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Huit candidats pour un mandat exigeant à la tête de l'OMC

Le siège de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève, en Suisse.

La procédure de désignation du chef de l'OMC n'est pas une élection, mais un mécanisme consensuel qui fonctionne par élimination.

Photo : Reuters / Denis Balibouse

Agence France-Presse

Huit candidats se sont alignés mercredi pour reprendre la tête de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), une institution attaquée par Washington et confrontée à d'énormes défis en pleine crise économique mondiale.

Juste avant la limite requise, l'ancien ministre saoudien de l'Économie et de la Planification Mohammed Al-Tuwaijri s'est lancé dans la course, tout comme l'ancien ministre britannique du Commerce extérieur Liam Fox, soutenu par le premier ministre britannique, Boris Johnson.

Quelques heures auparavant, l'ancienne ministre kényane des Sports Amina Mohamed, qui a présidé les trois organes les plus importants de l'OMC par le passé, s'était déclarée candidate.

Cinq autres candidats – un Mexicain, un Égyptien, une Nigériane, un Moldave et une Sud-Coréenne – prétendent également à la succession du Brésilien Roberto Azevedo.

En plein marasme économique mondial causé par la pandémie de COVID-19, plusieurs chantiers de taille attendent le futur patron de l'OMC : préparer la conférence ministérielle de 2021, donner un coup de fouet aux négociations qui piétinent, et surtout tenter de relancer le dialogue avec les États-Unis, au plus bas.

Washington a menacé de quitter l'OMC, qu'il qualifie de gâchis, et paralyse depuis décembre le tribunal d'appel de l'organe de règlement des différends (ORD) de l'OMC.

Les États-Unis, s'estimant traités inéquitablement par le gendarme du commerce mondial, réclament sa refonte, ainsi que le retrait de la Chine de la liste des pays en développement.

C'est dans ce contexte que M. Azevedo a annoncé à la surprise générale, à la mi-mai, qu'il quitterait ses fonctions fin août, un an avant la fin de son mandat, pour raisons familiales, obligeant les 164 membres de l'OMC à lui trouver un successeur en trois mois au lieu de neuf.

La procédure de désignation du chef de l'OMC n'est pas une élection, mais un mécanisme consensuel qui fonctionne par élimination. En dernier recours, un vote est possible, mais n'a jamais été utilisé.

Du 15 au 17 juillet, les candidats seront entendus par le Conseil général de l'OMC, l'organe de décision suprême de l'organisation, qui rassemble tous les membres de l'OMC. Ils seront ensuite éliminés au fur et à mesure.

En pleine recrudescence des tensions internationales entre les États-Unis et la Chine, l'entreprise s'annonce périlleuse cette année.

Si le processus de désignation du prochain directeur général est fortement politisé, cela pourrait avoir un effet bloquant, relève ainsi une source diplomatique.

Sans consensus, l'un des vice-directeurs de l'OMC prendra les rênes par intérim.

L'Afrique a deux candidats

L'Afrique n'ayant jamais eu de représentant à la tête de l'OMC, le continent espère avoir ses chances, même s'il n'existe pas de règle d'appartenance régionale. Mais les Africains n'ont pas réussi à proposer un candidat unique.

L'Union africaine, prise de court par le départ précipité de Roberto Azevedo, avait officiellement sélectionné trois noms, mais parmi eux, seul l'Égyptien Hamid Mamdouh, ancien haut fonctionnaire de l'OMC ayant également la nationalité suisse, a déposé sa candidature.

Le Nigeria a par ailleurs présenté Ngozi Okonjo-Iweala, une décision qui fait l'objet d'un différend juridique avec l'Union africaine. Malgré ce différend, la candidate du Nigeria gagne du terrain en Afrique, observe une source diplomatique. Mme Okonjo-Iweala, ancienne ministre des Finances et des Affaires étrangères et présidente de l'Alliance mondiale pour les vaccins et vaccinations (GAVI), assure aussi recevoir un soutien énorme.

Je suis sûre que l'Union africaine prendra une décision pour choisir et soutenir le candidat qui le mérite, avait déclaré fin juin cette ancienne directrice des opérations de la Banque mondiale, qui pilote depuis peu l'un des programmes de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la lutte contre la COVID-19.

Elle fera face à deux autres femmes, la ministre du Commerce de la Corée du Sud, Yoo Myung-hee, et la Kényane Amina Mohamed, déjà candidate face à M. Azevedo en 2013.

Le Mexicain Jesus Seade Kuri, également de nationalité libanaise, est, à 73 ans, le candidat le plus âgé. Ancien directeur général adjoint de l'OMC, il a occupé des postes à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international.

Tudor Ulianovschi, ancien ministre des Affaires étrangères moldave, est quant à lui le plus jeune candidat (37 ans).

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