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Une vingtaine de campements de sans-abri à Toronto

Des centaines de sans-abri ont contracté la COVID-19 à Toronto depuis le début de la pandémie.

Un camp de fortune installé par des sans-abri à Toronto.

Les tentes qui se trouvaient dans deux parcs du centre-ville de Toronto ont été retirées par des employés municipaux cette semaine. Certains résidents craignaient de marcher près de cet endroit et s'étaient plaints de ne pas se sentir en sécurité.

Photo : Radio-Canada / Samantha Lui

Des regroupements de tentes installées un peu partout à Toronto se multiplient. En plus de la chaleur de ces derniers jours, la crise sanitaire n'a fait que s'ajouter à une crise déjà existante. La Ville le reconnaît, des camps de fortune sont devenus de plus en plus nombreux et populeux.

Il y a une vingtaine de campements dans différents endroits de la ville, estime Greg Cook, un travailleur de rue pour Sanctuary, un centre communautaire qui offre des services aux personnes vulnérables.

Chaque camp de fortune peut avoir jusqu'à 60 tentes, ajoute-t-il.

Greg Cook estime que plus de 1500 sans-abri vivent actuellement dans des tentes à l'extérieur.

Ils sont principalement installés dans des parcs et sous les ponts et autoroutes.

Des agents municipaux nettoient le parc après  que les campements de sans-abri eurent été retirés.

Des agents municipaux ont nettoyé le parc George Hislop après le retrait de dizaines de tentes de sans-abri, en début de semaine.

Photo : Radio-Canada

Entre le 29 avril et le 7 juillet, la Ville de Toronto signale avoir retiré 41 campements, relogeant ainsi plus de 400 personnes qui dormaient à l'extérieur.

Cette semaine, des employés municipaux ont retiré des tentes dans deux parcs du centre-ville, le parc Norman Jewison et le parc George Hislop, après que des résidents se soient plaints de ne pas se sentir en sécurité dans leur quartier.

Des clôtures ont d'ailleurs été installées autour du parc George Hislop depuis.

Certaines personnes croient que les sans-abri sont le problème alors que c'est bien plus [complexe].

Greg Cook

Jesse Iker, 28 ans, est sorti de prison après 6 mois de détention, il y a 2 jours.

Selon lui, des agents du parc George Hislop, où se trouvait sa tente, l'auraient déchirée et l'auraient retirée des lieux.

Un homme accroupi.

La mère de Jesse Iker est morte d'une surdose de fentanyl en 2017. Jesse a été entouré par l'abus d'alcool et de drogues toute sa vie. Aujourd'hui, il tente de se réinventer en défendant les droits des personnes qui vivent dans la rue.

Photo : Fournie par Greg Cook

Entre lundi et mardi, une soixantaine de personnes ont dû quitter le parc George Hislop où était situé un camp de fortune extérieur accueillant une quarantaine de tentes.

Avec l'aide d'une équipe qui travaille auprès des sans-abri, la Ville de Toronto a redirigé ces personnes vers des hôtels qui servent de refuge.

C'est une crise humanitaire [...] qui dure depuis longtemps.

Greg Cook, travailleur de proximité

La Ville de Toronto ne sait pas comment nous aider, dit Jesse Iker. Ils ne savent même pas par où commencer, ajoute-t-il.

Greg Cook est témoin du quotidien des Torontois qui vivent dans la rue.

La réduction de la capacité à l'intérieur des refuges et les craintes entourant la contamination par la COVID-19 sont deux des raisons pour lesquelles certains sans-abri se retrouvent dans une tente dans la plus grande ville du Canada ces dernières semaines.

Un homme regarde droit devant lui.

Greg Cook est travailleur de proximité pour Sanctuary Ministries, l'un des groupes exigeant que deux mètres de distance entre les personnes soient respectés dans les refuges pendant la pandémie.

Photo : CBC/Lorenda Reddekopp

La Ville de Toronto est consciente qu'il y a eu une augmentation du nombre et de la taille des campements ainsi qu'une augmentation des préoccupations concernant la sécurité et le bien-être des personnes vivant à l'extérieur, et l'impact sur la communauté locale, écrit le Service de refuge et de soutien au logement de Toronto (Shelter, Support and Housing Administration) par courriel.

La Ville assure que des travailleurs sont sur le terrain et que davantage d'endroits temporaires ont été ouverts pour loger des sans-abri.

Un parc avec des tentes installées.

De plus en plus de regroupements de tentes ont été remarqués au mois d'avril, notamment près de l'association caritative Sanctuary. Greg Cook estime que la situation ne va qu'empirer malgré les efforts sur le terrain.

Photo : Fournie par Greg Cook

[Nous travaillons] sans relâche pour sécuriser des espaces intérieurs supplémentaires pour tous ceux qui dorment à l'extérieur, ajoute le Service de refuge et de soutien au logement de Toronto par voie de communiqué.

Toronto dit prioriser la santé et la sécurité en retirant ces campements interdits par des règlements municipaux.

La COVID-19 sévit toujours

Pendant ce temps, la pandémie n'a pas pris de pause même si le nombre de nouveaux cas de COVID-19 semble stable en Ontario.

La santé publique de Toronto recense un total de 628 infections liées aux éclosions dans les refuges. Cinq personnes qui fréquentaient ces centres sont mortes de la COVID-19, dont trois qui avaient contracté le coronavirus dans les refuges. Le dernier décès remonte au 28 mai.

Selon Greg Cook et d'autres intervenants de rue, des cas ont été confirmés dans une trentaine de refuges depuis le début de la crise sanitaire.

Ils dénombrent une trentaine de cas actifs de la maladie parmi les personnes qui fréquentent les refuges de Toronto et les membres de leur personnel.

Une de ces personnes infectées est hospitalisée.

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