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Un vent d'espoir pour l'immigration francophone hors Québec?

Des personnes dont on ne voit pas le visage sont assises et tiennent dans leurs mains un drapeau canadien.

En 2019, près de 8500 immigrants francophones se sont installés à l'extérieur du Québec.

Photo : Reuters / Mark Blinch

Il y a eu plus d'immigrants francophones à l 'extérieur du Québec en 2019 que l'année précédente. Le nombre d'immigrants francophones au Manitoba est lui aussi en hausse. Toutefois, on est encore loin des cibles fixées par les gouvernements fédéral et provincial.

En tout, 8470 nouveaux résidents permanents d'expression française se sont établis dans les communautés francophones en situation minoritaire en 2019, soit 2,82 % du total canadien. En 2018, ils étaient 1,82 % à se retrouver à l'extérieur du Québec.

Le Manitoba a accueilli l'an dernier 615 nouveaux résidents permanents d'expression française, soit 3,25 % des nouveaux arrivants. C'est une proportion trois fois plus forte que l'année précédente, qui place le Manitoba au premier rang dans les Prairies et à la quatrième place à l'échelle nationale, après l'Ontario, le Nouveau-Brunswick et la Colombie-Britannique.

Daniel Boucher, directeur général de la Société de la francophonie manitobaine (SFM), mesure le chemin parcouru. « On a fait d'énormes progrès au niveau de nos communications, de nos systèmes. Ça a pris trop de temps, mais je pense qu'on est maintenant sur la voie du progrès », note-t-il.

Le directeur général de la Société de la francophonie manitobaine, Daniel Boucher

Le directeur général de la Société de la francophonie manitobaine, Daniel Boucher

Photo : Radio-Canada

Mais on est encore loin de la cible annuelle de 7 % d'immigrants francophones fixé par la province.

À l'échelle nationale, la proportion de nouveaux résidents permanents francophones établis à l'extérieur du Québec a aussi augmenté l'année dernière, passant de 1,82 % en 2018 à 2,82 % en 2019.

Le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), Jean Johnson, explique cette augmentation en partie grâce au programme Mobilité francophone mis en place en 2016.

En vertu de ce programme, les travailleurs temporaires francophones hors Québec peuvent faire une demande de résidence permanente.

Selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, Mobilité francophone a attiré 1811 personnes dans ces régions l'an dernier. Une démarche que le président de la FCFA qualifie de prometteuse.

Mais, en dépit de tous les efforts, Jean Johnson tient à rappeler qu'on est encore loin du seuil annuel de 4,4 % d'immigrants francophones hors Québec fixé par Ottawa.

Je pense qu'il est crucial qu'on ait une conversation et que les communautés francophones soient au cœur des prochaines démarches stratégiques pour se rendre là où le gouvernement fédéral veut se rendre, affirme-t-il.

D'après lui, la FCFA est un partenaire indispensable, puisqu'elle est la seule entité au Canada doté d'un réseau pancanadien pour l'immigration francophone.

Cela nous a permis de créer un réseau d'experts et de compétences au-delà de ce qui existe présentement au sein du ministère, fait remarquer le président de la FCFA.

Un seuil réaliste?

La cible du gouvernement fédéral, qui établit un seuil de 4,4 % d'immigrants francophones pour l'ensemble des provinces où se trouvent les communautés francophones en situation minoritaire, existe depuis plus d'une dizaine d'années maintenant. Cependant, elle n'a jamais été atteinte jusqu'à présent. Cet objectif est-il déraisonnable?

Non, rétorque Jean Johnson. Je pense qu'on ne s'est jamais donné les moyens parce qu'on a eu tendance à utiliser les stratégies d'immigration de la société civile anglophone dominante, dit-il.

Jean Johnson, le président de la FCFA, est au podium devant des drapeaux.

Jean Johnson, président de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA).

Photo : Radio-Canada

On maintient le statu quo et on essaie d'adapter de petites mesures pour pallier la différence, mais ça ne fonctionne pas, souligne-t-il. Selon lui, l'immigration francophone doit être conçue avec une stratégie totalement différente.

Il voudrait une politique exigeant la mise en place des moyens propres à ce type d'immigration, et qui doit miser sur les compétences au sein des communautés francophones en situation minoritaire.

Pour doper l'immigration francophone hors Québec, Jean Johnson préconise également de faciliter l'entrée au Canada à certaines personnes.

J'entends des compatriotes canadiens issus de l'immigration qui ont des membres de leurs familles et des gens qu'ils connaissent dans leur pays d'origine dire que ces derniers attendent depuis sept à huit ans pour immigrer au Canada. Ce n'est pas acceptable, affirme-t-il.

Jean Johnson estime qu'il reste beaucoup de travail à faire et de nombreuses possibilités à saisir. Il ajoute qu'il faut aussi une volonté politique pour y parvenir.

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