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Critiquée par Trump, la santé publique révise ses recommandations pour les écoles

Mike Pence, devant un micro, s'adresse aux journalistes, aux côtés de la Dre Deborah Birx, qui porte un masque.

Le vice-président Pence était à l'avant-plan lors de la conférence de presse de la Maison-Blanche sur le coronavirus.

Photo : Reuters / CARLOS BARRIA

Radio-Canada

Quelques heures après que Donald Trump eut critiqué les recommandations pour la réouverture des écoles formulées par les experts fédéraux en santé publique, le vice-président Mike Pence a indiqué, mercredi, que de nouvelles directives seraient données la semaine prochaine.

Il est absolument essentiel que nous ramenions nos enfants dans les salles de classe pour un apprentissage en personne, a martelé Mike Pence au cours d'une conférence de presse consacrée au coronavirus, qui a désormais infecté plus de 3 millions d'Américains et tué au moins 134 000 d'entre eux.

Faisant sienne la position du président, Mike Pence a défendu l'idée que les lignes directrices élaborées par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ne devaient pas être un obstacle au retour en classe.

Je pense que chaque Américain sait que nous pouvons rouvrir nos écoles en toute sécurité.

Mike Pence, vice-président des États-Unis

Les CDC publieront la semaine prochaine cinq documents différents qui donneront encore plus de clarté sur les orientations à venir, a soutenu M. Pence.

En matinée, le président Trump a ouvertement exprimé sur Twitter son désaccord quant aux recommandations très strictes et coûteuses des CDC à l'endroit des établissements scolaires, les jugeant très peu pratiques.

Dans leur série de recommandations visant les écoles primaires et secondaires, publiée il y a quelques semaines, les CDC ont par exemple suggéré de séparer les pupitres par au moins deux mètres lorsque c'est possible, de décaler les heures d'arrivée, de demander au personnel de porter un masque, de vérifier la température quotidienne de toutes les personnes entrant dans les établissements scolaires, d'assurer une bonne ventilation ainsi que d'interdire l'utilisation des cafétérias ou des équipements dans la cour de récréation.

Mike Pence a en outre insisté sur les conséquences, pour les élèves, du retard scolaire que pourrait entraîner le statu quo.

Il est clair que la capacité de ce virus à provoquer des maladies importantes chez les enfants est très, très, très, très limitée, a pour sa part affirmé le directeur des CDC, le Dr Robert Redfield, l'un des participants à la conférence de presse. Il serait très décevant pour moi et, je le sais, pour mon agence, si nous voyions des personnes utiliser [les] lignes directrices des [CDC] pour justifier que nos écoles ne rouvrent pas.

Aux côtés du vice-président, plusieurs responsables ont mis de l'avant les avantages d'un retour en classe, autant pour les élèves que pour les familles, présentant la réouverture des écoles comme une étape importante de la reprise américaine.

Couper les vivres à certaines écoles

Toujours sur Twitter, Donald Trump a même menacé de priver d'aide financière fédérale les écoles qui refuseraient de rouvrir leurs portes à leurs élèves. Les élèves de plusieurs pays européens peuvent fréquenter l'école SANS AUCUN PROBLÈME, a-t-il soutenu, avec une graphie insistante.

Les experts font cependant valoir que bon nombre de ces pays ont toutefois attendu d'avoir maîtrisé la propagation du virus avant de donner le feu vert aux écoles, en plus de mettre en place des mesures pour contrôler le coronavirus.

Plus tôt cette semaine, le président américain a indiqué qu'il ferait pression sur les gouverneurs et les écoles.

Un absent notoire

Il y a un scientifique dont l'absence a une fois de plus été remarquée lors de la conférence de presse de la cellule de crise de la Maison-Blanche sur le coronavirus : l'épidémiologiste en chef de la Maison-Blanche, le Dr Anthony Fauci, que le président Trump avait critiqué à nouveau la veille.

La situation actuelle n’est vraiment pas bonne, a averti cette semaine le directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses, rappelant que le pays était encore en plein dans la première vague. On ne peut pas se consoler d'un taux de mortalité plus faible, a-t-il soutenu, insistant sur les conséquences potentiellement sérieuses de la maladie.

Je pense que nous sommes en bonne position. Je ne suis pas d’accord avec lui, a réagi le président au cours d'une entrevue, mercredi, affirmant, en évoquant le port du masque, que le Dr Fauci avait dit plusieurs choses contradictoires. Je n'ai pas écouté mes experts, a-t-il dit, se vantant d'avoir fermé les frontières aux étrangers arrivant de Chine en janvier. Nous aurions été dans une situation bien pire.

Nous avons fait du bon travail. Je pense que d’ici deux, trois, quatre semaines, nous serons dans une excellente position, a prédit M. Trump.

Le président a rabroué le Dr Fauci à quelques reprises, notamment en mai dernier, quand celui-ci a mis en garde contre une levée trop rapide des restrictions et une réouverture prématurée des écoles.

De sommet en sommet

L'administration Trump lance son plaidoyer pour la réouverture des écoles au moment où le pays est entraîné dans une nouvelle spirale depuis des semaines. Pour la première fois depuis le début de la pandémie, les États-Unis ont franchi le cap des 60 000 nouveaux cas quotidiens, mardi.

Au cours des derniers jours, le nombre de nouveaux cas était redescendu sous la barre des 50 000, mais le week-end de la fête nationale est susceptible d'avoir entraîné des retards dans le recensement des données.

La situation est particulièrement préoccupante dans le sud du pays. Selon CNBC, le Texas, la Californie, l'Arizona et la Floride comptent pour près de la moitié des nouveaux cas recensés récemment.

Près de 42 000 patients atteints de la COVID-19 sont en outre hospitalisés à l'échelle nationale, un bilan en augmentation constante depuis environ trois semaines. CNN a rapporté que sept États déploraient un nombre record d'hospitalisations.

D'après le site Worldometers, près de 1000 morts ont été rapportées mercredi pour l'ensemble des États-Unis, un chiffre de beaucoup supérieur à ceux des derniers jours.

Avec les informations de New York Times

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