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Visas d'étudiants étrangers : Harvard et le MIT poursuivent l'administration Trump

Assise à son bureau, une étudiante suit un cours en ligne de chez elle avec une fenêtre en arrière-plan.

Des universités américaines ont pris la décision d'offrir leurs cours en ligne en raison de la pandémie de coronavirus.

Photo : Reuters / NATHAN FRANDINO

Agence France-Presse

Nouvelle bataille judiciaire pour l’administration Trump, qui fait pression pour qu'écoles et universités rouvrent à la rentrée malgré la pandémie : les universités de Harvard et le Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont demandé mercredi à un tribunal fédéral de bloquer sa décision de révoquer les visas pour les étudiants étrangers dont les cours resteront virtuels à la rentrée.

La police fédérale de l'immigration et des douanes (ICE) avait annoncé lundi que les étudiants étrangers ne seraient pas autorisés à rester aux États-Unis si leurs universités décidaient, pour cause de pandémie, d'enseigner uniquement en ligne à la rentrée, comme Harvard l'a annoncé récemment. La décision avait suscité un tollé des organisations représentatives des universités.

Mercredi, alors que la pandémie continuait de progresser aux États-Unis – pays le plus endeuillé avec plus de 131 000 morts du coronavirus et 3 millions d'infections détectées – Harvard et le MIT, deux institutions d'enseignement et de recherche parmi les plus célèbres au monde, ont déposé une plainte au civil devant le tribunal fédéral de Boston visant le département de la Sécurité intérieure et l'ICE.

Elle accuse la décision du gouvernement Trump d'être arbitraire et capricieuse et de constituer une tentative de forcer les universités à reprendre l'enseignement présentiel, au mépris des risques sanitaires encourus. Les deux institutions demandent au tribunal d'en empêcher l'entrée en vigueur.

Les responsables des deux institutions, qui comptent ensemble quelque 9000 étrangers sur un total de quelque 35 000 étudiants, expliquent que la décision-surprise annoncée par l'ICE les a plongés, comme l'ensemble des établissements d'enseignement supérieur américains, dans le chaos.

Elle a été prise sans tenir compte de la santé des étudiants, des professeurs, du personnel administratif et de leur environnement et laisse des centaines de milliers d'étudiants étrangers sans possibilité d'étudier aux États-Unis, écrivent-ils.

Nous défendrons ce dossier avec détermination afin de permettre à nos étudiants étrangers – et aux étudiants étrangers de toutes les universités du pays – de continuer leurs études sans risquer d'être expulsés, a indiqué le président de Harvard, Lawrence Bacow, dans un tweet.

La décision est tombée sans prévenir – sa cruauté n'excède que son imprudence.

Lawrence Bacow, président de Harvard

Pour leur permettre de rester légalement, l’administration Trump demande aux étudiants de se faire transférer dans des établissements qui reprendront l'enseignement présentiel, mais à quelques semaines de la rentrée, l'essentiel des étudiants ne le peuvent pas, soulignent encore Harvard et le MIT.

Pression pour rouvrir les écoles

Depuis des semaines, Donald Trump, qui a hâte de voir repartir l'économie à l'approche de la présidentielle de novembre, prône une réouverture des établissements scolaires.

Mercredi encore, le président républicain a tweeté plusieurs fois en ce sens. Il s'est dit en désaccord avec les consignes très dures et coûteuses diffusées par les Centres de prévention des maladies (CDC) pour rouvrir les écoles, indiquant qu'il allait les rencontrer.

Il a cité l'exemple de plusieurs pays européens qui ont ouvert les écoles sans problème et a menacé les élus démocrates, qu'il accuse de vouloir maintenir les écoles fermées pour des raisons politiques, de couper leurs subventions fédérales s'ils ne les rouvraient pas.

Beaucoup d'écoles et d'universités n'ont pas encore pris de décision définitive sur la façon dont elles dispenseront leur enseignement à la fin de l'été. Nombreuses sont celles préparant un système hybride, avec quelques cours en présentiel et le reste de l'enseignement dispensé en ligne, pour pouvoir répartir les étudiants en petits groupes et respecter les règles de distanciation.

Le maire de New York s'est ainsi dit prêt, mercredi, à accueillir à nouveau son 1,1 million d'élèves dans les écoles publiques – fermées depuis le 16 mars – moyennant trois jours de classe par semaine seulement.

Le gouverneur de l’État, Andrew Cuomo, a cependant indiqué qu'il refusait d'entériner ce plan pour l'instant, soulignant qu'il ne prendrait aucune décision sur la réouverture des écoles avant début août.

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