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Réforme en immigration : Québec assouplit les règles du PEQ

Une clause de droits acquis visant les diplômés étrangers a été annoncée jeudi par la nouvelle ministre de l’Immigration, Nadine Girault.

Mme Girault s'adresse aux médias lors d'une conférence de presse.

Nadine Girault, la nouvelle ministre de l'Immigration, a annoncé jeudi des ajustements concernant la réforme du Programme de l'expérience québécoise.

Photo : Radio-Canada

Les étudiants étrangers qui ont obtenu leur diplôme cette année ou qui l'auront d'ici la fin de l'année pourront finalement bénéficier des règles actuelles d’accès au Programme de l’expérience québécoise (PEQ), dont la réforme avait été présentée fin mai par l’ex-ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, devenu récemment ministre de la Justice.

La nouvelle ministre de l'Immigration, Nadine Girault, a confirmé jeudi des informations publiées plus tôt par Radio-Canada, en évoquant une version finale de ce programme qui permet de délivrer un Certificat de sélection du Québec (CSQ), une première étape avant la résidence permanente.

Cet ajustement était réclamé depuis plusieurs semaines par des intervenants du domaine de l'éducation, notamment par les recteurs des universités, la Fédération des cégeps ainsi que des associations étudiantes. Différentes manifestations ont aussi été organisées à Québec et à Montréal.

En revanche, les étudiants étrangers qui recevront leur diplôme dès l'année prochaine, même s'ils sont déjà au Québec, devront passer par ce nouveau programme, qui entrera en vigueur le 22 juillet.

Je crois fermement que l’immigration doit faire partie de la solution à nos enjeux de société. L’immigration, c’est primordial, a indiqué Nadine Girault, au cours d'une conférence de presse.

Le PEQ est un programme d’immigration très avantageux, tant pour les personnes sélectionnées que pour la société québécoise dans son ensemble.

Nadine Girault, ministre de l'Immigration

Une plus grande expérience de travail souhaitée

Le 28 mai, Simon Jolin-Barrette avait présenté un projet de règlement pour réformer une nouvelle fois le PEQ, quelques mois après l’abandon d’une première mouture qui avait généré de vives critiques.

Nadine Girault a d'ailleurs fait un étonnant aveu, en affirmant ne pas avoir été surprise de la levée de boucliers à l'époque, bien que ce dossier ait été présenté au Conseil des ministres. Des pas de géant ont été faits depuis cette période, a-t-elle ajouté.

Ce printemps, le ministre Jolin-Barrette souhaitait exiger une plus importante expérience de travail aux personnes bénéficiant de ce populaire programme d’immigration, vu jusqu’alors comme une voie rapide vers l’immigration permanente pour des étudiants étrangers et des travailleurs temporaires.

On a eu de bons vendeurs de ce programme, a souligné Nadine Girault, en parlant d'un succès exceptionnel, puisque près de 15 000 personnes ont bénéficié du PEQ l'an passé.

Un nouveau programme pilote

La ministre Girault a également annoncé la mise en place d’un nouveau programme pilote visant le secteur de la transformation agroalimentaire. Aucun détail n’a été communiqué. Fin mai, le gouvernement avait déjà promis la création de deux autres programmes similaires d’immigration, visant les préposés aux bénéficiaires et les membres du secteur, notamment, de l’intelligence artificielle. On faisait état de 550 CSQ délivrés annuellement pour ces personnes.

Deux ans d’expérience pour les travailleurs, au lieu de trois ans

Selon la proposition de Simon Jolin-Barrette, les diplômés devaient travailler entre un an et deux ans, selon le niveau d'études, avant d'être autorisés à postuler au PEQ. Une mesure transitoire avait cependant été prévue, dans cette version, pour ceux détenant un permis de travail postdiplôme valide avant l'entrée en vigueur du règlement, selon le communiqué de presse relatant cette annonce.

Rien de tel n’était demandé depuis la création de ce programme en 2010. Pour les travailleurs temporaires, l’expérience réclamée passait de un à trois ans à temps plein.

Nadine Girault a revu à la baisse ces exigences, en parlant d'une solution équilibrée. Les titulaires d'un diplôme d'études professionnelles (DEP) devront finalement travailler 18 mois plutôt que 24.

Chez les diplômés universitaires, l'exigence reste maintenue à un an. Mais pour l'ensemble des étudiants, les stages obligatoires pourront être comptabilisés, pour un maximum de trois mois.

Enfin, les travailleurs étrangers temporaires, qui devaient justifier jusqu'alors d'un an de travail à temps plein devront à présent justifier de deux années d'expérience. Simon Jolin-Barrette en proposait trois.

Ces derniers jours, des problèmes ont été soulevés par différents groupes concernant la durée, plus courte, des permis de travail de ces immigrants, qui sont délivrés par Ottawa. Une complexité était ainsi déplorée par des représentants du milieu des affaires, qui avait néanmoins salué, dans son ensemble, l’idée initiale.

Nous avons entendu les préoccupations des différents groupes et organisations des milieux de l’éducation et du marché du travail au cours des dernières semaines.

Nadine Girault, ministre de l'Immigration

Selon des informations obtenues par Radio-Canada, ces assouplissements étaient cependant déjà étudiés par l’équipe de Simon Jolin-Barrette avant son départ vers la Justice.

La nouvelle ministre de l'Immigration n'a cependant pas souhaité s'avancer sur une possible révision des seuils d'immigration. En raison de la pandémie, le premier ministre Legault avait ouvert la porte à une baisse des cibles.

Ce dossier est très complexe, a convenu Nadine Girault, tout en précisant que ce n'est pas dans les cartons. Il faudra cependant surveiller le contexte économique, a-t-elle spécifié.

La nouvelle mouture critiquée

Si la ministre Girault soutient que cette troisième déclinaison du PEQ sera la version finale, la nouvelle proposition a elle aussi son lot de détracteurs, tout comme les versions précédentes du programme.

D'après Jade Marcil, présidente de l'Union étudiante du Québec, la nouvelle mouture du PEQ entraînera le rejet de certains étudiants, ceux qui ont déjà entamé un parcours au Québec, en raison de la « mesure transitoire », soit l'exigence de devoir travailler pendant un certain temps pour être autorisé à déposer une demande d'admission au programme après avoir obtenu un diplôme.

Selon Guillaume Cliche-Rivard, président de l'Association des avocats en droit de l'immigration, le Québec sera la seule province à exiger 24 mois d'expérience de travail, soit le double des autres provinces canadiennes. Alors, sur la compétitivité du Québec, sur le fait que ce soit une bonne mesure... Eh bien, on peut se poser des questions, a-t-il ajouté.

Avec la collaboration de Sébastien Bovet et Valérie Gamache

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