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Le programme de nettoyage des puits de pétrole cristallise les frustrations en Alberta

Un chevalet de pompage près de Cremona, au sud de l'Alberta.

Une entreprise de Calgary a soumis 2800 demandes différentes depuis le 1er mai pour faire nettoyer ses puits. À ce jour, elle n'a reçu que quatre réponses positives.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada

Attente prolongée et confusion sont monnaie courante pour ceux qui réclament leur part d’un programme d’un milliard de dollars visant à nettoyer les puits de pétrole et de gaz inactifs et orphelins.

Financé par le gouvernement fédéral et distribué par les gouvernements de l’Alberta (un milliard de dollars), de la Saskatchewan (400 millions de dollars) et de la Colombie-Britannique (120 millions de dollars), le programme de nettoyage des puits de pétrole et de gaz inactifs et orphelins de l’ouest ne se passe pas comme les entreprises l’auraient espéré.

Scott Darling, directeur de l’entreprise calgarienne Performance Energy Services and Production, est ravi de l'existence du programme, mais il est moins ravi des nuits blanches qu’il lui a fait passer. On était une équipe de sept personnes à remplir les demandes, deux d'entre nous n'ont pas dormi de la nuit quand le programme a été lancé, il y avait beaucoup de confusion et de frustration, affirme-t-il.

En tout, ses équipes ont rempli 2800 demandes de financement. À ce jour, ils ont reçu quatre réponses positives et 126 refus. Celles pour lesquelles on a reçu un rejet, cela disaient juste "information manquante", mais on ne sait pas ce qu’il manquait, par rapport à celles qui ont été approuvées se désole-t-il. Selon lui, ses collègues de l'industrie sont tout aussi perdus. Il demande donc une meilleure communication de la part du gouvernement.

Je voudrais juste un peu plus de clarté sur ce qu’il se passe.

Scott Darling, directeur de Performance Energy Services and Production

Pour lui, et pour bien d’autres acteurs des secteurs pétrolier et gazier, cet argent est essentiel pour rester à flot. En effet, les producteurs ne dépensent pas leur propre argent pour nettoyer les puits inactifs, puisqu’ils attendent de savoir s’ils auront de l’argent fédéral. Les travaux de remise en état sont donc au point mort, ce qui est l’inverse du but de ce programme de relance.

Un portrait de Scott Darling.

Scott Darling, directeur de Performance Energy Services and Production demande une meilleure communication de la part du gouvernement albertain en ce qui concerne le programme de nettoyage des puits inactifs de la province.

Photo : Dave Rae

Cela a mis un coup d’arrêt à l’industrie, mais vous ne pouvez pas blâmer les producteurs de pétrole et de gaz alors qu’ils attendent de savoir si peut-être, ils peuvent obtenir une part du gâteau, se défend Scott Darling.

Pour s’adapter à sa nouvelle réalité, il a dû se séparer de 40 % de ses employés. On doit se séparer de gens très bien... et on espère qu’ils seront encore dans le coin quand tout cela sera fini et que l’on pourra se remettre au travail, espère-t-il néanmoins.

La province dépassée par le nombre de demandes

Kevin Neveu, directeur de Precision Drilling, est dans la même situation et confirme la lenteur du processus de financement. Une lenteur qu’il impute au grand nombre d’entreprises ayant envoyé une demande. Je pense que le gouvernement provincial s’attendait à quelque chose de gros, mais n’avait aucune idée du nombre de demandes qu’il allait recevoir, déclare-t-il.

Un scénario qui semble être confirmé par les principaux intéressés disant avoir reçu plus de 36 000 demandes. C’est beaucoup plus que ce que le ministère de l'Énergie prévoyait, écrit Kavi Bal, attaché de presse du ministère de l’Énergie.

À ce stade (la phase 1 du programme, qui visait à répondre aux demandes les plus simples et les plus directes), l’Alberta a distribué plus de 64,5 millions de dollars, sur un milliard, à 140 entreprises de la province.

Difficulté à gérer plusieurs demandes pour un seul puits

Selon les acteurs de l’industrie, les retards et les lenteurs dans l'attribution des fonds peuvent aussi être liés au fait que différentes demandes pour un seul puits peuvent être étudiées à différents moments. Par exemple, une entreprise peut recevoir l’autorisation de nettoyer la tête du puits et le terrain, mais le puits doit d'abord être assaini sous la surface. Pour que le reste du travail soit enclenché, il faut d'abord attendre que la demande concernant le sous-sol ait été approuvée et que ce travail ait été fait.

C’est comme construire une maison : on ne peut pas faire l’électricité avant d’avoir bâti les murs, illustre Elizabeth Aquin, qui affirme que tout doit être fait dans un ordre précis.

La directrice par intérim de l'Association des fournisseurs de services pétroliers du Canada estime pourtant que chacun fait de son mieux pour éviter les frustrations de part et d’autre.

Les décisions qui concernent les prochaines phases sont en train d’être finalisées à partir des commentaires de l’industrie et des parties prenantes. Alberta Energy étudie différentes façons de distribuer le financement grâce à un processus équitable, détaille, pour sa part, Kavi Bal, défendant la bonne volonté du gouvernement.

Avec les informations de Kyle Bakx

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