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Une rencontre avec Zuckerberg déçoit des associations appelant au boycottage de Facebook

Près d'un millier d'entreprises et des gouvernements, dont celui du Québec, participent à une campagne de boycottage publicitaire contre Facebook.

Mark Zuckerberg, patron de Facebook, vêtu d'un veston, parle dans un microphone.

Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg

Photo : Reuters / Erin Scott

Agence France-Presse

Les associations à l'origine d'un boycottage publicitaire contre Facebook sont sorties « déçues » d'une réunion avec le patron Mark Zuckerberg et sa numéro deux, Sheryl Sandberg, et encore plus déterminées à galvaniser les centaines de marques demandant au réseau social de mieux lutter contre les contenus haineux et nocifs.

Je suis très déçue que Facebook continue de refuser de se montrer responsable vis-à-vis de ses utilisateurs et utilisatrices, de ses annonceurs et de la société en général, a assené Jessica Gonzalez, coprésidente de l'association Free Press, après l'entretien en visioconférence.

J'espérais voir de l'humilité et une réflexion profonde sur l'influence disproportionnée de Facebook sur l'opinion publique, les croyances et les comportements, ainsi que sur les nombreux torts qu'il a causés dans la vraie vie. Au lieu de quoi nous avons eu droit à plus de dialogue et à l'absence d'action, a-t-elle poursuivi dans un communiqué.

La rencontre s'est révélée une déception, a déclaré par téléphone aux journalistes Rashad Robinson, président de Color of Change : Nous n'avons pas obtenu de réponses aux questions posées.

Les organisateurs et organisatrices ont promis que le boycottage, déjà suivi par près d'un millier d'entreprises – dont Adidas, Levi's, Coca-Cola et Starbucks –, allait continuer tant que Facebook ne prendrait aucun engagement à agir contre les contenus faisant la promotion du racisme, de la discrimination et de la haine.

Des demandes restées lettre morte

Le mouvement #StopHateForProfit (stop à la haine pour le profit) a été lancé il y a quelques semaines par des organisations de défense des droits civiques sur fond de manifestations contre le racisme et les violences policières dans le pays.

Ces organisations réclament un poste dans la haute direction réservé au respect des droits civiques à Facebook; aux audits; aux dédommagements aux annonceurs dont les publicités ont côtoyé des contenus qui ont ensuite été retirés; à la création d'équipes de spécialistes du cyberharcèlement; ou encore au retrait de tous les groupes publics ou privés faisant la promotion de la suprématie blanche, de l'antisémitisme et du négationnisme, véhiculant des théories du complot violentes et de la désinformation sur les vaccins ou encore mettant de l'avant le climato-scepticisme.

Facebook a fait valoir toutes les mesures prises depuis plus de deux ans pour modérer des contenus problématiques et lutter contre la désinformation.

Les associations veulent que Facebook soit débarrassé des contenus haineux, et nous aussi, a déclaré un porte-parole du géant californien après la réunion.

Nous avons investi des milliards en personnel et en technologie pour y arriver. Nous avons créé de nouveaux règlements pour interdire les interférences avec les scrutins ou le recensement et nous avons lancé la plus importante campagne d'information sur les élections de l'histoire américaine.

Une photo de Sheryl Sandberg portant un tailleur noir en train de parler devant un micro.

La numéro deux de Facebook, Sheryl Sandberg

Photo : Reuters / Joshua Roberts

Les associations espéraient un retour sur leurs recommandations, présentées à Facebook il y a trois semaines.

Mais nous n'avons rien eu du tout, a déploré Jonathan Greenblatt, patron de l'Anti-Defamation League – qui lutte contre l’antisémitisme –, lors d'une conférence de presse. Ils ont parlé de "nuances" [...], ils nous ont dit qu'ils étaient "sur la bonne voie, qu'ils s'amélioraient, qu'ils y étaient presque".

Or, Starbucks ne dirait pas : "Nous sommes sur la bonne voie, 89 % de nos cafés ne contiennent pas de toxines!"

Facebook réagit souvent trop tard, selon les organisations

Les organisations veulent remettre en cause le modèle économique de Facebook, fondé sur le ciblage publicitaire à très grande échelle. Elles reprochent au réseau de n'agir que sous pression externe, et souvent trop tard.

Les violences contre les Rohingyas au Myanmar, et plus récemment la mouvance d'extrême droite américaine Boogalo, qui a tenté de perturber les manifestations antiracistes, ont été évoquées.

À la fin du mois de juin, le réseau social au 1,73 milliard d'utilisatrices et utilisateurs quotidiens a banni les groupes Boogaloo.

Avant la rencontre, Sheryl Sandberg s'était dite, sur sa page Facebook, consciente de l'importance des enjeux dans le contexte de ce qui est peut-être le plus important mouvement social dans l'histoire des États-Unis, et la meilleure – et peut-être la dernière – chance pour notre pays d'agir contre le racisme qui imprègne notre pays.

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