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Les syndiqués pourraient cesser de financer les activités politiques de leur syndicat

Une personne parle au micro devant les manifestants.

S'il est adopté, ce projet de loi pourrait réduire le nombre de manifestations syndicales, activités de lobbying et campagnes publicitaires des syndicats en Alberta.

Photo : Radio-Canada / Julie Prejet

Audrey Neveu

Les syndiqués albertains pourraient avoir l'option de ne plus payer la partie de leurs cotisations servant à financer les activités politiques de leur syndicat, si le projet de loi 32 du gouvernement de Jason Kenney est adopté.

Selon le premier ministre de l'Alberta, cette mesure vise à redonner du pouvoir aux Albertains qui sont en désaccord avec leur syndicat : Ça donne l'imputabilité pour les leaders de ces syndicats. Il faut convaincre le membre s'il veut financer la campagne pour ou contre leurs intérêts économiques.

Il donne en exemple Unifor, le plus important syndicat du secteur privé au Canada, qui a fait campagne ces dernières années contre les projets de pipeline Northern Gateway et l’expansion de Trans Mountain. Pourtant, Unifor représentait des travailleurs de l’industrie énergétique, rappelle Jason Kenney.

Les membres de ces syndicats doivent avoir la possibilité de s'opposer aux stratégies politiques de leurs syndicats contre leurs propres emplois.

Jason Kenney, premier ministre de l'Alberta

C’est ce que souhaitait Christian Thebeau, un travailleur de l’industrie énergétique. Je me sentais comme si on n'avait pas de voix, affirme-t-il. Si notre syndicat décide d’appuyer un projet, on n’a pas d'option pour dire ‘’oui’’ ou ‘’non, je suis contre’’, affirme-t-il.

Il estime toutefois que les syndicats devraient pouvoir continuer à militer en faveur de certaines causes et il n’appuie pas les conditions imposées aux lignes de piquetage par le projet de loi.

Une mesure superflue et inquiétante, selon les grands syndicats

Le président de l’Association des enseignants de l’Alberta, Jason Schilling, s’inquiète de sa capacité à continuer de défendre l’instruction publique et diverses causes de justice sociale, comme la lutte contre le racisme systémique.

Jason Schilling se tient devant une affiche de son syndicat, dans ses bureaux.

Le président de l'Association des enseignants de l'Alberta affirme que les activités politiques de son syndicat ne représentent qu'une petite portion de ses dépenses.

Photo : Radio-Canada / Jordan Mesiatowski

Il rappelle que les membres de son syndicat votent déjà sur ses activités politiques lorsqu’ils approuvent son budget annuel.

L’Association des enseignants de l'Alberta a un processus interne démocratique. Nos membres ont leur mot à dire sur la manière dont est dépensé l’argent.

Jason Schilling, président de l'Association des enseignants de l'Alberta

Jason Schilling rappelle que ses membres ont pleinement appuyé le budget annuel du syndicat l’an dernier. Ce budget accordait une place importante aux activités en faveur de l’instruction publique pendant la campagne électorale provinciale. Nos membres ont appuyé ce budget, insiste-t-il.

Le président du Syndicat de la fonction publique de l’Alberta, Guy Smith, estime que le gouvernement provincial n’a pas à se mêler de la manière dont les cotisations syndicales de ses membres sont versées. De son côté, le syndicat des ouvriers de la construction applaudit le projet de loi dans son ensemble.

Une contestation constitutionnelle à venir?

La chef de l’opposition officielle, la néo-démocrate Rachel Notley, estime que ce projet de loi ne sert qu’à museler les syndicats et à les empêcher de défendre les droits de leurs membres. Selon elle, le projet de loi est inconstitutionnel et ne passera pas le test des tribunaux.

L’Association des enseignants et le Syndicat de la fonction publique de l’Alberta étudient déjà la possibilité de le contester en cour.

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