•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La police d'Edmonton critiquée après une arrestation filmée

Un homme est couché au sol. Six policiers sont sur lui. Un autre policier est debout et regarde la scène.

Six policiers sont sur Jamie-Dean Sauter dans un dépanneur Circle K d'Edmonton le 14 mai dernier.

Photo : Joshua Powell

Radio-Canada

Une autre vidéo montrant une arrestation policière musclée en mai dernier à Edmonton a fait surface mercredi. L'homme arrêté a déjà porté plainte contre les policiers car, d’après lui, il a été injustement traité.

L'événement a eu lieu dans un dépanneur Circle K le 14 mai dernier, soit 11 jours avant la mort de George Floyd à Minneapolis.

Des policiers ont arrêté Jamie-Dean Sauter pour possession d'un véhicule volé. L'homme de 37 ans assurait pourtant aux agents avoir tous les papiers pour leur prouver le contraire.

Malgré cela, il a été plaqué au sol et six policiers se sont précipités sur lui pour le menotter.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Vidéo de l'arrestation policière prise par un témoin

Un agent est arrivé sur la droite et il m’a frappé très fort au visage, explique Jamie-Dean Sauter. J’étais déjà au sol, je n’étais plus un danger pour eux. Je ne tentais pas non plus de les attaquer.

Pendant son arrestation, M. Sauter affirme qu’un policier a aussi frotté sa botte sur son visage.

C’était la chose la plus humiliante et dégoûtante.

Jamie-Dean Sauter

Selon ce qu’il a écrit dans la plainte contre les policiers, Jamie-Dean Sauter pense que la couleur de sa peau a influencé la manière dont s'est déroulée l'arrestation.

Un homme qui regarde au sol. Il porte une chemise et un veston. Il a une coupe de cheveux avec une frange.

Jamie-Dean Sauter, 37 ans, n'a jamais eu de démêlé avec la justice avant cette arrestation en mai.

Photo : CBC

Après avoir été enfermé dans une cellule pendant trois heures, aucune accusation criminelle n'a finalement été déposée contre lui. La police municipale a conclu que sa plaque d'immatriculation avait été remplacée par une plaque volée.

Un témoin arrêté

Selon un client du dépanneur qui a filmé la scène, l’usage de la force sur Jamie-Dean Sauter était démesuré pendant son arrestation.

Il me semblait innocent, j’ai naturellement sorti mon cellulaire pour filmer, explique Joshua Powell.

Ce dernier a lui-même été accusé d'entrave à la justice dans cette affaire. Les policiers lui ont demandé de reculer dans le magasin lors de l’arrestation. Toutefois, d’après Joshua Powell, il a obtempéré. L’homme de 24 ans pense que s’il a été arrêté, c’est parce qu’il a critiqué le travail des policiers.

Son avocat, Tom Engel, conteste l'ampleur de l'intervention de la police ce soir-là : Si on réussit à réunir autant d’agents pour une histoire d'immatriculation volée, il y a évidemment trop d'argent dans le budget de la police d’Edmonton.

Mercredi, le Bureau des poursuites de la Couronne a annoncé avoir abandonné les accusations contre son client.

Un traumatisme

Cependant, comme Jamie-Dean Sauter, Joshua Powell garde un terrible souvenir de cette journée : J’étais honnêtement traumatisé. Dans la cellule de détention, j’ai fait une sorte de dépression nerveuse. Je frappais sur la porte toutes les cinq minutes pour essayer de comprendre ce qui se passait.

Aujourd’hui, la Direction des normes professionnelles du Service de police d'Edmonton enquête sur ces deux arrestations. Pour cette raison, elle refuse de commenter l'affaire.

La police confirme toutefois que huit de ses agents sont visés par l’enquête. Dans un communiqué mercredi, le service de police indique qu’il est trop tôt encore pour déterminer si un changement au statut de ces policiers est nécessaire. 

De son côté, Jamie-Dean Sauter tente tranquillement de se remettre de ces événements, tant mentalement que physiquement, mais souffre de migraines et d’une blessure au dos.

À l’avenir, il souhaite que les policiers soient tenus plus responsables de leurs agissements en portant des caméras d’intervention.

Avec les informations de Janice Johnston

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !