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Une Québécoise harcelée pendant son séjour au Nouveau-Brunswick

Sarah Sweet-Fortin, souriante, est assise dans un patio dans une cour avec un chien sur les genoux.

Après s'être sentie menacée lors de son séjour au Nouveau-Brunswick, Sarah Sweet-Fortin recommande aux Québécois de rester chez eux.

Photo : Gracieuseté de Sarah Sweet-Fortin

Radio-Canada

Une résidente du Québec en visite au Nouveau-Brunswick affirme avoir été menacée lors de son séjour et conseille maintenant aux autres habitants de sa province de rester chez eux.

Lors de son deuxième jour à Beresford, Sarah Sweet-Fortin déclare avoir été harcelée par un voisin de sa mère. Selon Mme Sweet-Fortin, l’homme lui a agressivement crié de retourner d’où elle venait.

La résidente de Sherbrooke affirme que l’incident s’est produit alors qu’elle promenait son chien sur la plage, le soir du 27 juin. Sa mère et son fils étaient avec elle.

Un homme qu’elle ne connaissait pas, un voisin de chalet de sa mère, a commencé à lui crier de retourner au Québec depuis sa cour. Il se trouvait à environ 15 mètres de la Québécoise. Le voisin aurait aussi renchéri en criant à Mme Sweet-Fortin qu’elle n’était pas la bienvenue et en l’avertissant de ne pas s’approcher de sa propriété.

La plage de Beresford.

L'incident est arrivé alors que Mme Sweet-Fortin promenait son chien sur la plage, accompagnée de sa mère et de son fils.

Photo : Gracieuseté de Sarah Sweet-Fortin

La femme de 36 ans dit s'être sentie mal à l'aise sur le chemin du retour.

Il était très menaçant dans sa façon de parler et mon fils et moi avions peur, déclare-t-elle en parlant du voisin en question.

J'avais peur de lui, je n'aimais pas du tout la situation. Je ne me sentais pas la bienvenue et je ne me sentais pas à ma place là-bas.

Sarah Sweet-Fortin

Une demi-heure après sa promenade sur la plage, la police est arrivée chez sa mère et lui a expliqué avoir reçu une plainte concernant sa balade sur la plage.

Selon Mme Sweet-Fortin, l'agent semblait gêné par la situation. Il disait que tout ça était nouveau pour tout le monde. Le policier aurait ensuite affirmé qu’il allait appeler la Santé publique pour en savoir plus quant aux directives applicables dans cette situation.

Manque de clarté dans les règles d’isolement

Le 19 juin, le Nouveau-Brunswick a assoupli ses règles, permettant ainsi aux Canadiens qui ont de la famille immédiate ou qui possèdent une propriété dans la province d'y entrer, à condition de s’isoler pendant 14 jours à leur arrivée.

Mme Sweet-Fortin affirme que lors de son passage à la frontière de la province, un des agents lui a confirmé qu'elle serait autorisée à promener son chien pendant sa période de confinement, pourvu qu’elle n’entre pas en contact avec d'autres personnes ce faisant.

L'agent qui s'est arrêté à son chalet a appelé la Santé publique pour l'avertir que des informations erronées étaient communiquées à la frontière. La résidente du Québec pouvait sortir du chalet de sa mère, certes, mais seulement à condition de demeurer sur la propriété.

Mme Sweet-Fortin travaille dans le secteur de la santé à Sherbrooke et dit comprendre les mesures de sécurité que le gouvernement a mises en place. Mais elle pense que de l'empêcher de promener son chien sur une plage déserte va trop loin.

Pour moi, c'était plus qu'absurde de ne pas pouvoir marcher, affirme-t-elle. Il n'y avait personne sur la plage quand je suis allée me promener.

« Les règles existent »

Le maire de Beresford, Jean-Guy Grant, affirme que c'est la première fois qu'il entendait parler de la situation lorsqu'il a été contacté par CBC.

Cette petite communauté d'environ 4200 habitants est située près de Bathurst, sur la côte nord de la province, de l'autre côté de la baie des Chaleurs, en face du Québec.

Le maire Grant affirme que les Québécois sont les bienvenus, mais rappelle qu’ils doivent s’isoler pour une période de 14 jours à leur venue. C’est la même chose pour tout le monde, souligne-t-il.

M. Grant indique qu'il y a de nombreux chalets à Beresford, dont certains appartiennent à des Québécois.

Le maire de Beresford Jean-Guy Grant se fait interviewer à l'extérieur par Radio-Canada.

Selon le maire Jean-Guy Grant, les Québécois sont les bienvenus à Beresford, pourvu qu'ils suivent les directives d'isolement.

Photo : Radio-Canada

Le maire affirme avoir entendu peu d'inquiétudes de la part de ses citoyens au sujet de visiteurs. Une résidente inquiète l’aurait toutefois appelé lundi soir. Elle aurait repéré des voitures immatriculées au Québec stationnées devant des chalets de son quartier, et soupçonnait que les occupants ne s’isolaient pas.

Le maire Grant reconnaît qu’il est possible que les visiteurs qui entrent au Nouveau-Brunswick se fassent donner des règles différentes quant aux exigences d'isolement.

Les règles existent et les gens doivent les suivre, et si quelqu'un les voit, il peut appeler les policiers et ceux-ci s'en occuperont, a-t-il cependant ajouté.

Un porte-parole du ministère de la Sécurité publique n'a pas répondu aux questions de CBC demandant ce que faisaient les autorités provinciales pour s'assurer que les règles communiquées aux voyageurs soient cohérentes.

Conseiller aux Québécois de rester chez eux

Sarah Sweet-Fortin visite le Nouveau-Brunswick chaque année depuis qu’elle est enfant et sa mère y est propriétaire d’un chalet depuis plus de 20 ans.

C’est comme ma deuxième maison. Mais cette année, je n’ai pas ressenti ça, admet-elle, déçue.

Après cet incident, elle a caché son véhicule dans le garage du chalet de sa mère, de peur que les gens repèrent ses plaques d'immatriculation québécoises et tentent de le vandaliser.

Mme Sweet-Fortin suivait attentivement les développements avant sa visite, pour savoir quand elle pourrait enfin rendre visite à sa mère.

Je savais qu'il y avait la peur du virus, mais je ne m'attendais pas du tout à vivre ce genre de situation, consent-elle.

Sarah Sweet-Fortin et son fils sourient à la caméra devant un étang d'eau.

Sarah Sweet-Fortin et son fils

Photo : Gracieuseté de Sarah Sweet-Fortin

Elle avait prévu de rester deux semaines, ce qui l'obligeait à s’isoler pendant tout son séjour, mais elle est partie le 5 juillet, après seulement neuf jours.

Même si le Nouveau-Brunswick ouvrait davantage ses frontières, permettant des déplacements sans restriction, Mme Sweet-Fortin pense que la peur et les tensions persisteraient.

Après ce que j'ai vécu cet été, c’est certain que je ne recommanderais à aucun ami [de voyager au Nouveau-Brunswick] pour le moment, lance-t-elle.

Avec les informations d’Alexandre Silberman, CBC

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