•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une saison incertaine pour les producteurs ontariens de céréales malgré la forte demande

On voit au loin des élévateurs à grains.

La forte demande mondiale pour les céréales canadiennes se traduit par une année très occupée pour le port de Thunder Bay.

Photo : Radio-Canada / Caroline Bourdua

La demande pour les grains et céréales canadiennes augmente dans les pays d’Afrique du Nord, d’Amérique latine, du Moyen-Orient et d’Europe depuis quelques mois, mais les producteurs ontariens auront besoin de la collaboration de dame Nature dans les prochaines semaines pour pouvoir profiter pleinement.

Le Canada exporte depuis quelques mois des quantités records de céréales et de grain, affirme Cam Dahl, président de Cereals Canada.

Il dit que cela prouve la fiabilité de la chaîne d'approvisionnement, y compris le transport ferroviaire et maritime, même en temps de pandémie.

Portrait de Cam Dahl

Cam Dahl, président de Cereals Canada, affirme que même si certaines régions reçoivent trop de pluie ou pas assez, la qualité des récoltes est au rendez-vous au pays.

Photo :  CBC

Le 30 juin, le port de Thunder Bay avait traité 3,2 millions de tonnes de céréales depuis le début de la saison de la navigation sur les Grands Lacs, soit 35 % de plus que la moyenne des cinq dernières années, qui est de 2,4 millions de tonnes, indique Tim Heney, directeur général de l'Autorité portuaire.

Le port de Thunder Bay a d'ailleurs accueilli au début de mois de juin le plus long train de céréales de l’histoire du Canadien Pacifique. Le train comptait 224 wagons de blé en provenance de la Saskatchewan.

Une bâtisse au bord de l’eau.

Les silos du port de Thunder Bay ont la capacité de contenir une grande quantité de grain. Celui-ci y est stocké avant d'être chargé dans des navires.

Photo : Radio-Canada / Caroline Bourdua

Nous avons eu une année très forte jusqu’à présent, ajoute M. Heney, expliquant qu’à mesure que la COVID-19 se répandait dans le monde, de nombreux pays ont cessé d’exporter du blé.

Une partie de notre blé dur est destiné à l’Italie pour les pâtes.

Cette demande pour le blé canadien est confirmée par Réjean Pommainville, directeur de district pour la Fédération d’agriculture de l’Ontario.

Lui et M. Heney soutiennent qu'une partie de la demande s'explique par le grand nombre de gens restant à la maison et qui faisant leurs propres pains ou pâtisseries.

L'organisme Grain Farmers of Ontario (GFO) indique de son côté que la récolte de blé, qui commence ce mois-ci dans la province, semble prometteuse.

Cela serait particulièrement vrai dans le cas du comté d’Essex, avec de bons rendements et une bonne qualité.

De grandes parties du sud-ouest de l’Ontario, qui n’avaient pas de blé en 2019, sont devenues dorées, car les cultures mûrissent rapidement en cette chaleur de juillet.

Grains Farmers of Ontario

Les prix du blé vont fluctuer, indique GFO. Les conditions du marché du blé de l’Ontario pourraient changer si la qualité devenait un problème.

Réjean Pommainville note une pression des prix à la baisse depuis un an ou deux pour des raisons géopolitiques. Il rappelle notamment la crise du canola et le conflit diplomatique du Canada avec la Chine.

La sécheresse menace

Selon M. Pommainville, qui réside dans l'est de l'Ontario, les agriculteurs espèrent que dame Nature sera plus clémente.

On vit un peu une sécheresse. Le soja et le maïs sont touchés. On aurait besoin de pluie, dit-il.

Même son de cloche pour Grain Farmers of Ontario.

Le temps chaud et sec pourrait nuire aux cultures, dont celle du maïs. Il y a différents degrés de dégâts potentiels dans la province, peut-on lire dans un rapport de GFO publié plus tôt en juillet.

Une éolienne dans un champ de maïs.

Certaines cultures pourraient s'assécher.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Pham

Ce printemps, le sud-ouest de l’Ontario et le Nord de l'Ontario n’ont pas été aussi touchés par la sécheresse que l’est de la province.

Cependant, les vagues de chaleur qui traversent la province depuis plusieurs jours pourraient compliquer la situation, souligne Emily Potter, de la Northern Ontario Farm Innovation Alliance.

Elle précise que le printemps a été favorable, contrairement à 2019 où il y avait eu trop de pluie. Elle ajoute que la qualité des récoltes est excellente jusqu'à maintenant.

M. Pommainville rappelle que la COVID-19 complique aussi le travail des producteurs agricoles, notamment pour la distribution et la transformation.

On espère que tout va se rétablir prochainement, mais on continue de travailler avec les gouvernements pour assurer la production alimentaire au Canada.

Réjean Pommainville, directeur de district pour la Fédération d’agriculture de l’Ontario

Il conclut que la priorité est la santé des agriculteurs et de la population.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Nord de l'Ontario

Agriculture