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« Je ne peux pas respirer », a répété George Floyd une vingtaine de fois

Une murale bleue à l'effigie de George Floyd avec la mention de son nom.

Une murale en hommage à George Floyd, dont la mort au cours d'une intervention policière a suscité la colère de nombreux Américains.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger

George Floyd, cet Afro-Américain mort dans une intervention policière à Minneapolis en mai dernier, a exprimé aux agents qui l'avaient arrêté son désarroi et sa peur de mourir à de multiples reprises, selon des documents déposés en cour mercredi.

S'étalant sur 82 pages, les transcriptions des vidéos captées par les caméras d'intervention des policiers livrent une description troublante des derniers moments de sa vie.

Les vidéos filmées par des passants, les images des caméras de surveillance ainsi que les déclarations du procureur général du Minnesota, Keith Ellison, avaient déjà donné une bonne idée de la scène, mais ces nouveaux éléments viennent tracer un portrait beaucoup plus détaillé.

George Floyd a prononcé à une vingtaine de reprises les mots qui ont été repris par les manifestants qui ont pris la rue après sa mort : Je ne peux pas respirer, les répétant souvent plusieurs fois de suite.

Les documents indiquent qu'il les a prononcés non seulement à partir de l'instant où il a été immobilisé au sol, mais dès le moment où les policiers ont voulu le faire entrer dans leur véhicule.

Les mots s'il vous plaît, eux, reviennent des dizaines de fois. Coopératif, s'excusant souvent, multipliant les Monsieur l'agent, George Floyd s'est montré respectueux pendant toute la durée de l'intervention, au cours de laquelle il a exprimé, encore et encore, sa peur de mourir.

Maman, je t'aime. Je t'aime, a-t-il lancé à un certain moment. Il d'ailleurs invoqué souvent sa mère décédée, de même que ses enfants.

Dites à mes enfants que je les aime. Je suis mort.

George Floyd

Exprimant son inconfort, il a de façon répétée demandé aux policiers de relâcher leur emprise.

Tout fait mal. J'ai besoin d'un peu d'eau ou d'autre chose. S'il vous plaît. S'il vous plaît. Je ne peux pas respirer, Monsieur l'agent, a entre autres plaidé l'homme noir de 46 ans, alors que Derek Chauvin maintenait déjà son genou sur son cou depuis plusieurs minutes.

Tu parles beaucoup, tu cries beaucoup, lui a répliqué le policier qui allait être accusé de meurtre au deuxième degré et de meurtre au troisième degré, il y a quelques semaines.

Ils vont me tuer. Ils vont me tuer, a déclaré George Floyd, une phrase qu'il allait prononcer à plus d'une reprise.

Ça prend beaucoup d'oxygène pour dire ça, a rétorqué l'agent Chauvin.

Les trois autres policiers qui l'accompagnaient – Thomas Lane, Alexander Kueng et Tou Thao – ont été accusés de complicité de meurtre au deuxième degré et de complicité d'homicide involontaire. Les deux premiers l'ont aidé à maintenir George Floyd au sol, et le dernier se tenait près d'eux, mais n'est pas intervenu.

Les quatre hommes ont été congédiés.

Les transcriptions des conversations, qui proviennent des caméras de Thomas Lane et d'Alexander Kueng, ont été présentées dans le cadre de la demande présentée par l'avocat de Thomas Lane de lever les accusations retenues contre son client.

Un plaidoyer resté vain

Jusqu'à la toute fin, George Floyd a exprimé sa peur de mourir.

Ils vont me tuer. Ils vont me tuer. Je ne peux pas respirer, a-t-il réitéré. S'il vous plaît, monsieur. S'il vous plaît. Ces mots allaient être ses derniers.

À son collègue Thomas Lane qui lui demandait si George Floyd devrait être changé de position, Chauvin, le policier ayant le plus d'expérience, a répondu par la négative.

OK. Je m'inquiète seulement de [son] état de délire agité, a dit Lane. Bien, c'est pour ça que l'ambulance s'en vient, a répliqué Chauvin.

Je pense qu'il s'évanouit, a ajouté Lane peu après, alors que des passants pressaient depuis un certain temps les policiers de le libérer de leur emprise, assurant qu'il ne présentait pas de danger.

Environ une minute plus tard, les policiers ont dit ne pas trouver de pouls. Pendant plus de deux autres minutes, Chauvin a tout de même continué d'immobiliser George Floyd.

En tout, il a maintenu son genou sur le cou de l'Afro-Américain pendant 8 minutes 46 secondes.

Un homme agité et apeuré

Les documents présentés remontent jusqu'à ce qui semble être l'arrivée des policiers, appelés sur les lieux parce que George Floyd aurait payé un commerçant avec un faux billet de 20 $.

Dès les premières phrases retranscrites, il semblait apeuré. Il a par exemple demandé aux policiers de ne pas tirer sur lui, leur disant que ça lui était déjà arrivé.

Il a ensuite tenté de les convaincre de ne pas le faire entrer dans leur véhicule de patrouille, affirmant qu'il était claustrophobe et jurant qu'il ne ferait de mal à personne.

À un policier qui lui demandait s'il avait consommé de la drogue, George Floyd a répondu non.

Parce que tu agis un peu de façon erratique, lui a dit Kueng. J'ai peur, mon gars, lui a-t-il répondu.

Une autopsie a relevé des traces de drogue illégale dans son organisme.

Dans les documents fournis à la cour, on lit aussi que l'ambulance, appelée avant que George Floyd ne soit immobilisé au sol, s'est initialement présentée au mauvais endroit.

À l'origine, l'appel, jugé non urgent, était pour une blessure à la bouche, qui serait, selon Thomas Lane, survenue lorsque George Floyd était à l'intérieur du véhicule de police et qu'il se serait cogné le visage contre la fenêtre.

Une demande subséquente, signalée comme plus sérieuse, a été faite après les plaintes répétées de George Floyd, qui disait ne pas pouvoir respirer.

Avec les informations de New York Times, et Washington Post

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