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Tramway : des arbres à abattre qui dérangent à Québec

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Des autobus circulent sur le boulevard René-Lévesque en été.

Des centaines d'arbres matures bordent le boulevard René-Lévesque.

Photo : Radio-Canada

L’intention de la Ville de Québec d’abattre 20 % des arbres situés le long du tracé du tramway sur le boulevard René-Lévesque dans Montcalm et Saint-Sacrement dérange des résidents et des experts.

Ce qu'il faut savoir, c'est que quand on a un grand arbre mature, remplacer son effet, ça prend 20 à 25 jeunes arbres de deux à trois mètres, estime le Dr Pierre Gosselin, professeur au département de médecine sociale et préventive de l'Université Laval. Ça va prendre 20 ans avant qu'il devienne aussi efficace que l'arbre que l'on a coupé.

Mardi, le directeur du projet de réseau structurant de transport en commun, Daniel Genest, a discuté de l'intention de la Ville de couper 20 % des arbres sur le boulevard René-Lévesque lors d’une séance du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) portant sur le tramway.

M. Genest a indiqué que la Ville de Québec s’était engagée à planter deux arbres pour chaque arbre qui aura été abattu, sans préciser le nombre d'arbres qui seront abattus au total le long du boulevard. Il y a grand souci, dans l'insertion technique du tramway, et plus spécifiquement sur le boulevard René-Lévesque, de ne pas couper les arbres, a-t-il assuré.

Ce n’est pas vrai qu’en plantant des arbres, on remplace la canopée existante, répond le Dr Gosselin. On coupe dans les zones où est-ce que c’est le pire, déjà, répond le chercheur. Les secteurs visés, selon M. Gosselin, ont déjà un déficit de canopée.

Le secteur du boulevard René-Lévesque devient automatiquement moins attrayant pour les piétons, par exemple, selon lui. La chaleur en été pourrait aussi augmenter.

Si on doit aménager un tramway dans le sens de la modernité, la modernité ce n'est plus de couper les arbres, c'est de les garder, déplore de son côté le conseiller municipal du district du Cap-aux-Diamants, Jean Rousseau.

On est plus dans les années 60 où l’on rasait les arbres centenaires simplement pour faire de l'immobilier, ajoute-t-il.

Plus d'arbres

Le responsable de la Vision de l’arbre à la Ville de Québec, François Trudel, a ajouté que la Ville souhaitait faire passer de 32 % à 35 % la canopée à l’intérieur du périmètre urbain.

Esquisse du futur tramway de Québec.

Des arbres devront être abattus le long du boulevard René-Lévesque afin de permettre le passage du tramway.

Photo : Ville de Québec

Il a rappelé que la canopée est la superficie que les arbres prennent par rapport à leur projection au sol.

Rectificatif
Le titre du texte a été modifié afin d'éviter la confusion concernant le pourcentage d'arbres qui seront abattus dans les deux quartiers.

Contradiction?

C’est Dorys Chabot, qui habite boulevard René-Lévesque, qui a interpellé les responsables du projet sur l’abattage d’arbres.

Elle dit avoir été incapable d’obtenir des précisions sur les 610 arbres que la Ville prévoit couper pour construire l'ensemble de la ligne de tramway sur le territoire de la ville. Ce chiffre date d'une analyse réalisée en 2014.

Mme Chabot s’interroge sur les bienfaits du projet de tramway à la lumière des projections d’abattage d’arbres, d’autant que la phase de construction va entraîner d’importantes émissions de gaz à effet de serre.

Comment peut-on être pour l'environnement, pour le tramway et pour la coupe de 610 arbres au total? a demandé la résidente du quartier Saint-Sacrement.

Un arbre du boulevard René-Levesque.

Un arbre du boulevard René-Levesque.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Vachon

Daniel Genest a précisé que son équipe et lui seraient en mesure de donner davantage de précisions sur l’abattage d’arbres lors de la séance du BAPE de vendredi.

Tous les détails entourant la gestion de la canopée, secteur par secteur, y seront abordés, a-t-il ajouté.

De son côté, l’intervenante du ministère de la Santé et des Services sociaux, Gwendaline Kervran, a annoncé qu’une présentation portant sur les répercussions de la coupe d’arbres était prévue vendredi.

Sans entrer dans les détails, elle a mentionné qu’à court terme, durant la phase de construction, l’abattage des arbres pouvait générer des conséquences sur la santé et le bien-être de la population, notamment en exacerbant les îlots de chaleur urbains.

La séance du BAPE de mercredi commence à 13 h, sous les thèmes de l'intégration au réseau de transport et du développement urbain.

Avec la collaboration de Félix Morrissette-Beaulieu et Alexane Drolet.

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