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Margaret Atwood et J. K. Rowling dénoncent la « culture du bannissement »

J.K. Rowling porte des bijoux bleus et Margaret Atwood porte un foulard rouge.

L'écrivaine britannique J. K. Rowling et la romancière canadienne Margaret Atwood

Photo : John Phillips/Getty Images et Mike Coppola/Getty Images

Radio-Canada

Plus de 150 personnalités, dont les écrivaines Margaret Atwood et J. K. Rowling ainsi que l’intellectuel Noam Chomsky, ont publié mardi une lettre dénonçant la culture du bannissement et du boycottage – cancel culture en anglais –, qui nuirait à la liberté d’expression.

Cette lettre, également signée par les écrivains Salman Rushdie et Malcolm Gladwell de même que par la féministe Gloria Steinem, a été publiée, en anglais, dans Harper's Magazine (Nouvelle fenêtre) et, en français, dans Le Monde (Nouvelle fenêtre)

L’échange libre des informations et des idées, qui est le moteur même des sociétés libérales, devient chaque jour plus limité, déplore la lettre.

La censure, que l’on s’attendait plutôt à voir surgir du côté de la droite radicale, se répand largement aussi dans notre culture : intolérance à l’égard des opinions divergentes, goût pour l’humiliation publique et l’ostracisme, tendance à dissoudre des questions politiques complexes dans une certitude morale aveuglante.

Les signataires de la lettre

Pour appuyer son propos, la lettre met en avant le fait qu’on renvoie des rédacteurs en chef pour avoir publié des articles controversés [...]; [qu’]on empêche des journalistes d’écrire sur certains sujets; [qu’]on enquête sur des professeurs à cause des œuvres littéraires qu’ils citent en classe [...]; [et qu’]on limoge des dirigeants d’organisations pour des erreurs qui ne sont parfois que des maladresses.

Un conformisme idéologique

Saluant les puissantes manifestations en faveur de la justice raciale et sociale et les appels à davantage d’égalité et d’inclusion dans notre société, les signataires regrettent que cette nécessaire prise en compte [ait] aussi renforcé tout un ensemble de postures morales et d’engagements politiques qui risquent d’affaiblir les règles du débat public et l’acceptation des différences au profit d’un conformisme idéologique.

Nous refusons tout faux choix entre la justice et la liberté qui ne peuvent exister l’une sans l’autre, ont ajouté les signataires, soulignant le besoin de laisser à celles et ceux qui écrivent de la place à l’expérimentation, à la prise de risque et même aux erreurs. 

Parmi les personnes ayant signé cette lettre, mentionnons donc l’auteur Salman Rushdie, visé par une fatwa de mort en 1989 pour avoir écrit le roman Les versets sataniques, et l’écrivain syrien Khaled Khalifa, dont certaines œuvres ont été interdites en Syrie.

J. K. Rowling à l’origine d’une polémique

La publication de cette lettre survient après plusieurs vives critiques suscitées par des propos jugés transphobes tenus par J. K. Rowling, à qui l’on doit la saga littéraire Harry Potter. La plus récente de ces controverses date de la mi-juin. 

Depuis, plusieurs fanatiques de Harry Potter ont fait part – sur les réseaux sociaux et dans les médias – de leur volonté de tourner le dos à J. K. Rowling et à son œuvre, certaines personnes décidant notamment d’effacer leurs tatouages inspirés de l’univers de Harry Potter. 

Avec les informations de BBC News

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