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Le mécanisme de développement du glioblastome mieux compris

Environ 1500 nouveaux cas de ce type de cancer du cerveau sont signalés annuellement au Canada.

Illustration montrant une tumeur dans un cerveau humain.

La médiane de survie d'une personne présentant un glioblastome est d’environ 15 mois.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les cellules cancéreuses à division rapide qui réagissent aux traitements contre le glioblastome ont été mises en évidence par des chercheurs du Neuro (Institut et hôpital neurologiques de Montréal) associé à l’Université McGill.

Le glioblastome est le type le plus courant et le plus agressif de tumeur cérébrale primaire maligne.

La plupart de ces tumeurs se produisent dans les hémisphères cérébraux, mais peuvent également se développer dans d’autres parties du cerveau, comme :

  • le tronc cérébral;
  • la moelle épinière;
  • le corps calleux qui lie les hémisphères.

Repères

  • Le glioblastome se manifeste à tout âge, mais frappe principalement les adultes entre 45 et 75 ans.
  • Seulement 3 % des tumeurs cérébrales chez les enfants sont des glioblastomes.
  • La médiane de survie est d’environ 15 mois et la survie de deux ans représente 30 % des patients.
  • Près de 10 % des personnes atteintes de glioblastome vivent au moins cinq ans.

Ce type de cellules tumorales est très résistant aux traitements, puisque beaucoup de médicaments ne peuvent pas traverser la barrière hématoencéphalique pour agir sur les tumeurs. Il faut savoir que le cerveau est isolé du reste de l’organisme par cette barrière qui contrôle étroitement les échanges entre les compartiments sanguin et cérébral.

Jusqu’à maintenant, les chercheurs pensaient que les cancers du cerveau résistaient aux traitements parce que chaque tumeur était formée de différents types de cellules. La présente étude met plutôt en évidence une hiérarchie cellulaire issue d’un seul type de cellule cancéreuse.

Le Dr Kevin Petrecca et ses collègues, dont les travaux publiés dans la revue Nature Communications (Nouvelle fenêtre) (en anglais), pensent qu’on pourrait cibler ce type de cellules pour en ralentir la progression.

Cette découverte a été rendue possible grâce au plus ambitieux projet de séquençage des ARN de cellules cancéreuses jamais réalisé. Pas moins de 55 000 cellules de glioblastomes et 20 000 cellules cérébrales saines ont été analysées dans ces travaux.

En détail

Le groupe de chercheurs montréalais a découvert que chaque tumeur contenait cinq types de cellules, qui sont semblables à ceux qu’on retrouve dans le cerveau humain sain.

Mais, pour la première fois, ces chercheurs ont détecté ce qu’ils appellent une cellule souche de glioblastome (CSG) progénitrice, soit le type de cellule à l’origine de toutes les cellules cancéreuses, et ont établi la hiérarchie cellulaire dont elle est la source.

Ces cellules progénitrices se propagent beaucoup plus rapidement que les cellules cancéreuses matures et elles forment la grande majorité des cellules en division de la tumeur, bien qu’elles constituent une relativement petite fraction de sa masse totale, notent les chercheurs dans un communiqué publié par le Neuro.

Comme ces cellules à division rapide sont les premières à être détectées, elles sont une cible de traitement prometteuse.

Chercheurs du Neuro

Après avoir mis en évidence des vulnérabilités moléculaires des CSG progénitrices, les chercheurs les ont ciblées. Résultat : les taux de survie et de prolifération des cellules ont diminué.

Mieux encore, dans des modèles précliniques de maladie, ce traitement a freiné la croissance des tumeurs et a fait augmenter le taux de survie.

Nos travaux aident à mieux caractériser l’hétérogénéité complexe des glioblastomes; ils proposent un nouveau cadre qui invite à reconsidérer leur nature.

Kevin Petrecca, Neuro

Ils montrent également que, contrairement à ce qu’on a cru pendant des décennies, les cellules souches de glioblastome sont celles qui se divisent le plus rapidement dans la tumeur, et nous avons trouvé de nouvelles façons de les cibler, ajoute le chercheur dans le communiqué.

Mais il reste beaucoup de chemin à parcourir pour comprendre complètement les glioblastomes.

En outre, note le Dr Petrecca, on ne comprend pas encore très bien comment ces cellules interagissent avec le cancer, mais notre étude constitue un bon point de départ pour comprendre les origines du glioblastome et son évolution avant les traitements.

Ce type de cancer reste rare et ne représente que 2 ou 3 cas pour 100 000 personnes en Occident.

Il semble que presque tous les cas sont sporadiques, sans prédisposition familiale, même si des anomalies chromosomiques sont fréquemment observées dans ces tumeurs.

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