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Une association de parents de la DSFM demande une enquête indépendante sur le racisme

Ben Maréga debout à l'extérieur.

Ben Maréga est le fondateur de Parents contre le racisme.

Photo : Radio-Canada / Amélie David

Radio-Canada

Dans la foulée d’allégations de racisme au Collège Louis-Riel à Winnipeg, l’association Parents contre le racisme réclame la tenue d’une enquête indépendante afin de faire la lumière sur les incidents présumés et d'empêcher que de tels incidents se reproduisent.

Certains anciens élèves du Collège Louis-Riel (CLR), une école secondaire française de Winnipeg, ont raconté à Radio-Canada qu'ils auraient été victimes de racisme de la part de camarades de classe, mais aussi d’enseignants au sein de l’établissement.

Des dizaines d’incidents qui auraient eu lieu entre 2002 et 2019 ont été relatés par une vingtaine de personnes.

La direction de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) affirme qu’elle n’était pas au courant de ces allégations et que le racisme n’a aucune place dans ses établissements. Elle souhaite maintenant ouvrir le dialogue à ce sujet.

Ben Maréga a fondé l’association Parents contre le racisme, qui regroupe des parents d’élèves de la DSFM, à la suite de la mobilisation en réponse à la mort de George Floyd aux États-Unis. L’association vient tout juste d’être enregistrée auprès de la province.

Le 17 juin, M. Maréga a fait une présentation à la Commission scolaire franco-manitobaine pour déposer une pétition visant à instaurer la journée annuelle Ensemble contre le racisme dans les écoles de la DSFM, signée par 1400 personnes, dont la plupart sont des parents d’élèves de la DSFM. Il a aussi demandé que l’antiracisme devienne une partie explicite du nouveau plan stratégique quinquennal de la DSFM en cours d’élaboration.

Je n’ai pas été surpris de lire ces allégations, car en préparant la pétition, nous avions déjà discuté avec un certain nombre de leaders, affirme Ben Maréga, qui ajoute : Les allégations sont très inquiétantes et sont très graves.

Il demande donc, au nom de Parents contre le racisme, une commission d’enquête indépendante à la DSFM.

Dans un courriel envoyé mardi à la Division scolaire il affirme : Nous avons discuté avec les présumées victimes et avons écouté leur plainte. [...] Nous sommes conscients que vous prenez ces allégations très au sérieux et que vous ne ménagerez aucun effort pour clarifier la situation et la corriger si les accusations s’avéraient vérifiées.

C’est dans ce sens que nous demandons une commission d’enquête indépendante pour élucider la situation au CLR et faire rapport à la communauté avec des recommandations de résolution et de prévention d’autres cas potentiels, poursuit-il.

Il propose que la commission soit composée de parents d’élèves, de pédagogues indépendants, de professionnels indépendants de la sociologie et de membres d’organisations de défense des droits de la personne, et qu’elle respecte la diversité.

Il faut ratisser large : il faut aller dans ces écoles et travailler avec tout le monde. On espère qu’il va en sortir des recommandations qui vont être suivies, qui vont être implantées. C’est la première étape, a-t-il indiqué à Radio-Canada.

Je vois le racisme comme un virus qui infecte les gens. Des fois, les gens ne savent même pas qu’ils sont infectés.

Ben Maréga, fondateur, Parents contre le racisme

M. Maréga souligne l’importance d’effectuer des changements institutionnels pour contrer de manière permanente les incidents racistes.

Pas d’enquête indépendante, dit la DSFM

Le directeur général de la DSFM Alain Laberge n'accepte pas la demande d'une enquête indépendante. Selon lui, des processus précis sont déjà prévus pour examiner les plaintes, les insultes ou les menaces.

Le directeur général invite les gens qui se sentent victimes de racisme à faire confiance à la DSFM et à approcher l’administration.

On veut faire la part des choses et on veut que les gens respectent le bon protocole pour qu'en fin de compte, on respecte l'élève, on respecte le parent, mais on respecte aussi nos employés et jusqu'à preuve du contraire, ces étapes-là ont toujours été bien suivies dans d'autres cas, et cela a toujours mené à des actions , affirme-t-il.

Lorsque l’on arrive à une enquête indépendante, normalement, c’est quand un organisme n'a pas pu faire respecter ses propres règlements, et on veut aller à l'extérieur pour demander à des gens indépendants de démêler le tout, explique Alain Laberge. Dans ce cas-ci la division scolaire n'a pas reçu de plainte, n'a pas reçu d’appels d’élèves.

Il indique que des actions sont déjà engagées depuis de nombreuses années pour lutter contre le racisme. Il entend continuer le travail avec les parents et les différents organismes en ce sens.

Un combat de longue haleine

Selon plusieurs professionnels de l'éducation au Manitoba, ces allégations montrent que la lutte contre le racisme est un combat de longue haleine.

Lillian Klausen est la présidente des Éducatrices et éducateurs francophones du Manitoba et croit qu'il faut écouter les parents.Il faut que nos éducateurs écoutent et il faut qu'on fasse mieux pour eux dans les écoles à travers des programmes, de l'éducation ou des ressources pour eux pour les élèves et pour nos enseignants , dit-elle.

Si on ne sait pas que les histoires existent, comment pouvoir faire différemment , ajoute Lillian Klausen.

Pour la directrice générale de la Fédération des parents de la francophonie manitobaine (FPFM), anciennement la Fédération des parents du Manitoba, Brigitte L’Heureux, il faut donner l'occasion aux jeunes de s'exprimer.

Il faut en discuter, il faut écouter. Et puis, il faut croire les jeunes, il faut surtout leur donner la chance d'être à l'aise ou encouragés d'en discuter, de ne pas avoir peur de venir parler au conseiller, au directeur ou à leurs parents de ce genre de scénario-là , dit-elle.

Il s'agit de créer cette culture de confiance à l'intérieur de nos écoles, ajoute Mme L’Heureux.

Le professeur de gestion interculturelle à l'Université de Saint-Boniface, Jacob Atangana-Abé, avance une autre piste de solution. Pour lui, il ne faut pas seulement accepter la diversité, il faut lui faire de la place.

C'est l'acceptation de la diversité dans les instances de décision. […] Si on parle d'une école, est-ce que j'ai des professeurs qui sont membres de la diversité? Est-ce que dans mon conseil scolaire j'ai des membres de la diversité? Est-ce les instances de décision reflètent la démographie estudiantine? , fait valoir le professeur.

Avec les informations d'Amélie David

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