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Plomb dans l'eau : la COVID-19 retarde les travaux dans les écoles du Québec

Les centres de services scolaires auront quatre mois de plus pour procéder à l’échantillonnage et faire les correctifs nécessaires.

Une fontaine d'eau en premier plan et des élèves qui marchent au loin dans un corridor.

Québec souhaite se conformer aux nouvelles normes de Santé Canada en matière de concentration de plomb dans l’eau.

Photo : Radio-Canada / Richard Marion

Au Centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSSMB), à Montréal, les prélèvements pour connaître la concentration du plomb dans l’eau potable des fontaines des écoles ont débuté il y a quelques semaines.

Environ 2500 points d’eau sont à vérifier dans une centaine d’écoles et centres de formation, indique le contrat accordé à une firme spécialisée à la fin du mois de mai.

La pandémie a effectivement eu un impact sur l’échantillonnage, reconnaît la porte-parole de la CSSMB Chrystine Loriaux. Les prélèvements sont en cours sur l’ensemble de notre territoire.

En vertu des directives données par le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, les centres de services scolaires auraient dû en principe avoir terminé en juin l’échantillonnage dans les écoles primaires, puis en novembre dans les écoles secondaires. En plus d’avoir amorcé les correctifs à apporter.

Or, comme le précise par écrit un porte-parole du ministère de l’Éducation, considérant le contexte actuel et la fermeture des écoles dans les derniers mois, un report d’échéance a été accordé aux centres de service scolaire au 1er novembre pour les établissements d’enseignement primaire et au 1er mars 2021 pour les autres établissements. Un délai supplémentaire de quatre mois.

M. Roberge en point de presse

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge (archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Nous sommes confiants de pouvoir dresser un portrait global dans le respect des échéanciers établis par le ministère, affirme Mme Loriaux.

À l’autre bout de l’île de Montréal, Antoine El-Khoury, directeur général du Centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSSPI), explique prendre les bouchées doubles cet été. Les tests ont repris en mai dernier et seront achevés cet été. Nous avons procédé simultanément aux tests dans tous nos établissements primaires, secondaires, formation des adultes et centre administratif, devançant ainsi l’échéancier du gouvernement.

Nous profiterons également de l’été pour amorcer les réparations qui pourraient s’avérer nécessaires pour assurer la conformité de tous les points d’eau, ajoute M. El-Khoury.

Au Centre de services scolaire de Montréal (CCSDM), on précise par écrit se concentrer présentement sur la caractérisation, après quoi la planification des travaux pourra débuter. À Laval, nous serons en mesure de finaliser les analyses et de mettre en place les mesures correctives requises, écrit-on.

« Une sage décision », selon l'INSPQ

Denis Gauvin, conseiller scientifique à l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), approuve le délai accordé par le ministère. Dans le cadre de la COVID, je considère [que] d’avoir reporté les échantillonnages [est] une sage décision, affirme-t-il.

Oui, il est important d’aller mesurer, mais c’est important de bien faire les travaux. [Il ne] faudrait pas empirer des situations en allant trop vite ou en voulant tout modifier la robinetterie ou la tuyauterie à l’intérieur des établissements, alors que ça pourrait ne pas être justifié, affirme M. Gauvin.

Des études ont démontré que de faibles niveaux d’exposition au plomb étaient associés à certains effets neurodéveloppementaux chez l’enfant (effets sur le quotient intellectuel, les capacités d’apprentissage et le comportement). Québec confirmait en octobre 2019 vouloir se conformer aux normes plus sévères de Santé Canada en matière de concentration de plomb (5 microgrammes par litre) dans l’eau des écoles.

Des bouteilles d’eau en septembre

Entre-temps, syndicats et directions d’écoles reconnaissent le défi logistique qui les attend à la rentrée en septembre.

Comme l'illustre Hélène Bourdages, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissements scolaires, il y a certaines fontaines d’eau qui sont déjà jugées trop vétustes qui vont devenir des lavabos pour se laver les mains, certaines fontaines sur lesquelles on a mis des filtres à eau.

Et puis il y a des écoles où étant donné qu’on veut éviter des déplacements en raison de la pandémie [et] les files d’attente devant les fontaines, on va demander aux enfants d’apporter leur propre bouteille d’eau, ajoute-t-elle.

De son côté, le président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Sylvain Mallette, anticipe une rentrée parsemée de contraintes.

Dans notre quotidien, la gestion de l’eau ajoute une contrainte supplémentaire avec la gestion de la COVID, d’autant plus que le ministre parle d'une rentrée pour tous les élèves, dans tous les établissements.

M. Mallette rappelle que la qualité de l’eau concerne en premier lieu les enfants, mais également les membres du personnel.

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