à reconnaître la voix qui les forme. Des recherches plus approfondies devront être faites en ce sens avant d’arriver à une telle conclusion, dit-elle.

Des études similaires avaient déjà été menées en Europe sur des patients ayant eu des traumatismes crâniens. Ils se sont aussi montrés réceptifs aux différents sons, explique la chercheuse.

De son côté, Hilary Jordan a passé des milliers d’heures à bavarder avec son mari et lui jouer sa musique préférée des années 1970 et 1980 sur une radio qu’elle apportait à l’hôpital.

Ça semblait simplement naturel de lui parler, dit-elle en ajoutant qu’il semblait toujours réagir favorablement lorsqu’elle mentionnait leur fils Mark, qui avait 16 mois au moment de l’accident.

Avec les informations de Camille Bains

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Colombie-Britannique et Yukon

Psychologie