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Les logements abordables, une denrée rare pour les familles à Rimouski

Des logements sociaux à Rimouski.

Des logements sociaux à Rimouski (archives)

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Douze familles ont failli se retrouver sans endroit où rester cet été à Rimouski, faute de logements abordables.

Personne ne se retrouve à la rue cette année à Rimouski, affirme Alexandre Cadieux, intervenant communautaire au Comité logement Rimouski-Neigette. Toutefois, il rapporte qu'il a été difficile pour plusieurs familles de se dénicher un appartement qui répond à leurs besoins à Rimouski.

Quatre ménages ont dû bénéficier de l'aide d’urgence de l’Office de l’habitation de Rimouski-Neigette, qui leur a fourni des logements temporaires ou encore des allocations de supplément au loyer, en attendant qu'ils puissent trouver un logement permanent.

Je sais aussi que quatre autres ménages ne se sont pas retrouvés à la rue grâce au travail d’organismes qui luttent contre l’itinérance à Rimouski, indique Alexandre Cadieux.

Les autres membres des 12 ménages ayant éprouvé des difficultés à se trouver un logement ont été accompagnés dans leurs démarches par le Comité logement Rimouski-Neigette.

Un homme aux cheveux semi-longs qui porte un kangourou.

Alexandre Cadieux est intervenant communautaire au Comité logement Rimouski-Neigette.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Cinq locataires dans cette situation ont refusé de prendre la parole publiquement à ce sujet. Selon Alexandre Cadieux, ils craignent d'être stigmatisés ou de subir les représailles de leur propriétaire.

Caroline Bérubé a toutefois voulu témoigner. Je n’ai pas renouvelé mon appartement 5 et demi parce que j’avais des problèmes d’isolation. Je n’ai pas trouvé de logement pendant la pandémie et j’ai dû déménager dans un 4 et demi vraiment petit pour y rester pendant un mois, raconte la mère monoparentale.

Maintenant, je viens tout juste de déménager à nouveau dans une petite maison que je loue. [...] J’ai absorbé, seule, les coûts de trois déménagements, déplore-t-elle.

Caroline Bérubé porte un manteau Arcteryx et porte ses cheveux en queue de cheval.

Caroline Bérubé a assumé les frais, seule, de trois déménagements.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

À la recherche de 5 pièces et demi

Qui plus est, plusieurs intervenants font le même constat : les appartements de cinq pièces et demi à Rimouski pour héberger les familles sont rares.

Il est difficile pour les familles de trouver des logements qui soient grands, dans des conditions de salubrité correcte et qui correspondent aux prix qu’on voyait dans les deux dernières années, témoigne Alexandre Cadieux.

Les locataires se voient donc obligés de revoir leurs critères à la baisse.

La mère monoparentale Caroline Bérubé raconte que dans ce contexte, l’aide du Comité logement Rimouski-Neigette a été cruciale. Sans eux, j’aurais abandonné.[...] Je n’ai pas encore le confort total, mais je me suis dit que je ferais des compromis. J’ai dû vendre des meubles parce que c’est petit. Au moins, ça va au niveau du prix, mais pas au niveau de l’isolation.

On balance toujours entre les coûts de loyer et les coûts de chauffage.

Caroline Bérubé

Des loyers de plus en plus chers

Le loyer moyen d’un logement de cinq pièces et demi est de 873 $, selon les dernières données recueillies par le Regroupement des comités logement et les associations de locataires du Québec.

Or, Alexandre Cadieux affirme avoir vu ce type de logement à Rimouski affiché au prix de 1000 $ par mois.

Des propriétaires ont le gros bout du bâton étant donné qu’il y a peu d’offre et beaucoup de demande, prétend l'intervenant communautaire. Je connais un propriétaire qui a augmenté le loyer de 300 $. Aucune rénovation ne peut justifier cette augmentation, défend-il.

Mais des fois, des personnes qui viennent des grands centres sont prêtes à payer un prix élevé pour un grand appartement. Ça pénalise les familles avec des revenus plus modestes, mentionne M. Cadieux.

Logement social à Rimouski.

Logement social à Rimouski (archives)

Photo : Radio-Canada

Par ailleurs, comme Rimouski est une ville étudiante, les grands logements attirent les colocations étudiantes.

Dans un marché où le prix augmente rapidement, c’est un incitatif pour les étudiants de se rassembler parce que leur capacité de payer va être supérieure, ajoute M. Cadieux.

De son côté, le député de Rimouski, Harold Lebel, dénote un besoin réel en matière de logement à Rimouski, surtout dans les cinq et demi pour accueillir des familles.

Si on veut attirer et retenir les familles en région, et accueillir les immigrants, on a un sérieux problème, ajoute-t-il.

Il y a le manque de logement, mais aussi le fait qu’il y a des locataires qui mettent 30 % à 40 % de leur revenu dans le logement, donc il ne reste plus grand-chose pour vivre.

Harold Lebel, député et porte-parole en matière d’habitation

Le député compte sensibiliser à nouveau le gouvernement à ce sujet lors d’une prochaine session parlementaire.

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