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Le « portrait de l'économie » du gouvernement Trudeau attendu de pied ferme

Les partis d'opposition à Ottawa s'attendent à ce que le ministre des Finances fournisse un plan pour remodeler les mesures d'aide d'urgence qui viennent à échéance à l'automne.

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau.

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Les libéraux fédéraux doivent expliquer mercredi quel effet, selon eux, la pandémie de COVID-19 aura sur les finances publiques pour l'exercice financier.

Le ministre des Finances, Bill Morneau, doit présenter ce que le gouvernement a appelé un portrait de l'économie et des finances publiques.

Les libéraux ont régulièrement offert des mises à jour aux députés sur les dépenses totales d'aide d'urgence, qui, au dernier décompte, s'élevaient à plus de 174 milliards de dollars, mais ils n'ont pas encore chiffré le déficit de l'exercice financier 2020-2021.

Le bureau du directeur parlementaire du budget a laissé entendre que le déficit pourrait atteindre 252 milliards de dollars. D'autres estimations du secteur privé évoquent la possibilité d'un déficit de 300 milliards de dollars.

Le document de M. Morneau doit également fournir la vision du gouvernement pour l'économie des prochains mois.

Le ministre des Finances a déclaré que le document ne comportera pas de prévisions quinquennales qui font traditionnellement partie des budgets fédéraux, en raison de la voie incertaine que prendra la pandémie.

La Banque du Canada a déclaré qu'elle croyait que l'économie avait évité le pire des scénarios qu'aurait pu produire la COVID-19, mais qu'elle est toujours en difficulté cette année.

Le mois dernier, la banque centrale a mis à jour ses prévisions de PIB, prévoyant une baisse entre 10 % et 20 % au deuxième trimestre par rapport au quatrième trimestre de 2019. Il s'agit d'une amélioration comparativement à la baisse de 15 % à 30 % affichée dans le pire scénario de la banque en avril.

La semaine prochaine, la Banque du Canada doit de nouveau mettre à jour ses prévisions lorsqu'elle publiera un rapport sur la politique monétaire ainsi qu'une annonce de taux.

Une intervention nécessaire, dit Trudeau

Avant la présentation du portrait économique, le premier ministre Justin Trudeau a défendu sa gestion des finances publiques, lors d’une conférence de presse. Il a beaucoup insisté sur le fait que devant la crise sanitaire, qui a entraîné une crise économique, le gouvernement avait deux choix : intervenir ou ne rien faire.

Notre gouvernement a dépensé pour minimiser l’endettement des Canadiens. On a pu faire ça parce que le Canada est entré dans cette crise sur une base solide, avec un ratio de dette par rapport au PIB considérablement plus bas que les autres pays du G7, a-t-il déclaré.

Justin Trudeau ne semble pas trop préoccupé par le poids de la dette fédérale. Avec des taux d’intérêt historiquement bas, le coût de cette dette fédérale demeure bas, permettant ainsi à notre gouvernement de continuer à investir dans les Canadiens et dans l’économie, a-t-il soutenu.

Notre capacité de payer pour cette dette va être extrêmement gérable dans les années à venir.

Justin Trudeau, premier ministre

Il considère que les prêts aux entreprises, les subventions salariales d’urgence et autres prestations canadiennes d’urgence viennent en aide aux Canadiens et jettent les bases qui vont permettre à notre économie de rebondir. Aujourd'hui, le Canada a l’un des plans les plus ambitieux et exhaustifs pour aider les gens et l’économie pendant la pandémie, a-t-il affirmé.

Le leader libéral juge que traverser pareille crise n’est pas le temps pour l’adoption de mesures d’austérité qui, selon lui, mettraient en péril la reprise économique.

Augmenter les taxes et les impôts ou couper dans les services serait la pire chose à faire maintenant. On ne va pas ajouter des dépenses et freiner la relance économique. On ne va pas limiter l’aide qu’on doit offrir aux Canadiens. On doit créer des emplois. On doit créer de la croissance économique. Et c’est exactement ce qu’on va faire, a-t-il promis.

Les attentes des partis d'opposition

Le chef du NPD Jagmeet Singh demande au gouvernement Trudeau de résister à la tentation de couper dans les programmes d’aide à la population.

Inquiet pour les citoyens incapables de payer leurs factures en raison du choc économique, il exhorte le premier ministre à taxer davantage les plus riches, à récupérer de l’argent placé illégalement dans les paradis fiscaux, à imposer les géants comme Amazon et Netflix qui ont vu leurs profits grimper au cours des derniers mois et à réduire l’aide aux grandes corporations.

Reconnaissant que le gouvernement fédéral a des choix difficiles à faire , il réitère qu’il est essentiel d’aider les gens en temps de crise. À commencer par un meilleur accès aux garderies pour les travailleurs qui vont retourner au travail avec la reprise économique. Le chef du NPD a souligné que les femmes avaient été plus touchées que les hommes par les effets de la pandémie et qu’elles ont besoin d’aide pour faire garder leurs enfants.

De plus, il a invité Justin Trudeau à venir en aide aux handicapés qui, selon lui, ont été oubliés par les programmes mis en place.

De son côté, le chef conservateur Andrew Scheer presse le gouvernement Trudeau de présenter un plan transparent pour guider la reprise économique au pays, à mettre en place un système de prime au retour au travail et à financer adéquatement le bureau du vérificateur général afin de permettre aux contribuables de savoir où va l’argent.

Andrew Scheer en complet-cravate.

Le chef conservateur Andrew Scheer.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

M. Scheer a dénoncé l’absence de marge de manœuvre financière du gouvernement pour faire face à la pandémie. Il a accusé M. Trudeau d’avoir endetté le pays de 87 milliards de dollars au cours de son premier mandat, alors que le Canada connaissait une période de croissance et de prospérité économiques.

Il a rappelé qu’un des grands principes en économie veut que les États épargnent de l’argent en temps de croissance pour faire face aux problèmes quand vient un ralentissement ou une récession, ce que M. Trudeau n’a pas fait, a-t-il souligné. Il a ajouté que le gouvernement doit maintenant emprunter de l’argent pour financer ses programmes.

M. Scheer appelle le premier ministre à réparer les failles dans ses programmes d’aide, afin d’éviter que des individus profitent du système, et à accorder une aide à l’industrie pétrolière et gazière comme il l’avait promis. Il lui demande aussi de cesser le gaspillage de fonds publics comme ceux investis dans la Banque de l'infrastructure du Canada, qui a englouti 35 milliards de dollars sans avoir réalisé un seul projet.

Finalement, il a critiqué le bilan de M. Trudeau en indiquant que le Canada est le seul pays du G7 à avoir perdu sa cote de crédit et qu’il possède le plus haut taux chômage du groupe.

S'il n'y a aucun plan aujourd'hui, s'il n'y a aucune mesure pour améliorer les trous dans les programmes, comme la PCU, ce sera une opportunité manquée très, très grave.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur

Nous sommes le seul pays du G7 sans un plan pour appuyer l'économie en sortant de la pandémie [...] C'est inexcusable: il n'y a aucun budget cette année, nous sommes au mois de juillet, et on a besoin d'un plan pour soutenir la réouverture de l'économie, a-t-il ajouté.

Miser sur le secteur privé

Le député conservateur Pierre Poilievre, qui a répété que le gouvernement avait perdu le contrôle des finances du pays avant même le début de la pandémie, n'a pas voulu dire si les libéraux de Justin Trudeau devraient ralentir le flot de dépenses et réduire le déficit ou injecter encore plus d'argent pour repartir l'économie.

Si nous voulons favoriser la croissance, nous devons libérer le potentiel de l'entreprise privée, a-t-il dit, montrant du doigt les nombreux projets de ressources naturelles dans l'Ouest qui attendent une approbation fédérale pour démarrer.

Selon le porte-parole du NPD en matière de finances, Peter Julian, le gouvernement fédéral doit plutôt se tourner vers les revenus pour s'assurer de continuer à offrir de l'aide pendant la crise. Le NPD croit qu'en mettant fin aux paradis fiscaux et en imposant les « ultrariches », le Canada pourrait aller chercher de 35 à 40 milliards de dollars par année et contrôler l'ampleur du déficit.

Au lieu de couper des services, ce qui est préconisé par certains, on prévoit d'aller chercher ces ressources-là pour qu'on puisse mettre en place un cadre financier stable et faire en sorte qu'on puisse avoir des services et améliorer les services dans les années à venir. C'est cette vision-là qu'on espère voir, a-t-il dit.

Le Bloc québécois, de son côté, a dit que le gouvernement fédéral doit prendre tous les moyens pour préserver la vitalité des régions du Québec, déjà durement touchées par les conséquences économiques de la pandémie.

Le gouvernement doit s'assurer de prendre tous les moyens pour préserver leur vitalité, notamment en modulant la PCU pour y greffer des incitatifs à l'emploi, en concrétisant les assouplissements aux critères de la subvention salariale aux entreprises saisonnières et en donnant les outils appropriés aux régions pour assurer la survie de l'économie, a énuméré Gabriel Ste-Marie, porte-parole du Bloc québécois en matière de finances.

M. Ste-Marie demande également à ce que le gouvernement fédéral transfère les 14 milliards de dollars promis aux provinces et territoires sans condition, une chose que le premier ministre Justin Trudeau s'est refusé à faire jusqu'à maintenant.

Avec les informations de La Presse canadienne

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